Batman le DA - Le héros oublié (Chap.4)

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BATMAN, le Dessin Animé

Chapitre 4 : Eclosion


La Batmobile avait déjà parcouru près d'un kilomètre lorsqu'une lumière s'alluma sur le tableau de bord, indiquant que quelqu'un venait de s'installer dans le fauteuil de la Batcave, devant l'ordinateur. Batman esquissa un sourire. Bien entendu, malgré son invitation à se reposer, Alfred avait préféré rester prêt à l'aider, en cas de besoin.


Quelques minutes étaient passées, et Batman réalisa que cette aide était déjà nécessaire. Il appuya le bouton de l'intercom, sans prendre la peine de mettre en route la caméra.


"Alfred, pouvez-vous m'envoyer le dossier Willis Todd ?

- Tout de suite, monsieur."


Quelques secondes plus tard, l'intégralité du dossier du criminel soi-disant repenti été prêt à être consulté dans l'ordinateur de la Batmobile. Tout en conduisant, Batman parcourut rapidement les dossiers, et y trouve la dernière adresse connue de celui qu'il cherchait.


Une fois celle-ci trouvée, il détermina la route la plus rapide pour s'y rendre. Ce n'était pas très loin, en fait. Il y eut un vrombissement tout autour de la Batmobile lorsqu'il appuya sur la pédale d'accélération qui le propulsa jusqu'au bout de la longue rue qu'il suivait, après quoi il s'immobilisa au milieu de deux longues rangées d'immeubles aux façades usées.


Il sortit du véhicule, et enclencha le mode sécurisé de la Batmobile, puis se tourna vers l'immeuble. D'après les informations qu'il avait reçu de l'ordinateur de la Batcave, il devait se rendre au dernier étage de l'immeuble. Il sortit donc un grappin, et se dirigea vers ce dernier, tandis que derrière lui des plaques de titanes recouvraient roues et fenêtres de la Batmobile.


Arrivé au pied de l'immeuble, il sortit son grappin et visa le dernier étage. L'instant suivant, il s'élevait dans les airs, avant d'atterrir sur le dernier balcon. Il s'approcha de la porte-fenêtre, et jeta un oeil à l'intérieur. Seul l'obscurité répondit à son regard. Il prit une petite plaque rectangulaire et métallique de la taille d'une carte de crédit dans l'un des rangements de sa ceinture, et força l'ouverture de la porte-fenêtre.


Il pénétra dans l'appartement. Il prit une petite lampe torche dans sa ceinture, ce qui lui permit d'éclairer sommairement les lieux, et ainsi d'identifier cette pièce comme étant le séjour des Todd. Il lui fallait trouver les traces de la correspondance entre le Joker et Willis Todd. Un quelconque document qui lui permettrait de retrouver le Joker, ne serait-ce que par l'intermédiaire d'un numéro de téléphone.


L'appartement était silencieux. A cette heure tardive de la nuit, il était logique que tout le monde soit endormit. Qu'ils profitent de leur sommeil réparateur, il s'agissait sans doute de leur dernier. Probablement recevraient-ils demain un appel de la police ou de la morgue pour leur annoncer le décès de Willis Todd.


Mais Batman n'avait pas le temps de penser à ça. Il entreprit une fouille systématique du séjour, espérant trouver des informations suffisantes sans avoir à s'introduire dans les autres pièces. Tiroirs, pile de courriers et bac à journaux, Batman fouilla les moindres rangements disponibles dans le séjour, à la recherche de la plus petite trace de correspondance. Etrangement, il n'en trouva pas la moindre. Si Willis Todd avait détruit toutes les preuves de ses correspondances avec le Joker, c'est qu'il était un homme très prudent. Mais mais pas assez prudent pour ne pas se jeter dans les griffes du tueur sociopathe.


Il y eut alors un grincement. Le bruit très distinctif d'une latte qui grince sous le pas d'une personne. Quelqu'un se dirigeait vers lui, le plus silencieusement possible. Des hommes de mains du Joker ? Il avait du mal à y croire. Et pourtant…


"C'est TA FAUTE !"


Il reconnu la voix à l'instant où il l'entendit. Celle de ce jeune garçon qui s'était interposé entre Willis et lui, lors de l'altercation au bar quelques heures plus tôt. Mais sa voix était emprunte d'une colère extraordinaire, une rage comme il n'avait imaginé pouvoir en entendre dans la voix d'un garçon si jeune. Et il était dans la pièce voisine. Comment avait-il pu l'entendre ? Et quitte à hurler ainsi, pourquoi avait-il donc cherché à se faire si discret ?


Son cœur se serra tandis qu'il faisait volte-face. Il devait disparaître de cet appartement avant que le jeune garçon ne pénètre dans cette pièce. De toute manière, il était désormais persuadé qu'il n'y avait rien à trouver dans ce lieu. Il tâcha donc de le quitter comme il le faisait habituellement : vite et silencieusement, pour que le nouveau venu s'imagine avoir rêvé. Quitte à revenir plus tard, le cas échéant.


Mais c'était sans compter la vitesse avec laquelle le jeune garçon avait réagit. Il avait traversé l'appartement depuis sa chambre jusqu'ici en courant, et à peine la porte s'ouvrait-elle que déjà un objet fonçait droit sur le visage de Batman.


"TOUT EST TA FAUTE !"


En temps normal, Batman aurait d'un seul geste arrêté l'objet dans sa course, mais également lancé une série de Batarangs sur son assaillant. Cette fois, il s'agissait d'un enfant, et il ne pouvait se résoudre à le blesser. Il se tourna donc vers le jeune garçon, et le vit qui se précipitait vers lui, un objet massif entre les mains.


"Vous l'avez tué !"


La voix du jeune garçon était emplit de rancoeur, et à son regard il vit que c'était bel et bien vers lui qu'elle était toute entière dirigée. Et il comprit alors. Obnubilé par le fait d'avoir bien involontairement provoqué la mort de cet homme, devant le bar, il avait fini par oublier ce jeune garçon, mais surtout la façon dont il l'avait rencontré. Et surtout le nom qu'avait crié Willis Todd en le voyant s'interposer entre Batman et lui.


Jason. Jason Todd, le fils unique de Willis, celui pour qui il avait initialement décidé de quitter le monde du crime organisé, il y avait quelques années de cela. Le même Jason qui lui fonçait à présent dessus. D'un regard plus instinctif que volontaire, Batman identifia une batte de base-ball, et esquiva les assauts virulents du jeune garçon.


"Vous avez tué mon père, je vous ai vu ! C'est de VOTRE faute si le Joker lui a tiré dessus !"


Batman évita à nouveau le jeune garçon qui venait de lui foncer dessus. Le jeune garçon se prit les pieds dans sa cape, et tomba à terre. Mais loin de capituler, il se releva, agrippa la cape et se mit à tirer dessus, tentant de faire tomber son adversaire.


Déjà dans la ruelle, Batman avait remarqué cette ténacité chez le jeune garçon, ainsi que son sens inné de l'improvisation en plein combat. Et même là, mû par sa seule rage, il continuait à faire preuve d'un talent au corps à corps qui ne cessait de surprendre Batman pour un enfant de cet âge.


"Je n'ai pas tué ton père, Jason. Tenta d'expliquer Batman de sa voix la plus claire ; Le Joker a commis ce crime, et personne d'autres.

- Menteur ! Tu l'as mis dans une situation qui a provoqué la colère du Joker, sans ça, jamais il ne lui aurait fait du mal ! Il avait besoin de lui !"


Batman enregistra cette dernière information, mais reporta l'interrogatoire à ce propos pour plus tard. Pour le moment, il lui fallait raisonner le jeune garçon.


"Le Joker est un fou, jamais ton père n'aurait dû s'associer à lui !

- TAIS-TOI !"


Le jeune garçon s'élança sur Batman dans un nouvel élan de rage. A nouveau, Batman voulu l'esquiver et faire jouer son propre élan contre lui, mais au dernier moment, Jason plongea sur le sol, et après une roulade, il frappa Batman simultanément aux deux jambes.


Batman sentit le choc malgré ses protections. Surpris, il réalisa que si ses jambes n'avaient pas été protégées, justement, Jason aurait cette fois réussi à le faire tomber.


"Mon père n'est pas un criminel ! Hurlait-il à tue-tête ;

- Ton père s'est associé au Joker, et c'est la pire erreur de sa vie.

- MON PERE NE S'EST PAS ASSOCIE AU JOKER !"


Il se releva, hurlant tellement fort que son visage virait maintenant au rouge. Il se mit à frapper Batman de toute ses forces, tout en fondant en larmes de plus belles. Il tomba à genoux, et resta prostré ainsi, à genoux, à frapper de petits coups de poings contre la combinaison de Batman.


Batman posa maladroitement une main gantée mais amicale sur la tête du jeune garçon, et attendit qu'il se calme. Lorsque le flot fut taris, Jason releva les yeux vers Batman, et émit un gémissement noyé de larmes.


"Il est mort !"


Batman ne répondit pas, et regarda le jeune garçon avec calme.


"Tu seras vengé, Jason. Je te le jure. Mais pour l'heure, j'ai besoin de ton aide. Je vais rechercher le Joker, mais pour ça tu dois m'expliquer quelque chose. Tout à l'heure, tu as dis que le Joker avait besoin de ton père, pourquoi as-tu dit ça ?"


Jason baissa cette fois les yeux. Etrangement, il semblait gêné, comme un enfant prit en faute.


"Je n'étais pas sensé avoir écouté. Même ma mère ne savait pas…"


Batman tiqua à ce mot. C'est la première fois qu'il entendait le jeune garçon parler de sa mère. Mais à nouveau, il vit que Jason était prêt à parler, et préféra ne pas lui faire changer de conversation. Bien lui en prit, puisque très vite le jeune garçon entama son récit…


"Je vous l'ai dit. Il ne s'est pas associé au Joker."


***


C'était un peu moins d'un mois avant que le jeune Jason Todd ne rencontre Batman. Attablé en compagnie de ses parents, tous trois prenaient leur repas devant la télévision, comme c'était le cas tous les soirs. Le repas était presque terminé lorsque la sonnette retentit dans l'appartement.


Un coup de sonnette à cette heure, voilà qui était inhabituel. Les deux conjoints se consultèrent du regard, mais ni l'un ni l'autre n'attendait de la visite. Willis finit par se lever, et rejoignit l'entrée pour ouvrir la porte.


Jason, qui suivait la scène depuis la table de salle à manger, avait ressentit un certain malaise dès qu'il avait aperçut le visage de cet inconnu dans l'embrasure de la porte. Un visage légèrement blanchâtres, le regard froid de quelqu'un qui ne vient pas avec des intentions amicales.


"Bonjour, Mr Todd. Je viens vous remettre une invitation de la part de mon employeur."


L'homme avait alors remis une carte de visite à Mr Todd, et malgré la distance qui le séparait de l'entrée, Jason était persuadé d'avoir vu son père blêmir.


"Je ne comprends pas. Finit-il par dire d'une voix mal assuré ; En quoi pourrais-je l'aider ?

- Mon employeur espère profiter de certains de vos talents, et notamment certains contacts, qui lui seront très utiles.

- Je n'ai rien qui puisse l'intéresser, je me suis retiré depuis trop longtemps !

- Voyons, monsieur Todd, ne soyez pas si modestes ! Mon employeur et moi savons que vous avez gardé quelques contacts amicaux très précieux, que vous pourriez très facilement reconvertir en contacts professionnels ! Et c'est d'autant plus vrai si vous souhaitez le bien de votre... (il détourna alors son regard vers le séjour, et croisa celui de Jason, qui fut parcouru d'un frisson) famille."


Mr Todd resta sans voix devant cette phrase dit sur un ton si calme, devant ce visage si pâle et ces yeux si effrayants. Il serra alors les poings, et sa voix se fut plus ferme, plus menaçante.


"Vous feriez mieux de partir, maintenant."


L'homme le regarda sans répondre, puis esquissa un sourire.


"Au revoir, monsieur Todd. Et à bientôt."


Puis il se détourna, et disparut derrière le mur, toujours suivit du regard par Willis Todd. Celui-ci le regarda s'éloigner, et s'exclama d'une voix presque plaintive.


"J'ai été libéré ! Je l'ai payée assez cher !"


En revenant dans le séjour, monsieur Todd avait un teint livide, et Jason ne se fit pas prier lorsqu'il lui demanda de se rendre dans sa chambre. La mère de Jason tenta d'en savoir plus sur l'identité de cet inconnu, mais en vain.


Trois jours passèrent, et la tension avait presque totalement disparut, bien que Willis sursautait encore lorsque la sonnette retentissait - même lorsqu'elle sonnait à l'heure où sa femme rentrait, comme à son habitude.


Puis le quatrième jour, elle ne sonna pas. L'heure à laquelle elle était sensée rentrer était arrivé, et personne n'était rentré. Dix minutes s'étaient à nouveau écoulées, et l'anxiété s'était visiblement emparée de Mr Todd. Puis après une demi-heure, la sonnette avait enfin retentit.


L'anxiété avait fait place à une allégresse comme Willis semblait ne jamais en avoir connu. Il s'était précipité vers la porte pour accueillir sa femme, mais à la place de cette dernière, c'est ce même homme au visage blafard qui l'attendait. Blafard. Jason trouvait que ce nom lui allait à ravir.


"Mr Todd, je crois que nous avons à parler."


Willis l'avait dévisagé de longues secondes, avant de se résoudra à le laisser entrer. Il avait refermé la porte, mais étrangement il ne l'avait cette fois pas verrouillée. Puis il s'était tourné vers Jason.


"Va dans ta chambre, Jason."


Cette fois encore, Jason n'avait pas protesté. Il s'était rendu en silence dans sa chambre, puis s'était accroupie juste derrière la porte, pour écouter la conversation entre son père et cet homme. Le couloir n'était pas très grand, l'appartement pas très meublé. En entrouvrant très légèrement la porte, il arrivait grâce à l'écho à écouter comme s'il se trouvait dans la même pièce que les deux hommes.


"Où est ma femme ? Avait demandé Willis d'entrée de jeux ;

- Elle va bien. Elle ira bien, tant que vous ferez ce que mon employeur vous demande de faire.

- Et que veut-il, exactement ?

- Que vous preniez contacts avec vos précieux amis, afin de proposer une belote. Je crois savoir que vous aimez jouer à ce jeu de cartes avec eux, n'est-ce pas ?

- Ne faîtes pas de mal à ma femme, s'il vous plaît."


La voix étranglée de son père, plus que la phrase elle-même, et surtout le ton suppliant avec laquelle il l'avait prononcée, firent réaliser à Jason la gravité de la situation.


"Faites ce que je vous demande, et vous la retrouverez très vite. Je vous recontacterai dans une semaine exactement. Jeudi, donc. D'ici là, vous allez prendre un rendez-vous pour cette partie de cartes pour le courant de la semaine suivante, le plus tôt possible. Je vous donnerai d'autres instructions lors de mon prochain appel."


Puis Blafard était parti. Après son départ, Willis s'était assis dans un des fauteuils du séjour, et avait fondu en larmes. Jason avait sentit son coeur se serrer en l'entendant pleurer, et ça n'avait fait qu'entériner encore la haine qu'il nourrissait désormais envers Blafard.


Le lendemain, son père avait commencé à passer plusieurs coups de téléphones. Avant chaque coup de téléphone, il restait de longues minutes prostré assis sur sa chaise, plongé dans ses pensées. Ces appels qu'il passait semblaient le dégoutter au plus au point, et pourtant il les passa, chacun d'entre eux. Le délais était très court, et finalement c'est le jeudi qu'il réussit à avoir ce rendez-vous, pour le samedi suivant.


Comme convenu, il reçut le lendemain l'appel de Blafard. A nouveau, Jason tenta d'écouter la conversation, mais n'entendit rien de plus que des "oui", des "bien" ou des " d'accord". Le Samedi suivant, Willis avertit son fils qu'il ne rentrerait pas manger, mais ne parla toujours pas de sa mère. Il était évident que le kidnapping de sa femme n'était pas passé inaperçu auprès de Jason, et il ne tenta donc pas de le justifier.


Ce soir-là, Willis Todd quitta le domicile vers 18 heures. Jason pleura toutes les larmes qu'il était capable de verser jusqu'au retour de son père, vers deux heures du matin. Là, il se précipita dans son lit, et fit semblant de dormir lorsque son père vint le voir. Puis il entendit son père aller s'asseoir dans le fauteuil du séjour, et il tenta d'écouter combien de temps il allait mettre pour aller se coucher. Le sommeil finit cependant par venir à bout de ses efforts.


Jason se réveilla vers huit heures du matin. Il quitta son lit, et lorsqu'il entra dans le séjour, ce fut pour découvrir son père, toujours assis dans son fauteuil, les yeux grands ouverts et le teint maladif. Son père ne lui parla pas, et lui non plus ne tenta pas de le faire. Il retourna s'asseoir dans sa chambre, et s'allongea dans le silence de son lit. De toute manière, il n'avait pas cours. Ce qui n'aurait pas changé grand chose, puisqu'il avait séché les précédents.


Il y eut 3 autres rendez-vous dans les semaines qui suivirent. La mère de Jason avait disparut depuis trois semaines lorsque Blafard refit son apparition. Attablé dans le séjour, Jason redoubla d'effort dans son simulacre de repas pour mieux observer l'échange entre son père et cet homme qu'il haïssait tant à présent.


"Mon employeur est extrêmement satisfait de vos efforts. Annonça-t-il à Monsieur Todd ; Et j'ai une bonne nouvelle à vous annoncer : votre femme vous sera rendu avant la fin de la semaine."


Même s'il ne voyait son père que de profil, jamais Jason n'avait vu un tel soulagement sur son visage. Lui-même avait senti son coeur sauter dans sa poitrine de bonheur.


"En fait, mon employeur est si satisfait de vos services qu'il souhaiterait vous rencontrer, mardi prochain."


Cette fois, tout semblant de joie disparut du visage de son père. Mais il ne répondit pas.


"Je vous appellerai dans le courant de la semaine pour vous indiquer le lieu de notre rendez-vous. Au revoir, monsieur Todd."


Et à nouveau, Blafard était reparti, sans accorder la moindre attention à Willis ou à son fils, agissant comme un vulgaire porteur de message.


Il appela le samedi suivant. Ironie du sort, il appela trois heures après l'appel de l'établissement scolaire de Jason, qui appelait pour demander des comptes après l'absence injustifiée de Jason depuis trois semaines. Willis se contenta de prendre un rendez-vous avec la conseillère d'orientation, et promit de surveiller son fils.


Du coup, il se montra cette fois plus autoritaire avec Jason, et trouva le moyen de le punir en l'obligeant à rester tout le week-end dans sa chambre à étudier, pour rattraper son retard. Résultat, Jason resta le week-end entier assis derrière le bureau de sa chambre, à tenter d'écouter ce que faisait son père. Y-compris lors de l'appel de Blafard, et il n'entendit finalement rien de leur conversation.


Puis arriva le mardi soir. Rester ainsi plusieurs jours sans rien connaître du sort de sa mère, des activités de son père, avait attisé la curiosité de Jason au plus haut point. Il voulait continuer à s'informer, et il décida de se débrouiller par lui-même pour en savoir plus.


Après que son père se soit assuré qu'il était couché, il sortit par la fenêtre et, en escaladant la corniche, gagna le toit. Il put ainsi gagner l'entrée extérieure, dont il savait le verrou de la porte endommagé de longues dates, ce qui lui permit de gagner silencieusement le sous-sol de l'immeuble, et plus précisément le garage où était garé la voiture de son père.


Il se cacha dans le coffre, essoufflé d'avoir couru pour arriver avant son père, et l'entendit s'installer derrière le volant. Heureusement qu'il avait remarqué que son père avait besoin de poster une lettre avant de venir, il avait ainsi pu prendre le temps de s'installer en toute discrétion.


Le trajet dura un temps que Jason fut incapable de déterminer. Après cette longue attente, cependant, il entendit son père quitter la voiture et s'en éloigner. Il sortit lorsqu'il jugea son père assez loin pour ne pas le remarquer, et le vit entrer par la porte d'entrée d'une maison vraisemblablement abandonnée.


Il partit sur les talons de son père, mais préféra envisager une autre entrée. Il pénétra donc par la fenêtre d'une pièce plongée dans l'obscurité, mais dont les vitres brisées lui permirent d'entrer sans mal. Il s'approcha de la porte qui menait droit sur l'ancienne, et risqua un oeil pour tenter de voir qui s'entretenait avec son père.


Son coeur fit un bond dans sa poitrine en apercevant ce visage. Il le reconnut moins à son visage au teint cireux à faire pâlir d'envie Blafard lui-même qu'à sa voix stridente emprunte de folie tendit qu'il s'adressait à son père. Le célèbre Joker.


"Will ! Enfin, je te retrouve, mon bon ami ! S'était-il exclamé lorsqu'il l'avait aperçu, après être sorti d'une autre pièce que Jason n'avait pas eut le temps de voir ; Que c'est bon de se revoir !

- Pardon ? Je veux dire... nous nous sommes déjà rencontré ?

- Non, effectivement, mais c'est un détail, ça. Après tout, je peux bien te considérer comme un ami intime, après tout ces services que tu m'as si généreusement rendu ! J'ai été très impressionné, Will, tu sais ! Tu as placé tous les micros en un temps record, mais... je sens que tu brûles de me demander quelque chose..."


Il avait finit sa phrase sur un ton moins amicale, n'ayant visiblement pas apprécié le peu d'attention que lui avait prêté Willis Todd.


"Je... on m'a dit que je pourrais revoir ma femme."


Le visage du Joker, figé dans sa grimace accusatrice, se fondit d'un sourire qui s'élargit jusqu'à dévoiler sa majestueuse et non-moins sinistre rangée de dents blanches. Puis ses yeux se plissèrent, et son sourire perdit de sa superbe pour donner à ce visage un air cynique et terrifiant.


"Nous avons une petite course à faire, ce soir. Tu reverras ta femme après.

- Co... comment ? Bafouilla Willis ; Mais ce n'est pas ce qui était prévu !

- Comprends-moi, Will, que veux-tu que je fasse ? Que je te rendre ta femme, pour que vous puissiez vous précipiter auprès de la police, ou pire encore d'Enorleo, pour tout lui raconter ? C'est que je tiens à cet entretien avec ton cher ami, Will, tu ne voudrais quand même pas qu'il puisse quitter les lieux avant que je n'arrive ?"


Willis ne répondit pas. Jason n'était même pas sûr que son père avait comprit la question. Le Joker, lui, considéra son silence comme une réponse satisfaisante.


"Bien. Mais ne t'inquiète pas, tu ne feras que m'accompagner, ce soir. Et si tout se passe bien,et surtout si je vois que tu n'as pas cherché à me doubler, alors tu récupéreras ta femme dès la fin de la transaction que je fais opérer avec ton ancien patron. Content ?"


Willis se força à acquiescer, et le Joker sembla satisfait.


"Maintenant, tous en voiture. Will, tu montes avec moi. Tout le monde, nous nous rendons au bar qui se trouve à l'extrémité des docks de Gotham. Allons, c'est partit !"


Ce fut aussi soudain qu'inattendu. Le Joker et ses acolytes quittèrent les lieux avec une telle vitesse que Jason n'eut pas le temps de se précipiter dehors, pour tenter de s'installer dans le coffre. Ce qui aurait été de toute façon bien inutile, puisqu'il était monté dans le véhicule du Joker.


Quelques minutes après que le gang du Joker ait quitté les lieux accompagné de son père, Jason sortit à son tour dans cette rue sombre, étourdi. Le Joker se rendait sur les docks, il l'avait prévenu. Que pouvait-il faire ? Prévenir la police ? S'il faisait ça, il prenait le risque que le Joker ne tut son père ou sa mère. Alors, quoi ? Revenir à la maison ?


Pas question. Son père avait besoin de lui. Il n'était pas question qu'il retourne chez lui ainsi, à attendre la fin de cette nuit cauchemardesque. Son père avait besoin de lui, et il allait l'aider. Sur ces mots, Jason se mit à courir dans la direction qu'il pensait être celle des docks de Gotham.


***


Batman fut incapable de prononcer un mot pendant un long moment. Il était sidéré. Jason avait couru pour rejoindre le lieu où avait été emmené son père ? Pourtant, quand il l'avait vu, il ne l'avait pas trouvé si fatigué ! Bouillonnant de rage, oui, mais rien de plus ! Il se demanda quelle distance séparait cette planque du Joker et le fameux bar.


"Tu as couru. Finit par dire Batman d'une voix basse ; Et quand tu es arrivé...

- Je vous ai vu face à lui, prêt à le frapper. Je ne voulais pas que vous lui fassiez du mal. Alors je me suis interposer. Et après..."


Il baissa les yeux, silencieux. Il ne disait plus rien, et ne pleurait plus. Il sembla que Jason avait finalement couler assez de larmes pour cette nuit, et pour le mois aussi d'ailleurs, d'après son récit. Ainsi donc, son père n'était qu'une autre victime du Joker. Batman l'avait bien mal jugé.


"Je suis désolé, pour ton père."


Il regarda alors autour de lui. Comment avait-il pu ne pas le réaliser avant ?


"Tu es seul ici, alors ? Tu es rentré comment ?

- Je suis remonté sur le toit, et je suis retourné sur le balcon. L'inverse de quand je suis parti. Je ne savais pas où aller, et j'avais froid, alors..."


Il ne termina pas sa phrase. Il releva finalement les yeux, et regarda Batman d'un air implorant.


"Est-ce que je vais revoir ma mère ?"


Batman ne répondit pas. Le Joker avait tué Willis Todd parce qu'il pensait qu'il avait été trahis, sans doute que sa femme avait connu le même sort peu de temps après.


"Je suis désolé, Jason. Je pense que ta mère a déjà rejoint ton père."


Jason baissa les yeux, et poussa un soupire plein de souffrance, le faisant presque ressembler à un gémissement de douleur.


"Tes parents seront vengés, Jason. Je t'en fais le serment. Je vais retrouver le Joker, et il paiera pour son crime. Mais avant ça, je dois te demander quelque chose, Jason. Regarde-moi, s'il te plaît."


Jason obtempéra, et plongea son regard dans les yeux cernés de cuir du masque de Batman.


"Je trouverai le Joker, Jason. Mais je vais avoir besoin de ton aide. Avec les informations que tu as récolté au cours de ce mois, je suis persuadé que je pourrais le retrouver beaucoup plus vite. Mais pour ça, tu devras accepter que je t'entraînes quelque temps, pour être capable d'affronter les dangers que nous rencontrerons. Tu devras apprendre à te battre...

- Mon père m'a déjà appris ! L'interrompit Jason d'une voix maladroite ;

- Ca ne m'étonne pas. Ton père devait savoir que son passé faisait peser certains risques sur sa famille. Je t'aiderai à améliorer encore ce talent que tu possèdes, et avec ton aide, je coincerai le Joker."


Jason regardait Batman avec un grand intérêt à présent, buvant chacune de ses paroles.


"Acceptes-tu de me suivre, Jason ? Acceptes-tu de m'aider à chasser les criminels des rues de Gotham ? Acceptes-tu de devenir la deuxième personne à porter le costume de Robin ?"


Jason était cette fois éberlué. Il ravala sa salive, puis son regard se durcit. Lentement, il acquiesça du visage. Batman poussa un soupire satisfait, puis leva sa main droite vers son masque, qu'il retira doucement, comme s'il était en train de retirer la peau de son propre visage.


Jason écarquilla les yeux de stupéfaction, tandis que le visage se dévoilait, et s'exclama :


"Mais, je vous connais, vous ! Vous êtes... vous êtes...!"


Batman esquissa un sourire. Le masque se retrouva enfin totalement sur ses épaules.


"Bonjour, Jason. Mon nom est Bruce Wayne. Toi et moi, nous allons passer un peu de temps ensemble."


à suivre...


Thomas...

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