Batman le DA - Le héros oublié (Chap.2)

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BATMAN, le Dessin Animé

Chapitre 2 : Traitrises


Cela faisait environ deux mois que Dick avait claqué la porte à Batman, et qu'il avait dit adieu au costume de Robin. Cependant, il n'avait pas quitté le manoir et logeait toujours dans la chambre d'ami du manoir Wayne. Entre Bruce et lui, la tension était permanente, et Alfred avait bien du mal à concilier son devoir entre Bruce Wayne et sa sympathie envers le jeune Dick Grayson.


Les repas se passaient la plupart du temps dans un silence pesant, des regards noirs échangés et des soupires éloquents. Dick avaient repris ses études, pour parfaire son cursus disait-il, et ne voyait plus Bruce que lors de ces repas en commun, qui se faisaient d'ailleurs de plus en plus rares : Dick trouvait toujours une raison pour dîner dehors, et Bruce n'était pas en reste pour prétexter une mission de reconnaissance. D'autant plus que, se retrouvant seul pour ses patrouilles, il s'était plongé plus encore dans sa croisade contre le crime, et passait de moins en moins de temps dans le manoir.


Et en cette période sombre de sa vie, il se trouvait justement que Gotham n'avait jamais eut autant besoin de Batman, et il n'en demandait d'ailleurs pas moins. Et celui qui posait tant de soucis au Chevalier de la nuit n'était autre que le Joker, dont les ambitions semblaient s'être accrue depuis leur dernière rencontre. En moins d'une semaine, Batman avait affronté le Joker pas moins de six fois, et chaque fois le Joker lui avait échappé.


Comme si, cette fois, le Joker avait cessé de vouloir attirer l'attention de Batman sur lui, pour se concentrer avec plus de rigueur sur ses activités délictueuses, et sur un plan que lui seul connaissait, mais qui semblait s'éloigner de ses plans habituels. Ce qui faisait de lui un adversaire de plus en plus dangereux. Quant à Batman, savoir que c'était en affrontant le Joker qu'il avait provoqué le départ de Robin ne l'aidait pas à oublier la tension qui régnait au manoir, d'autant plus que ladite altercation avait alors permis au Joker de s'échapper, et il comptait bien éviter que ça ne se reproduise.


Pire encore, voir le Joker changer ainsi ses méthodes était encore une source supplémentaire d'inquiétude. S'il n'avait jamais été un personnage à prendre à la légère, il deviendrait très rapidement un souci de premier ordre s'il perdait ne serait-ce qu'une part de son esprit déjanté pour la recentrer sur son côté machiavélique. Batman n'avait pas besoin de son propre Lex Luthor, et Gotham encore moins. Alors il veillait, espérant que réussir à arrêter le Joker avant que le pire n'arrive l'aiderait à oublier la perte de son jeune prodige.


Après une longue et éprouvante série d'enquêtes, Batman avait cependant réussit à connaître la prochaine cible des hommes de mains du Joker. C'était une victoire pour lui, depuis les nouvelles aspirations du Joker, car jusqu'ici il n'avait réussi à intervenir sur les lieux de ses méfaits qu'après coup, sans jamais réussir à les prendre de vitesse. Ceci dit, le Joker avait toujours été trés doué pour prendre la poudre d'escampette.


Mais enfin, il avait reçut des informations fiables et certaines sur la présence ce soir du Joker et de sa bande. Un coup risqué pour ce dernier, à bien y réfléchir : une bande rivale à celle du Joker se réunissait dans un vieux bar, sur les docks. Selon les informations qu'il avait recueillit, Batman savait que le Joker avait l'intention de venir dans ce bar pour s'entretenir avec le chef. Mais pour quelle raison ? Lui, qui détestait tant fréquenter les autres barrons de la pègre, pourquoi cherchait-il soudain à s'entretenir avec l'un d'entre eux ?


C'était pour le savoir qu'il s'était installé sur le toit du bâtiment voisin au bar, et attendait la venue de la bande du Joker, tapis dans l'ombre. Surveillant les allers et venues dans le bar à l'aide se ses jumelles, il s'était installé là vers treize heures, et la nuit commençait déjà à tomber sans que personne ne se soit manifesté. Mais ce n'était pas si surprenant : après tout, il valait mieux pour le Joker que sa rencontre se fasse de nuit.


Effectivement, la lune était déjà bien installée dans le ciel sans nuage lorsque une série de silhouettes dissimulées sous des imperméables des plus suspects entrèrent simultanément dans le bar. Une fois que tout le monde fut rentré, Batman décida d'agir. Il courut sur le toit, et d'un bond majestueux, il atteignit celui du bar.


***


Plusieurs rangées de tuiles recouvrant le toit de ce vieux bar étaient si vieilles qu'il ne fut pas difficile pour Batman de les retirer sans bruit. Il se faufila ensuite sous le toit, prenant la direction du rez-de-chaussée, et c'est là qu'il reconnut instantanément la voix aiguë et empreinte de folie du Joker.


"Voyez-vous, mon cher ami, tout ceci ne se résume finalement qu'à une seul mot : business. Ou entreprise. Ou collectivité commerciale. Association à but tout à fait lucratif. On pourrait également parler d'usine, d'entreprise, d'industrie. Bref, il y a pleins de mots qui pourraient résumer le but de ma requête ici, finalement. Mais cessez de me détourner de ma conversation, vous m'agacez, mon cher monsieur.

- Mais… je n'ai encore rien dit, Monsieur Joker !

- FERME LA !"


Un bruit sourd. Quelque chose qui venait d'être frappé violemment contre une surface plate. La tête de son interlocuteur ? C'aurait été étonnant, alors que le Joker venait tout juste d'entrer dans le bar. Il avait un but, il comptait donc bien l'atteindre avant de tuer son interlocuteur involontaire. En tout cas, vu comme il semblait tétanisé de terreur, ce n'était pas à un chef de gang à qui il parlait, c'était certain.


Batman descendit sans bruit le long d'une des poutres qui menaient jusqu'au plafond, et prit soin de rester dans l'obscurité. Ainsi tapis dans l'ombre du toit, caché derrière la charpente de bois de la bâtisse, il avait à présent une bien meilleure vue sur ce qui l'intéressait.


Le Joker était entouré de plusieurs de ses acolytes, tous grimés en clowns. Il n'y avait qu'un seul de ces hommes de mains que Batman n'arrivait pas à voir. Un type à l'allure athlétique, qui se tenait dans un coin d'ombre et ne bougeait pas, regardant la scène sans réagir. Le joker en avait après un type qui se trouvait derrière le comptoir, sans doute le barman, et qui semblait effectivement terrorisé par ces intrus. Sans parler de toute l'extrémité droite du comptoir qui avait été défoncé par le Joker - mais avec quoi ?


Le Joker, lui, avait cessé de s'adresser à sa victime. Il faisait des va-et-vient devant le comptoir du bar, semblant tout à sa réflexion. Il gardait cette apparente désinvolture pourtant mélangée à cette nervosité quasi-permanente qui le caractérisait depuis toujours. Difficile de croire, en le regardant se pavaner avec sa massue (celle du comptoir ? Se demanda Batman), qu'il était celui qui tenait toute la police de Gotham, ainsi que Batman d'ailleurs, en échec depuis plusieurs semaines.


"Reprenons. Fit le Joker en se tournant vers le barman, haussant le ton à chacun de ses mots ; Je SAIS, et vous savez que je le sais, qu'une réunion a lieu en ce moment même, ici-même, presque sous mes yeux, ET J'EXIGE QUE VOUS ME LAISSIEZ Y PARTICIPER ! MAINTENANT !"


Le type derrière le comptoir semblait abasourdi. Difficile à croire qu'il était au courant de cette réunion, vu son visage. Le Joker lui-même ne pouvait l'ignorer. Avaient-ils tout deux eut de mauvaises informations, à propos de cette réunion ? C'était difficile à croire, ça aussi.


"Monsieur Joker, je vous jure que personne n'est venu faire de réunion dans ce bar ! Assura le barman d'une voix tremblante ; Je ne cherche pas à vous mentir, je vous le jure. Mais allez-y, fouillez mon bar ! Allez-y !"


Le Joker le regarda d'un air soudain très calme. Comme s'il cherchait à lire dans les yeux de cet homme qui lui jurait qu'il ne mentait pas. Batman prit trois Batarangs dans chacune de ses mains, et se prépara à intervenir. Le Joker poussa finalement un soupire.


"Bien."


Il eut un geste las, embrassant de ce même geste l'ensemble du bar.


"Saccagez tout. Je suis déçu par le déroulement de cette soirée. Et puis tuez-le, ce type me tape sur le système."


Batman se redressa légèrement, s'apprêtant à lancer ses Batarangs. Mais c'est alors qu'une porte dans l'arrière plan s'ouvrit, et une silhouette apparut alors. Trois duos d'hommes de mains, eux aussi armés, apparurent à leur tour, et Batman redoubla d'attention, ce qui n'était pas peu dire. Le Joker le dévisagea d'un air ébahit, et adressa un regard offusqué au barman, qui alla se cacher dans la pièce que venait de quitter le nouvel arrivant.


"Finalement, cette soirée ne va peut-être pas être si mal. Nota le Joker en reportant son regard sur le nouvel arrivant ;

- Le Joker. Psalmodia celui-ci ; Veuillez excuser l'obstination de mon hôte à cacher ma présence malgré vos demandes persistances, mais le fait d'avoir menacé sa famille, et je parle de celle figurant sur la branche généalogique complète, a fait de lui un gardien très motivé."


Le Joker eut un sourire. Batman aussi. Pour mentir avec une telle conviction, il fallait au moins qu'une famille ait été menacée de mort. Voilà qui expliquait tout.


"Je saurai me souvenir de cette méthode, elle semble faire ses preuves. Répondit le Joker avec une grande courtoisie ; Monsieur Enorleo, vous méritez votre réputation.

- Eh bien, que me vaut l'honneur de cette visite ?

- Je viens pour affaire !"


Enorleo. Aussi loin qu'il s'en souvienne, Batman n'avait entendu ce nom que rarement, mais il l'avait cependant vu notifier plus souvent, dans des rapports de police. Un chef de gang de la ville, l'un des plus influents. L'un des rares à être capable de rivaliser avec l'influence du Joker lui-même. Il ne s'agissait donc pas d'un rendez-vous avec un vulgaire petit chef de gang de voyous, comme il l'avait cru au départ. Leur présence à tous les deux, ici, était un problème beaucoup plus sérieux que ce que Batman s'était initialement imaginé. Surtout si le Joker était là pour la raison qu'il commençait à craindre.


"Pour affaire ? Répéta Enorleo, tout en parcourant du regard les hommes armés que le Joker avait amené avec lui ; Voilà un bien étrange accueil pour un rencontre d'affaire. Et j'ajoute que je ne prends théoriquement que sur rendez-vous, mon cher.

- Voyons voyons, mon petit Enorlichou ! Je peux t'appeler Enorlichou ?

- Non ! S'offusqua celui-ci en serrant nerveusement l'arme qu'il tenait dans ses mains - une mitraillette, d'après ce que pouvait voir Batman depuis sa cache ;

- Mon petit Enorlichou, nous sommes tous deux des chefs d'entreprises, nous ne pouvons pas perdre de temps inutilement avec des prises de rendez-vous ! Toute cette paperasserie, les files d'attentes, tout ça… c'est d'un vulgaire !"


Le Joker allait et venait maintenant parmi ses hommes de mains, qui tachaient d'ignorer son étrange comportement pour garder leurs adversaires dans leurs lignes de mire. Le Joker s'arrêta devant un de ses hommes de mains, et caressa affectueusement le canon de sa mitraillette…


"Je ne cache pas avoir une certaine affection pour les petites secrétaires, je l'avoue, mais pas au point d'aller papillonner auprès de celles de mes collègues ! La mienne est déjà amplement savoureuse !"


Harley Quinn ! Il était en train de parler d'Harley Quinn ! Batman regarda autour de lui, s'attendant confusément à la voir lui donner un violent coup de maillet, mais non. Il regarda dans le bar, cherchant sa présence dans les recoins d'ombres… en vain. Le Joker lui en donna la raison.


"Il se trouve que la maîtresse de maison a quitté le domicile conjugal ! Se lamentait le Joker ; Elle me fait des infidélités avec une reine du règne végétal, et ce n'est pas fait pour me satisfaire ! Des années que ces deux-là se voient régulièrement, et ça commence à me chauffer !"


Il frappa du point sur la mitraillette, sous les yeux médusés de son sous-fifre, qui tentait de la garder bien droite. Le Joker, lui, continuait de vociférer avec plus d'ardeur que jamais.


"Non mais c'est vrai, c'est pas comme si elle avait une quelconque importance à mes yeux, mais la voir se pavaner au bras de cette minette en sachant éperdument ce qu'on dira de moi quand elle daignera revenir au bercail !"


Dans un grognement, le Joker laissa la phrase en suspens. Il se tourna alors lentement vers Enorleo, lui fit un grand sourire de son imposante et sinistre dentition, puis dit d'un air calme.


"Je suis venu vous faire une offre de fusion absorption. Nous y trouverons tous nos comptes, je peux vous l'assurer. Votre gang s'associe au mien, et à nous deux nous contrôlerons les deux tiers de la pègre de Gotham, du trafic d'arme, j'en passe et des meilleures. On partage les bénéfices après ça, fifty fifty. C'est réglo, non ?"


Enorleo ne répondit pas. Il eut un petit plissement des yeux, tandis qu'il plongeait dans sa réflexion. Batman fut un instant tenté d'intervenir là, dés à présent. Mais quelque chose lui susurra à l'oreille d'attendre encore un cours instant, le temps de connaître cette réponse qu'il ne voulait pourtant surtout pas laisser entendre au Joker.


"Avant de répondre, j'ai une requête à formuler."


Le Joker sourit de plus belle.


"Faites donc, très cher ! Nous sommes entre amis !

- Cette réunion qui devait avoir lieu ici, ce soir. Je n'en avais parlé qu'à très peu de personnes. Quatre, précisément. Quatre très proches collaborateurs. Je ne peux me résoudre à perdre les quatre, alors je souhaiterais savoir lequel des quatre vous a mit au courant."


Le Joker eut une légère hésitation.


"Directement, aucun. Mais il se trouve qu'un ami proche de ces quatre compères a accepté de les espionner à mon compte. Il a posé des micros aux domiciles de vos… ouvriers, aucun n'est donc à blâmer !

- Et cet ami commun, qui était-ce ?"


Les yeux du Joker se plissèrent, perdant sa mine légèrement joviale pour prendre des traits plus durs. Cependant, il tourna légèrement le buste, et désigna l'homme qui, depuis le début de la soirée, restait tapis dans l'ombre, sans mot dire.


"Allons, Will ! Viens voir papa, n'ai pas peur !"


L'homme dans l'ombre eut un léger frisson, et avança vers la lumière. Il regardait alternativement Enorleo et le Joker, légèrement tremblant, les yeux méfiants.


Presque… songea Batman ; L'instant clef est presque là…


Enorleo dévisagea l'espion affiché du Joker d'un air mauvais. Ses yeux trahissaient sa surprise. Il connaissait lui aussi cet homme, inconnu de Batman. Mais très vite, la surprise disparut de son visage, pour faire face à une froide détermination, un désir mesquin de revanche.


"Je veux sa tête."


Le Joker écarquilla les yeux de façon presque imperceptible. Cette demande ne le surprenait pas, mais ne l'arrangeait pas forcément. Enorleo, lui, restait les yeux fixés dans ceux de son interlocuteur, et attendait sa réponse. Quant à ce… Will, lui avait écarquillé les yeux bien plus franchement, et semblait grandement craindre la réponse du Joker.


Cet instant précis, où l'incertitude cernait les trois principaux protagonistes de cet échange pour atteindre un point névralgique, c'est celui-là que choisit Batman pour frapper, et figer toute cette incertitude dans leurs esprits et ruiner tout futur rapprochement.


Deux séries de batarangs partirent. La première frappa les fixations au plafond des deux halogènes qui éclairaient le bar. Ils chutèrent simultanément, et explosèrent au sol, projetant des bouts de verres dans toutes les directions tandis que les lieux se trouvaient plongés dans l'obscurité. Batman se dissimula derrière un poteau, et écouta les coups de feux retentir d'un bloc.


"TRAITRISE !"


Les deux camps avaient hurlé le même mot, mais il était certain que le capharnaüm ambiant les avait empêché les uns comme les autres de l'entendre. Ca arrangeait bien le plan de Batman, et il décida enfin de se précipiter dans la mêlée.


Il se jeta du haut du bar, et soudain il y eut un grand silence, pendant lequel les deux camps opposés se demandèrent ce qu'il faisait là. Le bar était dans le noir, mais passez pour cacher sa présence une fois lancé dans la bataille. Puis les esprits se réveillèrent, et les canons commencèrent à se diriger vers lui. Mais déjà, Batman avait mit deux hommes à terre, et deux nouveaux lancés de Batarangs empêchèrent les derniers de se servir de leurs armes. Une lame aiguisée comme un couteau, voir comme un rasoir, qui s'enfonce dans votre chair, ça dissuade !


Les deux camps eurent enfin leur fusion, grâce à Batman. Face à cet adversaire commun, les ennemis d'hier firent front commun, et se précipitèrent en chœur contre lui. Et tandis qu'il les vainquait un à un, Batman parcourra le bar du regard. Comme prévu, le Joker et Enorleo avaient plié bagage.


Mais comme il l'avait anticipé, personne n'avait remarqué que son second lancer de batarangs, lancer presque simultané au premier qui avait plongé le bar dans le noir, avait frappé cet inconnu que le Joker avait nommé Will. Immobilisé avec trois batarangs dans la jambe, celui-ci avait cependant réussit à se traîner au-dehors, à en juger les traces de sangs qu'il avait laissé derrière lui.


Une fois les hommes de mains des deux camps rivaux maîtrisés, Batman se dirigea vers la sortie. Dehors, il chercha sa cible des yeux, et la trouva à quelques mètres de là, qui le regardait d'un air ébahit. Il était debout, adossé à un mur, et le dévisageait avec stupeur et crainte.


Batman s'avança vers lui d'un pas rapide, lorsqu'une silhouette fine et élancée surgit devant lui. Il reçut un pied au visage, qui ne lui fit pas mal mais le déconcerta suffisamment pour le faire reculer. Il se redressa, et regarda son nouvel adversaire en se préparant d'instinct au combat.


Et c'est alors qu'il réalisa qu'il avait affaire à un gamin, d'à peine dix ans, peut-être un peu plus.


"LAISSEZ LE TRANQUILLE ! OU JE VOUS CASSE LA FIGURE !"


Derrière lui, l'homme regardait le jeune adolescent d'un air stupéfait. Batman s'avança alors, bien décidé à maîtriser ce gamin sans lui faire de mal, mais sans le laisser le gêner plus qu'il ne l'avait déjà fait.


"Jason, non ! Va-t-en !"


Batman laissa le jeune garçon attaquer le premier. Le gamin élança son jeune poing vers lui, et Batman l'attrapa par le poignet. Il se glissa dans le même mouvement dans son dos, et lui immobilisa le bras, en prenant soin de ne pas le faire souffrir.


Mal lui en prit. Sentant que son adversaire avait mal assuré sa prise, le jeune garçon se dégagea d'un mouvement de balancier soudain et vigoureux, qui surprit Batman de la part d'un garçon de cet âge. Batman se montra cette fois plus ferme avec lui, et lui donna un coup du plat de la main contre le torse, ce qui eut pour effet de faire reculer le gamin, le souffle coupé.


Tétanisé par le coup qu'il venait de recevoir, il continua de regarder Batman avec un regard plein de hargne, de défi. A ses côtés, celui qu'il avait tenté de protéger regardait la scène avec stupéfaction, toute douleur ayant disparut de son visage.


"Alors voilà donc la raison de tout cela ?"


La voix du Joker était reconnaissable entre mille. Batman se tourna vers celui-ci, qui scrutait la scène d'un air tout aussi offusqué que lorsque Enorleo était apparue dans le bar. Voir Batman face à son homme de main, en compagnie de ce jeune garçon, tous se regardant dans le blanc des yeux… si le Joker était arrivé un instant plus tôt, il aurait interprété la scène tout autrement, mais ce n'était pas le cas. Ce qui était tout à fait conforme à ce qu'espérait Batman. Peut-être trop, justement ?


"On ne trahis pas le Joker !"


Le Joker releva alors la main, et pressa la détente. Batman n'avait pas vu l'arme, dissimulée sous sa manche longue. Le dénommé Will reçut une flopée de balles en plein ventre, avant que le Joker n'éclate de rire et ne se sauve en courant.


"Non !"


Les cris de Batman et de l'enfant retentirent à l'unisson, mais sous le rire du Joker, amplifié par l'écho du port tout proche, aucun des deux ne le réalisa.


Batman partit à la poursuite du Joker. Il suivit le rire pendant près d'un kilomètre, avant d'admettre qu'une fois de plus, il lui avait échappé. Il serra les poings de rage, avant de se résoudre à revenir voir le corps de cet homme qui avait été tué parce qu'il avait cru bon de laisser le Joker croire à une trahison.


En arrivant, le jeune garçon avait disparut. Batman se demanda où il était passé, puis entendit les sirènes de la police qui se rapprochaient. Il poussa un soupire, puis fouilla dans sa ceinture pour prendre le nécessaire pour un relevé d'empreinte. Une fois celui-ci accompli, il prit son grappin, visa un toit en hauteur, et s'y propulsa tandis que les premières voitures de police arrivaient sur les lieux.


Et tandis qu'il s'élevait au-dessus des rues de Gotham, Batman ne put s'empêcher de penser que Robin, lui, aurait pu empêcher tout ça d'arriver.


A suivre…


Thom…

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