Avengers Evolution - Ep.2
Avengers : Evolution
Saison 1
Episode 2 : Force de frappe
Steve Roger était assis sur le lit, adossé contre le mur contre lequel celui-ci était posé. Les jambes repliées contre son torse, le visage affichant un air neutre. Face à lui, une télévision avait été posée sur un meuble très sobre d'apparence et de couleur blanche pour son utilisation personnelle, mais était éteinte pour le moment. Jouxtant ladite télévision, la porte d'entrée était verrouillée de l'intérieure, Steve ne l'ouvrant que lorsqu'il quittait sa chambre. Et proche de cette porte, contre le mur qui longeait le pied du lit, se dressait un dernier meuble, où avait été mit à la disposition de l'occupant de cette chambre plusieurs tenues civile, ainsi que plusieurs cintres qui lui avait été bien utile pour y accrocher son uniforme.
L'ambiance de la chambre était très monotone, mais Steve Roger n'en avait cure. Il comprenait que le lieu dans lequel il se trouvait était un bâtiment militaire, probablement un sous-marin à en juger les panneaux maladroits qui dissimulaient les nombreux hublots qu'il avait pu croiser au cours de cette dernière semaine.
Steve se leva, et se décida à quitter sa chambre. Dans le couloir, il croisa un jeune homme aux cheveux bruns, une chemise bleus sortant de son pantalon, qui lui jeta un regard amical tout en cherchant à maintenir contre lui les nombreux documents roulés qu'il tenait dans ses bras.
- Ah, Monsieur Roger.
Il lui tendit une main chaleureuse, et deux longs documents lui échappèrent. Il les rattrapa maladroitement, eut un sourire maladroit à l'attention de Steve, puis les cala sous son épaules gauche, avant de lui tendre à nouveau la main droite. Steve la serra avec chaleur, lui aussi. Le Docteur Pym était un garçon vraiment sympathique, mais il savait qu'il n'aurait pas souhaité être aidé dans le port de ces documents : Steve n'était pas sensé les lire.
- Bonjour, Docteur Pym. Comment allez-vous ?
- Très bien, et vous ? A quelle année en êtes-vous ?
- Je suis arrivé à 1976. Je n'en reviens pas que les Démocrates aient réussis à gagner les élections. Et en Europe, le franc qui quitte le système monétaire européen... je crois qu'à ce rythme-là, nous n'avons pas grand chose à craindre de l'Europe !
- Euh, sans doute... en tout cas, vous vous rapprochez de plus en plus !
- Je ne peux pas m'éloigner. Vous êtes sûr de ne pas pouvoir me dire en quelle année nous sommes ?
- Désolé, mon vieux. Mais ça va venir, ne vous inquiêtez pas. Vous avez vu l'ouverture de Disneyworld ? Attendez un peu de voir celui de Tokyo...
- Un Disneyworld à Tokyo ? L'interrompit Steve ; Vraiment ?
- Non, pas du tout, je... je dois y aller, excusez-moi...
Sur ces mots, il quitta les lieux promptement, et Steve ne put réprimer un large sourire en le voyant lutter contre la gravité qui tentait de lui arracher ses nombreux documents sur papier.
Une semaine s'était écoulée depuis son réveil. Il avait fallut un certain temps d'adaptation avant d'être parfaitement... en phase avec son corps. L'accident avec le Colonel Fury avait cependant très vite été oublié, et on avait attribué une chambre peu spacieuse mais néanmoins confortable au vu de ce qu'il avait connu par le passé. Quant à la télévision... tout les jours, elle s'allumait à midi, et diffusait pendant toute l'après-midi des documentaires d'une à trois heures, racontant les évolutions d'années en années.
Steve en était donc à présent à l'année 1976. Auparavant, il avait eut droit à 1972 et 1968. Incapable de se souvenir des dates précédentes, il en avait cependant conclu qu'il était toujours dans le vingtième siècle, informations confirmée par un détail qui lui était revenu que très récemment : tandis que Steve peinait à reprendre le contrôle de son propre cerveau, Nick Fury lui avait avoué que Logan était toujours vivant, bien qu'incapable de savoir où il se trouvait.
Midi était bien dépassé, mais Steve n'avait pas eut le courage d'allumer la télévision, ne désirant pas savoir immédiatement quelle nouvelle année allait lui être présentée. 1981 ? 1983 ? Qu'allait-il découvrir ? Que la France avait essuyé une attaque nucléaire ? Que la première voiture volante avait été conçue ? Steve eut un petit rire à cette pensée. Il n'imaginait pas possible de faire voler une voiture, du moins pas en si peu de temps.
- Ah, Steve !
La voix du Colonel le tira de ses pensées dans un sursaut. Il tourna les yeux vers son nouveau patron, et cacha sa gêne de le voir avec le bras en bandoulière. Au moins, il savait que la médecine n'était pas encore capable de réparer un os en moins d'une semaine.
- Vous n'avez pas été voir votre nouvelle chaîne privée ?
- Pas maintenant. J'ai envie de voir quels projets ont été retenus pour notre équipe. Je suis toujours sensé la diriger ?
- Plus que jamais !
Steve esquissa un sourire. Nick Fury s'obstinait à vouloir faire de lui un chef d'équipe, mais lui n'était pas certain d'en être capable. Certes, il avait souvent eut à travailler en duo, mais toute une équipe... la seule qu'il avait connu n'avait tenue que le temps d'une unique mission, et ça n'avait pas été un franc succès.
- Tiens, nous avons eut des nouvelles de Wolverine. De Logan, pardon. Enfin bref, il vous fait passer le bonjour.
- Va-t-il nous rejoindre ?
- Je le lui ai proposé, ce à quoi il a répondu qu'il se joindre avec plaisir à notre équipe dès que nous aurons convaincu Spiderman de se joindre également à nous.
Il eut un petit rire nerveux, et Steve demanda qui était ce Spiderman.
- Un gus en costume qui fait la loi dans son quartier, vers Manhattan me semble-t-il. Nous ignorions son identité secrète, mais c'est un petit joueur, rien qui ne mérite de retenir notre attention. Une façon pour Wolverine de nous dire non, si vous préférez.
Steve s'apprêtait à rire, lorsqu'il vit le Colonel Fury ôter son bras de sa gouttière, et l'écarter dans une grimace de douleur.
- Vous m'avez quand même bien esquinté, Cap !
- Mais... c'est déjà réparé ?
- Réparé ? Fit Nick Fury, non sans retenir un rire moqueur ; Ca n'était que déboîté, Captain ! J'ai eut de la veine, dites donc.
Steve poussa un soupire de résignation. Son coeur battait la chamade, mais il se demanda pourquoi. Que la médecine ait fait ou pas des progrès ne lui aurait pas indiqué la date actuelle, finalement.
- Alors, que faites-vous ici ?
- Je vous l'ai dit... les futurs membres de notre équipe...
Nick Fury dévisagea Steve, embarrassé. Il reprit la route qu'avait suivit le Docteur Pym,
- Plusieurs projets de Super Soldat ont été retirés, considérés comme n'offrant pas un potentiel suffisant. D'autres ont été jugés irréalisables. Au final, nous avons retenu trois projets distinct. Et ça tombe bien, c'est le maximum que nous pouvons financer !
- Nous serons donc quatre ?
- Dans un premier temps, effectivement. Mais deux d'entre eux vous sont pour le moment inaccessibles, car ils nécessitent des informations qui vous seront délivrés dans les semaines à venir, par voie de télévision.
- Passer des heures devant la télévision n'est pas mon activité favorite. Rétorqua amèrement Steve ;
- Je peux comprendre ça, mais aujourd'hui la télévision fait partie de notre quotidien, alors habituez-vous ! Et je ne pense pas trahir de secret défense en vous confiant ce détail sur notre vie actuelle...
Le couloir se prolongeait longuement, et les deux hommes passaient depuis déjà plusieurs minutes devant toute une série de portes verrouillée arborant ce sigle distinctif des équipes médicales du Shield. Steve n'y prêta cependant pas attention, attendant que le Colonel Fury ne lui indique le lieu où ils se rendaient.
- Et le dernier, alors ? Celui qu'il n'est pas interdit de me divulguer ?
- Il ne l'est pas parce qu'il est celui le plus directement dérivé des recherches que nous avons effectués pour vous réveiller.
- Vous cherchez à créer d'autres Captain America ?
Ils avaient passé la longue série de portes, et avaient tournés dans un couloir isolé qui se perdait dans le lointain. Nick Fury semblait précisément savoir où il allait, et Steve commençait à être gêné de le suivra aussi aveuglement.
- On ne peut pas faire ça, vous avez détruits la seule machine permettant la modification génétique adéquate, ainsi que les informations qui le permettaient.
Steve eut un petit rire nerveux. Exactement la dernière mission qu'il avait remplie aux côtés de Logan, plusieurs années plus tôt. Il détourna le regard, mal à l'aise. Il se fichait éperdument de l'avis de Nick Fury sur cette mission qu'il s'était lui-même attribué à l'époque, mais jugea qu'il fallait cependant sauver les apparences.
- Désolé.
- Ne le soyez pas. Vous aviez raison de penser que la science de votre époque ne permettrait pas de terminer le travail. Détruire cette machine a évité de nombreuses morts, et sans ce but à atteindre, je doute qu'on vous aurait gardé si longtemps dans le caissons. Vous seriez peut-être morts, aujourd'hui.
Steve ne répondit pas. Il n'y avait rien à répondre à un tel aveux.
- Cette fois, nous avons travaillé sur le sérum Super Soldat qui a stabilisé votre métabolisme. Nous tentons de l'adapter pour qu'il fonctionne sans modification génétique préalable, en modulant la dose administrée.
Ils arrivèrent devant une porte où un simple écriteau portait un nom inconnu, sans doute celui qui dirigeait les recherches de ce lieu. Le "Docteur Banner".
Ils entrèrent, et Steve fut surpris de découvrir dans ce lieu un visage connu, celui du Docteur Pym. Après une nouvelle et chaleureuse poignée de main, Steve se laissa aller à l'examen visuel du lieu dans lequel il venait d'entrer.
Cette nouvelle salle était beaucoup plus vaste quelle la pièce dans laquelle il s'était réveillé. Plutôt de l'ampleur de cet espèce de tribunal où Nick Fury l'avait emmené juste après son réveil, et il se dégageait des lieux une odeur âcre de désinfectant, ou un produit de ce type. Tout autour, plusieurs caissons étaient disposés, mais bien différents de celui dans lequel lui-même avait été enfermé.
Certains étaient de taille modeste, et de simples souris se trouvaient dedans. D'autres étaient bien plus gros, et à distance, Steve crut entrevoir un chien et d'autres animaux.
- Où en êtes-vous ? Demanda Nick Fury, avant d'ajouter... vous pouvez parler devant lui, ce projet n'est pas soumis au secret.
- Ah ? Très bien. Alors... eh bien voilà, nous avons cessé depuis longtemps de chercher à faire ingérer la potion à l'état brut, même diluée. Tous les animaux mourraient, sans l'ombre d'un procès. Par contre, lorsque nous avons couplé l'injection avec une manipulation génétique...
Steve se retourna, et observa ce chercheur qu'il avait considéré un peu vite comme un ami.
- Génétique ? Lança-t-il ;
- Oui, enfin... j'y vais peut-être un peu fort. Je parle de bombardement de la cible avec un champ plus ou moins radioactif, afin de donner... enfin, en quelque sorte, pour donner au sérum matière à manger, quoi !
Nick Fury écarquilla les yeux de surprises.
- Radioctif ?
- Rien de bien méchant, je vous assure ! Une salle a été prévue pour ce genre d'expèrience, la radioactivité est totalement sous contrôle, venez voir.
Il se dirigea vers un des caissons que Steve Roger avait remarqué en arrivant. De taille moyenne, on aurait pu y mettre un gros chien, mais en se baissant, Steve fut surpris de n'y voir qu'un simple rat.
- Les autres ont des réactions beaucoup plus sommaires. Mais ce rat a été le premier a réagir positivement à notre bombardement modéré. Nous avons utilisé des ondes gamma, et je crois que le Docteur Banner a bien réussi son coup - c'est lui qui a trouvé le bon dosage. Mais approchez !
Steve n'avait pas attendu. Le nez collé à la vitre de forme cubique qui emprisonnait le rat sans le dissimuler à la vue d'autrui, il tapota la vitre en espérant attirer l'attention du rongeur. Celui-ci refusait cependant de quitter sa couche, et Steve insista jusqu'à ce que le rongeur lève le museau, affichant un air intrigué.
Le rat se leva finalement, et s'approcha de la vitre, scrutant le doigt de Steve, qui tapotait la vitre avec plus de ferveur encore. Soudain, Le rat ouvrit grand la bouche, et Steve poussa un cri de stupeur. Au lieu d'ouvrir grand la bouche, le rat se mit à enfler soudain, mais pas comme un ballon : toute la musculature de son corps semblait soudain se développer à une vitesse prodigieuse, et bientôt c'est un rat de couleur verte, le regard fou, qui griffait avec force la vitre en essayant de s'échapper.
Steve entendit un rire au-dessus de sa tête, et il réalisa soudain qu'il se trouvait trois mètres en arrière. La transformation avait été si soudain qu'il avait fait un bond en arrière, sans même s'en rendre compte !
- N'ayez pas peur, il ne peut pas en sortir. Regardez, il se calme déjà.
Effectivement, le rat avait cessé de griffer la vitre, et sa taille diminuait déjà à vue d'oeil. Tandis qu'il reprenait une dimension plus modeste, il retourna jusqu'à la couche qu'il s'était improvisait dans un coin, et se rendormit.
- Vous voyez ? La colère le transforme !
- Un Super Soldat qui ne se transformerait que sous la colère ? Rétorqua Nick Fury, qui semblait bien moins enthousiaste que le Docteur Pym ; Voilà une idée saugrenue, laissez-moi vous le dire carrément !
- Peu importe, c'est un excellent démarrage !
Steve observait le rat endormit, sans oser s'approcher. Il se demanda si lui aussi allait devenir tout vert et essayer de sortir de ce sous-marin.
- Et où est le Docteur Banner, à propos ?
- Il s'est absenté. Il doit être à la recherche de nouveaux cobayes.
Steve s'éloigna des caissons, et s'approcha d'un petit établi où reposait plusieurs fioles de multiples couleurs, et nombre de documents identiques aux larges feuilles que le Docteur Pym avait dans les bras lorsqu'il l'avait croisé dans le couloir, plus tôt.
Il s'approcha, et observa les documents, sans oser y toucher. Même sans ça, il voyait plusieurs lignes de chiffres incompréhensibles, mais dont deux mots revenaient souvent : les mots "Particules" et "Ultron". Mais étrangement, chaque fois que le mot "Particules" apparaissait, il était suivit d'un autre mot, toujours différent, et systématiquement rayé. "M", "Mini", "Fourmi", et d'autres indéchiffrable. Un mot, cependant, avait non pas été rayé, mais entouré, comme s'il avait été sélectionné parmi toutes ces possibilités, pour former l'expression "Particules Pym". Steve eut un petit rire. Voilà un chercheur qui faisait preuve d'une grande modestie.
- Captain !
La voix autoritaire de Nick Fury s'était élevée. Steve se redressa, et s'empressa de se détourner de ce dossier qu'il n'était pas sensé voir. Encore que Nick avait donné son feu vert, non ?
- Je vais retourner dans ma chambre. Lança-t-il d'un air las ; C'était trop tôt, je crois. Aucun Super Soldat ne semble prêt, de toute évidence. L'année 1980-ché-pas-quoi m'attend avec une grande impatience. Pire, je ne voudrais pas rater le moment historique où l'Espagne va envahir le Portugal !
Il adressa un petit sourire à ses deux interlocuteurs, et remarqué que le regard de Nick Fury semblait aussi froid que le rire du Docteur Pym semblait éclatant.
***
A l'autre bout de l'Hélioporteur, dans un hangars encore plus vaste que cette fameuse pièce que Captain America avait trouvé si grande, un groupe de chercheurs étaient tout aussi affairé que pouvait l'être le Docteur Pym. Disséminé à travers le hangar, on pouvait remarquer de nombreuses caisses métalliques, de tailles impressionnantes, qui n'avait rien à voir avec le caisson où Steve Roger avait habité au cours de ces dernières années.
Les chercheurs et autres scientifiques allaient et venaient dans tous les sens, armés de longues feuilles enroulées sur elles-même, très proches de celles que Steve avait vu un peu plus tôt, ainsi que d'autres appareils tels que des ordinateurs portables...
- Rhodes ? S'écriait un homme au fond du hangar ; Tu es où ?
- Je suis là, Tony.
Un second homme typé afro-américain s'écarta d'un groupe de jeunes gens en blouses blanches avec qui il s'entretenait, et rejoignit celui qu'il venait d'appeler Tony.
- Viens essayer ça, s'il te plaît, James.
Ledit Tony était occupé devant un large établit, lui aussi en métal. Il tenait dans ses mains un gant rouge vif aux reflets métalliques, qu'il tendit à son camarade. Celui-ci glissa sa main dedans, et la texture du gant sembla se mouler si bien à sa main qu'il semblait devenir une seconde peau au milieu des poignets, au contraire de la partie couvrant la main, plus épaisse. James Rhodes tourna la main en admirant l'aspect froid et rassurant du gant, puis ouvrit les doigt, découvrant un cercle doré en son centre.
- C'est résistant ? Demanda-t-il à Tony ;
- On a pas encore testé l'Armure complète, mais ce gant a subit une charge d'une demi-tonne sans sourciller.
- Ca fonctionne comment ?
- Brevet Stark Entreprise, désolé. Pour résumer, disons qu'il est composé d'une fibre métallique synthétique intelligente capable de stocker de l'énergie dans ses propres connexions. Mais tu peux appeler ça du Métal Souple, si tu veux. Ou du Métal Ultra-Souple, mais la direction Marketing a rejeté cette appellation.
Rhodes sourit de satisfaction devant cette merveille de technologie. Anthony "Tony" Stark n'était pas devenu une des dix plus grandes richesse américaine par hasard. Il était douée d'une intelligence hors du commun, et lui-seul était capable de mettre au point une telle technologie de pointe.
- Comment ça se commande ? Lança-t-il en observant ce disque doré qui trônait au milieu de sa paume ;
- Les connexions entre les fibres métalliques permettent également la connexion avec le casque. Répondit Tony d'un ton ravi ; Mais j'allais y venir ! Peux-tu diriger le disque vers ce caisson ?
Rhodes tourna les yeux vers Tony, qui lui montrait l'imposant caisson métallique qui se trouvait à seulement quelques mètres de lui. Il sourit, leva le gant, et ouvrit la paume vers sa cible.
- Attends une seconde, s'il te plaît.
James attendit patiemment, bras levé vers le caisson. Il tourna les yeux vers son patron, et attendit le résultat de l'expérience, mais rien ne venait.
- Attends encore... attends...
Soudain, il y eut une secousse. Un jeu de lumière jaillit de la paume de James, de là où il devinait se trouver le disque doré. Le rayon, tout aussi doré que le métal qu'il avait vu au coeur du disque, frappa de plein fouet le caisson métallique dans un fracas du tonnerre. Surpris par la soudaineté de l'attaque, James lui-même vit son bras jeté en arrière, et fut bien incapable de diriger le faisceau qui, fort heureusement, s'arrêta de lui-même.
- Voilà... hasarda Tony ; Ca marche...
James écarquilla les yeux en grands, dévisageant James avec stupeur.
- Non mais ça va pas ?
- TONY !!
Au loin, la voix familière de Nick Fury s'était élevé, se rapprochant d'eux. James Rhodes resta figé devant la vision de ce caisson éventré sur le devant, un trou béant cerclé de métal en fusion qui se prolongeait sur le côté dans une marque de plus en plus fine, avant de disparaître dans ce que James devina être l'interruption de son rayon lumineux.
- TONY, Qu'est-ce que c'est que ce BORDEL ?
Il baissa les yeux sur son gant, béat, et nota que s'il avait toujours cette froide et rassurante apparence métallique, il avait cependant perdu son éclat légèrement lumineux. Tony s'approcha de lui, tandis que les hurlements de leur supérieur se rapprochait à grands pas.
- Il a perdu son éclat. Remarqua-t-il à son tour ; Il semble que le rayon ait eut un effet très élevé en puissance, mais bien faible dans sa durée. Il a vidé toute la batterie du gant en seulement un tir.
Il leva alors les yeux vers les dégâts sur le caisson, avant d'ajouter...
- Heureusement, d'ailleurs.
- TONY !
Nick Fury venait enfin de les rejoindre. Une odeur âcre le stoppa net, et son nez le guida instantanément vers le caisson qui avait servit de cible à Rhodes. Stupéfait, il jeta un regard noir à James, qui protesta instantanément.
- Eh, je savais pas ! On m'a juste demandé de le viser, comment pouvais-je savoir que ça donnerait ça ?
Le regard noir se porta aussitôt sur Tony, qui ne se laissa pas démonter pour autant.
- Le test est tout à fait concluant. La portée devra être testée à nouveau, mais la puissance de ce tir montre que le projet Iron-Man est dans de bonnes voies.
- Concluant ? Rugit le Colonel Fury ; Tony, est-ce que vous venez de tester un canon laser dans un vaisseau qui vol à plusieurs milliers de mètres au-dessus du sol ?
- Canon laser, vous y allez fort, vous ! Répondit Tony, riant de bon coeur ; Ca n'est qu'un gant, quand même !
Nick Fury lui jeta un regard encore plus noir que le précédent, et Rhodes savait très bien pourquoi : parler de gant avec une telle technologie était une véritable insulte au travail effectué dessus, et il en avait pleinement conscience, même sans jamais l'avoir vu à l'oeuvre.
- Et puis, si je vous avais demandé de le tester dehors, vous auriez accepté ?
- Un petit séjour dans le désert aurait été possible, oui.
- Ah ? Euh, eh bien... oups ?
Agacé, Nick scuta à nouveau les dégâts sur le caisson de métal, et esquissa un sourire. La colère s'amenuisant, James pouvait voir en direct la satisfaction l'envahir.
- Impressionnant, n'est-ce pas ? Lança Tony ; La projection a été très courte, en fait. Quand James portera toute l'armure, il aura accès à une réserve d'énergie bien plus grande.
- Quand est-ce qu'elle sera prête ?
Tony poussa un soupire. Cette fois, on pouvait voir tout le tracas que lui posaient les délais qui lui avaient été imposé.
- Je vous ai averti, Colonel. L'armure nécessite infiniment plus qu'un mois de travail.
- Vous m'avez quand même dit que vous pouviez vous débrouiller pour que j'ai quelque chose à présenter !
- Eh bien... ce gant, c'est déjà quelque chose de présentable !
Nick secoua négativement la tête.
- Je suis sensé présenter des Super Soldat, pas des projets d'armement.
- Eh bien je pourrais éventuellement... enfin, ça va nous faire prendre du retard sur le projet final, mais je peux essayer de préparer une version de base de l'armure ?
- De base ?
- Une version allégée, si vous voulez ! Comprenez bien qu'elle n'aura ni son plein potentiel, ni une esthétique avantageuse, mais elle fonctionnera.
- Ce que je veux, c'est avoir quelque chose à présenter avec les autres projets Super Soldat. Rien de plus.
- Colonel Fury ?
Une nouvelle voix s'était faite entendre. Nick se retourna, et vit un gringalet qu'il n'était pas bien sûr qu'il soit majeur venir vers lui.
- Oui ? Qui êtes-vous ?
- Docteur Banner, enchanté Monsieur.
Il leva une main vers lui, attendant que Nick la lui sert. Surpris, celui-ci s'exécuta, avant de demander...
-...vous êtes le Docteur Banner ? C'est une plaisanterie ?
- Non, Colonel ! J'étais à votre recherche depuis tout à l'heure, j'ai un problème avec le sujet humain pour notre projet Super-Soldat, et...
- Mais taisez-vous !
Tony et Rhodes se mirent à rire, mais pas Nick, qui avait ressorti son regard noir pour le jeune homme.
- Nous avons séparé les projets et installés une certaine confidentialité dans les travaux, jeune homme, je vous rappelle ! Vous ne pouvez pas aller ainsi n'importe où pour...
Il le regarda alors, médusé, et jeta un oeil vers le gant métallique que Rhodes portait toujours à sa main.
- Mais qui vous a laissé entrer ?
Nick reconduisit le jeune homme en-dehors du hangar, et il y eut deux licenciements sur leur passage. Oubliant les hurlement du civil chargé de la sécurité qui avait payé cher son café, il se dirigea vers les locaux du projet auquel participait le Docteur Banner, et lui demanda son âge.
- J'ai dépassé les 19 ans récemment. Répondit le jeune homme sans sourciller ; C'est ce qui vous a surpris ? Vous ne lisez pas les dossiers des hommes qui participe aux projets que vous dirigez ?
- Je délègue mes pouvoirs aux chefs d'équipes, tel que le Docteur Pym. Répondit-il ; Vous disiez avoir un problème avec le sujet humain ? Quelle sorte de problème, au juste ?
- Eh bien, on a pas de sujet humain pour les tests, c'est ça le problème.
Nick le regarda sans répondre.
- Vous n'avez pas de cobayes humains ? Comment est-ce possible ?
- Nous n'étions pas sensé terminer le projet en moins d'un mois, aucun test humain n'était prévu si rapidement !
- Eh bien je ne sais pas, moi... innovez ! Surprenez-moi ! Enfermez un civil dedans, et il sera ravi d'avoir de beaux super pouvoirs ! Promis, si ça se passe mal, je ferai attribuer une pension à sa famille !
Le jeune Banner dévisagea le Colonel avec stupéfaction, lui aussi.
- Ca va, je plaisante... le Docteur Pym ne peut pas vous aider ?
- Il... n'est pas au courant.
Cette fois, Nick sentit la colère refluer en lui. D'abord un test de laser en plein vol, maintenant un problème de communication au sein d'un projet ne comprenant que deux personnes...
- Je... je vais lui en parler tout de suite !
- Voilà, faites ça !
Le Docteur Banner acquiesça d'un signe de tête, puis se précipita au loin en courant. Nick s'immobilisa. Il ne lui était plus nécessaire de suivre Banner, aussi pouvait-il aussi bien retourner auprès du troisième projet, le plus confidentiel d'entre tous. Mais avant ça, il n'avait pas mangé depuis des heures, il était temps de faire une pause.
***
1990. De toute évidence, ceux qui programmaient ces vidéos voulaient accélérer les choses, puisque Steve se retrouvait déjà devant l'historique de l'année 1990. Presque le millénaire suivant ! Gorbatchev, prix nobel de la paix ! La France opposé aux Etats-Unis dans la Guerre du Golf, l'allemagne réunifiée... le monde était en proie à des mutations qu'il n'aurait jamais imaginé.
La diffusion était désormais terminée, aussi Steve s'allongea-t-il dans son lit. Il n'en revenait pas des événements survenus depuis sa mise en animation suspendue. Une telle dose d'information à digérer, il comprenait à présent la raison pour laquelle on lui avait demandé le silence. Steve sentait un vague mal à la tête poindre, il se massa vaguement les tempes en fermant les yeux.
A présent, il voyait clairement où il en était. Il était le commandant du Nautilus, le précieux sous-marin que lui avait remis le Capitain Némo, le héros de son enfance. Désormais, les troupes allemandes ne pourraient plus rien contre lui. Crâne rouge et son armée, encore moins. Mieux encore, la technologie du nouveau siècle avait permit d'améliorer le sous-marin, qui était à présent pourvu de deux longues ailes d'aigles, grâce auxquelles il allait pouvoir voler au secours de Bucky, piégé sur cette fusée qui l'avait emmené loin du Captain, vers une mort certaine. Mais pas cette fois : cette fois-ci, il allait tenir fermement les commandes du Nautilus, et...
- Steve !
Steve ouvrit les yeux en grands. Haletant, il réalisa qu'il était revenu dans son lit, trempée d'une sueur froide. Il voulu se lever vers la voix qui l'avait réveillé, mais il était totalement empêtré dans ses draps. Finalement debout, il se tourna vers Nick Fury, qui portait vers lui un regard inquiêt.
- Que se passe-t-il ? Demanda Steve.
- Un problème avec le Docteur Banner. Répondit-il ; Dans le bureau de Pym, tout de suite !
Steve se précipita au-dehors, non sans attraper son bouclier en passant. Sait-on jamais. Toutes les lumières du sous-marins étaient désormais passées au rouge. L'alarme, supposa Steve. Il courrait derrière Nick, se retenant d'accélérer pour le dépasser : il serait regrettable qu'il ne trouve pas le bureau du Docteur Pym, mieux valait suivre Nick.
Ils rejoignirent rapidement le petit bureau qu'il avait visité quelques heures plus tôt, et retrouva l'atmosphère quasi-médicalisée des lieux, les caissons de protections où étaient enfermés les cobayes des nouvelles expériences de Super Soldat. Un instant, Steve eut peur de découvrir un des caissons éventrés, prêt à partir en chasse d'un rat mutant, mais il n'en était rien. En revanche, il y avait dans cette pièce plus de monde que d'habitude. Et au loin, il reconnut le Docteur Pym, qui regardait dans leur direction.
- Colonel Fury ! Lança le Docteur Pym.
Non, ce n'est pas lui qu'il regardait. Steve laissa le Colonel rejoindre le Docteur Pym, et observa l'espèce de cage qui se trouvait face à eux, et derrière laquelle Pym regardait un instant plus tôt. Steve écarquilla les yeux de surprises, et son coeur fit un bond dans sa poitrine. Un jeune homme était enfermé à l'intérieur.
- Fury ! Rugit-il soudain ; Qu'est-ce que cela signifie ? Des animaux, passe encore, mais des gamins !
- Ne soyez pas idiot, Roger ! Rétorqua Fury ; Ce gamin est le Docteur Banner, le collègue du Docteur Pym. Il s'est enfermé lui-même à l'intérieur !
- Quoi ?
Steve ignora le regard plein de reproche que lui envoyait Nick Fury, et reporta son attention vers l'intérieur de la cage. Le jeune garçon était torse nu, et une chemise blanche traînait à ses pieds. Prostré, il regardait ses mains d'un air béhat, presque... euphorique. Que lui était-il arrivé ?
- Docteur Banner ?
Nick s'était approché d'un pupitre qui, semble-t-il, servait de poste de commande. Il parlait dans un micro sortant dudit pupitre, et qui transmettait vraisemblablement sa voix dans la cage, puisque le jeune garçon releva les yeux, souriant. Il se dirigea vers un micro incrusté dans un mur, et lorsqu'il parla, sa voix résonna dans toute la pièce.
- Surprise !
Il jeta un regard amusé à Nick Fury, qui le dévisageait avec stupéfaction. A l'intérieur, le jeune garçon partit dans un fou rire, devant les spectateurs sidérés.
- Etes-vous devenus fou, jeune homme ? Lança Nick. Savez-vous seulement ce que vous risquez, en faisant ce que vous avez fait ?
- Ne m'injuriez pas. Répondit le Docteur Banner dans le micro ; Je connais parfaitement les risques, et en l'occurrence, il n'en restait aucun. Le sérum était prêt, Colonel ! Je vous ai dit que j'avais besoin d'un essai sur cobaye humain, vous m'avez dit de vous surprendre : eh bien voilà, c'est fait !
Nick ne répondit pas. Il baissa les yeux, et observa le pupitre devant lui. Il se tourna finalement vers le Docteur Pym.
- Il ne l'a pas vraiment fait, n'est-ce pas ?
- J'ai bien peur que si, Colonel. Cela fait une demi-heure qu'il baigne dans un bain de rayon Gamma.
- Mais vous ne pouviez pas arrêtez ça ?
- Impossible, il a bloqué les commandes ! Ce gosse est un génie, Colonel, vous comprenez ? Même moi je n'aurais jamais cru qu'il était capable d'agir ainsi, mais ça reste un putain de génie !
- Alors que reste-t-il à faire ?
(la suite dans le premier commentaire. Désolé, le blog permet pas plus de caractères :/)