Accoutumance - Chap. 1

Publié le

City of Heroes présente...


Young Liberty – Accoutumance

Chapitre 1 : Les dangers de la rue


L'accoutumance. Peu de mots dans la langue française possède des significations aussi variées que celui-ci. Le "Micro Robert" le définit à la fois comme étant le "fait de s'habituer, de se familiariser" avec quelque chose, comme le "processus par lequel un organisme tolère de mieux en mieux un agent extérieur" ainsi qu'à "son résultat", pour finalement se rapporter au sens qui lui est donné le plus souvent, à savoir l' "état dû à l'usage prolongé d'une drogue (désir de continuer, etc...)".


La drogue. Elle était présente avant l'arrivée des Riktis à Paragon City, elle ne l'a jamais quittée, et elle le sera sans nulle doute des années après la fin de la guerre qu'ils ont déclaré aux humains.


Le mode d'administration des drogues disponibles à travers la majestueuse citée sont d'une variété rare. Par inhalation de poudre, de gaz disponible dans un spray, par injection, à travers des pilules ou de petites feuilles transparentes à glisser sous la langue, en passant par les patchs et autres contenants anonymes.


Les modes de trafic sont tout aussi diversifiés, mais un dénominateur revient presque systématiquement : le rabatteur. Chargé de séduire une nouvelle clientèle, on les trouve dans chaque quartier sensible, dans chaque ruelle, derrière chaque ombre et de plus en plus, aux abords des plus grandes villes.


Seuls les plus téméraires, et par définitions les moins expérimentés, s'aventurent jusqu'aux coeurs des grands pôles d'activités tel que Galaxy City. Là, se cachant à peine de la Freedom Corps, abordant les passants effrayés en pleine rue ou même au beau milieu d'un parc, ils n'hésitent pas à proposer leur marchandise aux nouveaux venus comme aux habitués, et le nombre de dealeurs régulièrement envoyés à l'hôpital par les nombreux jeunes Super Héros débarquant dans la ville ne décourage pas les suivants de tenter leur chance.


Mais alors que les vendeurs de morts se montrent aimables et souriants dans les parcs, n'insistant que rarement lorsqu'ils agissent en plein jour, c'est dans les rues plus éloignées que ces bandits montrent leur vrai visage. Et si certains se contentent de menacer leur victime des pires représailles s'ils ne leur achètent pas un minimum de leur marchandise, d'autres plus sournois se masque d'une apparente générosité afin de séduire une cible qui, se croyant chanceuse, ne voit pas le piège se refermer sur elle.


***


- Allez, je te fais une fleur.


Rosana esquissa un sourire. Elle ne sentait pas rassurée en présence de cet inconnu, vêtu d'un jean déchiré passablement sale, et dont la veste en cuir ne donnait en rien envie de lui faire confiance, mais au moins elle était rassurée qu'il ne sorte pas d'armes pour la menacer.


- Je sais que c'est dur pour toi... lui lança son interlocuteur d'un air amical ; Tu es étudiante, les études sont aussi chères que longues... je suis passé par là, tu sais !

- Vraiment, je vous assure, je peux m'en passer.

- Je comprend ta réaction, tu as peur de la qualité. Il traîne de véritable cochonneries dans les rues, de nos jours. On te vend une marchandise hors de prix alors qu'elle a été coupée avec de la bouse de vache séchée.


Devant la mine écoeurée de la jeune femme, il insista de plus belle.


- Si si, je t'assure ! Mais moi je fais pas ça, je vend de la qualité. Je vais te le prouver, d'ailleurs. Ce que je te propose, c'est de prendre un petit sachet avec trois cachets. Tu les prends le soir, soit avant de bosser pour booster un peu ta concentration, soit au repos pour te relaxer rapidement. Double usage, tu vois ?


La jeune femme n'osa pas répondre, mais déjà son regard se chargeait d'envie en regardant le petit sachet en plastique que l'homme avait sorti, contenant trois petites pilules plates et blanches. Il lui tendit le sachet.


- Vas-y, prend le ! Si ça te plaît, tu viens me voir. Tu sauras que c'est de la qualité, t'auras confiance. Et si ça ne t'a pas plu, eh bien tu m'oublies, et on en parle plus ! Je suis un bon samaritain, moi.


La jeune femme ne répondit pas. Il y eut alors un léger sifflement, comme celui qu'elle avait déjà entendu dans un bar, lorsque quelqu'un jouait aux fléchettes et qu'il en avait jeté une très fine. Rosana leva le visage vers l'homme, et aperçut sur sa gorge une petite fiole transparente. Quant à lui, son visage avait perdu son sourire, et ses yeux semblait peiner à rester ouvert.


- Très utile, ces anesthésiants ! Lança une voix jeune et féminine ;


Rosana tourna les yeux, et aperçut une silhouette fine et filiforme, habillée de cuir bleu et rouge selon les endroits. Une personne qui semblait bien jeune, sans doute pas majeur.


- Qui...

- Bonjour, madame. Je suis Young Liberty, et vous feriez mieux de partir.


Le bandit se tourna péniblement vers la nouvelle venue, et mit la main dans sa veste. Il en sortit un couteau à la lame acérée, qu'il tenait cependant d'une main sans énergie.


- Non, mais c'est une plaisanterie ? Tu tiens à peine debout !


Un nuage noir jaillit soudain de la jeune femme. Il sembla à Rosana qu'elle l'avait projeté de la main, mais elle vu le peu de lumière qui règnait dans ce lieu, elle aurait très bien pu se tromper. Le dealeur se prit cependant la fumée en plein visage, émit un long hoquet, puis s'écroula.


Incapable de bouger, Rosana observa le corps inerte à ses pieds.


- Est-ce qu'il est...?

- Ko ? Oui. Rien de plus, je vous rassure. Ma fumée peut être mortelle, oui, mais pas à si petite dose. Remerciez mon costume, c'est grâce à lui que mon pouvoir est sous contrôle. Allez, filez.


Cette fille avait été à deux doigts de traverser la ligne, de passer de la lumière à l'ombre, mais elle ne le réaliserait jamais. Ou plutôt, elle l'occulterait bien vite, tapis dans un coin de son cerveau, enfouit sous un monceau de culpabilité. Pour l'heure, elle était plutôt enclin à la reconnaissance.


- Vous m'avez sauvé, mademoiselle ! Si je peux faire quelque chose pour vous...

- Eh bien, effectivement, il y a peut-être une chose que vous pouvez faire, oui.


Voilà près de deux semaines à présent que Young Liberty avait été remise en liberté. Drôle de façon de parler de son arrivée dans Outbreak, cette zone en proie à une sinistre guerre des gangs. Enfin, ça n'avait finalement été en rien difficile, et elle avait été envoyée dans la foulée jusqu'à Galaxy City, non sans avoir eut le temps de sauver une jeune Super Héroïne locale. Et entre deux entraînements, c'est là que le Cogneur des Bas-Fonds lui avait proposé d'apporter sa pierre à l'échiquier dans sa lutte contre la drogue. Mission qu'elle avait très modestement acceptée.


Depuis, elle arpentait les rues, arrêtant les voyous qu'elle croisait sur son chemin, et demandant en échange un peu de liquide pour payer sa nourriture. Jusqu'alors, elle avait eut la chance de ne tomber que sur des personnes compréhensives qui avaient toutes acceptées de le remercier financièrement. Mais manger tous les soirs un vulgaire sandwich acheté dans une modeste supérette commençait à lasser Alice.


Pour dormir, rien n'était plus simple : elle avait repéré de vieux immeubles délabrés et inutilisables, souvent squattés par des inconnus dans une situation aussi précaire que la sienne. Le soucis, c'est que sa lutte contre la drogue avait commencé à se faire connaître, et elle avait déjà eut l'occasion de croiser quelques regards emprunts d'animosité, si bien qu'elle avait conscience que cette solution ne pouvait être que temporaire.


Il faudrait cependant qu'elle s'en contente pour une nuit encore.


***


Il faisait sombre. Sombre, et un peu froid. Alice était incapable de savoir pourquoi, mais elle était persuadée qu'un instant plus tôt, elle était euphorique, pleine de joie... heureuse. Mais à cet instant, elle ne ressentait plus que de la peur. De la peur, matinée d'angoisse, le tout auréolée d'une tension oppressante qui lui serrait le coeur.


A ses côtés, une silhouette indistincte se tenait à ses côtés, tout aussi tremblante qu'elle. Mais ce qui attirait le regard d'Alice, ce n'était pas cette silhouette inconnue qui restait dans son ombre, mais les deux hautes silhouettes féminines à quelques pas. Autour d'elle, dans le lointain, elle sentait de l'agitation et entendait des coups de tonnerre - du moins ça y ressemblait - mais était bien incapable d'en connaître l'origine.


Au-dessus d'elle, le ciel était vert. Vert, tâchée de cercle violet ça et là. L'une des deux silhouettes était immobile, bras écartés, et semblait souffrir – elle en était sûre, bien qu'elle lui tournait le dos. L'autre personne était debout, à ses côtés, et tenait à présent un objet rouge dans ses mains. Alice se demanda de quoi il pouvait s'agir, mais cette personne se précipita sur la première.


Sa vue se brouilla alors, elle ne sut ce qu'il se passait. Mais très vite, la vue lui revint, et elle espèra qu'elle était sortie de ce cauchemars, mais il n'en était rien.


Les deux personnes étaient à présent debout, côte à côte. Etrangement, Alice sentait un sentiment confus d'espoir l'envahir. De l'autre côté, deux étranges machines évoquant des mollusques métalliques crachaient en continue un jet de lumière qui s'arrêtait à plusieurs mètres de leur groupe. C'est ce qui lui fit réaliser qu'un champ lumineux de couleur verte se trouvait là, face à elle, bloquant cet assaut, déformant les couleurs du ciel - et des cercles.


Une silhouette apparut alors dans le lointain. Volant vers les deux Mollusques, le nouveau venu était vêtu d'une armure tout aussi métallique que ses adversaires, mais de couleur violette. Leur protecteur se jeta sur ses adversaires, et Alice fut frappée par la taille imposante de ses avant-bras, deux énormes gants violets qui se fracassèrent sur un de leurs adversaires. A cet instant, ce n'était plus de l'espoir qu'elle ressentait, mais une très surprenante affection...


Cependant, alors que la cible de ce sauveur tout de violet vêtu continuait de déverser son énergie sur cette bulle d'énergie qui les protégeait tous, le second Mollusque se tourna et projeta une rafale d'énergie qui frappa l'inconnu dans le dos. Sous le choc, celui-ci fut propulsé vers Alice, lui fonçant droit dessus. Un éclair rouge frappa tout le champ de vision d'Alice, qui ressentit une soudaine et violente douleur dans sa poitrine, et poussa un hurlement de douleur qui traversa le voile du sommeil, pour retentir dans toute la pièce dans laquelle elle avait prit place.


- MAMAAAAAAAAAN !

- TA GUEULE !


Alice s'était relevée d'un coup, le coeur battant la chamade, le corps trempé de sueur. Assise, elle regarda autour d'elle. Il y avait six personnes autour d'elle, six squatteurs tout comme elle. Et bien entendu, aucun ne la regardait. Impossible de savoir qui lui avait répondu d'une si désagréable manière. Il y eut un marmonnement quelque part, un gémissement emprunt de sommeil qui surprit Alice. Il y avait donc des gens capable de ne pas se réveiller après le hurlement qu'elle avait poussé ?


L'appartement délabré dans lequel elle avait passé la nuit tombait presque en ruine. Couverts de fissures, les murs laissaient régulièrement échapper de la poussière blanche provenant du platre qui se réduisant en miette à l'intérieur. A terre, de simples matelas accueillaient chacun de ceux qui avaient choisi de dormir ici, Alice compris. Elle regarda le sol, et trouva son masque au pied de sa couche. Elle le reposa sur son visage, et se leva en songeant qu'avec un tel cauchemars, elle aurait bien été capable de balancer sa fumée dans tout l'étage si elle ne s'était pas endormie sans son masque.


Désireuse de retrouver l'air frais du matin, Alice quitta l'appartement délabré et emprunta l'escalier tout aussi vétuste qui la guida jusqu'au rez-de-chaussée, en songeant au constat que chaque jour lui imposait depuis quelques jours : cet endroit était de moins en moins apte à accueillir les squatteurs qui l'occupait. Et les regards méfiants qu'elle croisa encore ce matin-là ne fit que la persuader qu'il était plus que temps de changer d'environnement pour ses nuits.


Si seulement j'avais autre chose que ma combinaison et ma tenue de Super Héroïne...


Alice arriva en bas de l'immeuble abandonné, et apprécia un instant l'air frais, qui acheva de la réveiller. Elle commençait déjà à perdre les images de ce rêve qui l'avait réveillée en sursaut, et se demandait ce qui avait pu le lui inspirer. Elle se souvenait vaguement d'un type avec de gros gants violets...


- Vous n'avez pas l'air très fraiche.


Alice sursauta à ces mots, et découvrit en se tournant une jeune femme coiffée avec un catogan, des lunettes sur le nez. Elle était habillée en tailleur noir et, malgré l'aspect très stricte de sa tenue, elle avait un visage aussi juvénile que son regard était fermé.


- Vous êtes qui ?

- Mon nom est Laurence, et je vous cherchais, Young Liberty.


Alice était surprise que quiconque puisse être parti à sa recherche, elle qui n'avait pourtant rien qui ne rende sa fréquentation d'un intérêt particulier. La voix ferme et vaguement amicale de la nouvelle venue l'incita cependant à l'écouter.


- Vous me cherchiez ? Et pour quelle raison, je vous prie ?

- Je vous propose d'en parler devant des oeufs et du bacon, qu'en dites-vous ?


Alice resta interdite. Cette femme l'invitait à diner ?


- Il n'y a pas de piège, promis. Je vous observe depuis quelques jours, et j'ai pensé que vous aviez besoin d'aide. Vous n'en avez pas marre de diner avec des sandwichs ?


Elle marquait un point, certes. Alice accepta donc l'invitation, non sans une certaine méfiance. Avoir été suivie depuis assez de nuit pour que cette jeune femme sache qu'elle avait prit l'habitude de ne rien manger d'autre que des sandwichs ne lui plaisait pas, ça ressemblait dangereusement à un guet-apens. Cependant, la dénommée Laurence ne la conduisit pas loin, puisqu'elle s'arrêta dans un petit restaurant proche de l'immeuble où Alice avait dormit.


L'endroit était sombre, mais gardait quelque chose d'accueillant. Les tours voisines étaient délabrées, et celle où se trouvait ce restaurant n'était pas non plus de toute première fraicheur, pour reprendre les termes de Laurence envers la jeune justicière. Pourtant, les tables étaient lisses et propres, le comptoir en bois parfaitement entretenu, et la faible lumière qui pénétrait à travers les planches accrochées aux fenêtres donnait une touche d'intimité à ce lieu qui n'était pas pour déplaire à Alice, après ces nuits à dormir dans un squat. Et finalement, l'immeuble semblait en meilleur état que celui dans lequel Alice avait passé ses dernières nuits.


- Alors, pour ces dames, qu'est-ce que ce sera ?


Le serveur était large d'épaule et le visage mal rasé. Il avait cependant un regard bienveillant qui tranchait avec sa tenue défroquée composé d'un jean et d'un haut qui évoquait une tenue de boucher. Il était venu à leur table dès qu'elles s'étaient assises : de toute évidence, il n'était pas prêt à voir sortir le moindre client.


- Deux petits déjeuners, s'il vous plaît. Commanda Laurence ;

- Ca vient.


L'homme s'éloigna, et Alice tourna le regard vers son interlocutrice, dont la générosité ne l'incitait paradoxalement pas à la confiance. On aurait dit qu'elle était calculée, mais c'était peut-être sa méfiance naissante après ces deux semaines de vie dans la rue qui lui donnait cette impression. Ou peut-être ce regard sans la moindre émotion qui se cachait derrière les regards noirs de la jeune femme. Il n'empêche qu'elle n'en était que plus intriguée encore par ce repas improvisé.


- Je vous écoute.


La jeune femme plia ses lunettes, et les posa sur la table, avant de sortir une petite carte de la poche avant de son tailleur. Une carte de visite.


Laurence HORIE

Commerciale Itinérante

Hero Corps


- La Hero Corps ? C'est pas un Super Groupe, ça ?

- Pas vraiment. La Hero Corps est une entreprise à caractère lucratif ayant comme fond de commerce la mise à disposition d'une main d'oeuvre Super Héroïque. Nous participons à diverses missions d'envergures, à la sécurisation des lieux à risques tel que les Crevasses, ou des entreprises qui réclament notre aide. Nous apportons même notre aide aux plus grands Super Groupes, tel que la Freedom Corps.

- Et qu'est-ce que vous voulez de moi, au juste ?

- Je vous ai observée ces derniers jours, Young Liberty. Vous êtes très prometteuse, je vois un grand avenir devant vous. Vous ne pouvez pas continuer à combattre le crime la journée et dormir dans des lieux sordides la nuit, vous méritez mieux ! Et votre nom... vous avez un lien de parenté avec Miss Liberty ?


Alice eut un petit rire. Le regard vide de Laurence s'était emplit d'avidité. Elle commençait à mieux comprendre le but de tout ça. Comprendre le but de cet entretien la rassurait un peu, en vérité. Et avec le mot "lucratif", tout le personnage de Laurence prenait soudain son sens.


- Non, je suis désolé mais je ne suis pas sa fille, ni sa cousine, ni rien de tout ça.


Comme elle s'y attendit, Alice put sans peine lire la déception dans les yeux de son interlocutrice. Mais déjà, elle revenait à la charge.


- Peu importe, je maintiens que vous avez quelque chose en vous qui me plaît. Vraiment. Mais allez-y, dites-moi tout !


Alice était incapable de savoir pourquoi, mais elle lui raconta tout ce qu'elle savait. Elle lui conta son réveil dans une cuve, les événements survenus dans le lieu où elle s'était réveillé, elle lui parla de tout ce qu'elle avait en mémoire. Soit, cette femme n'avait pas le regard de quelqu'un qui porte un véritable intérêt à votre personne, mais se savoir écoutée lui faisait du bien. Autant que les oeufs bacons qu'on lui apporta pendant son récit, sinon plus.


- Votre cheminement n'est pas commun.


Laurence mangeait elle aussi, comme si ce repas était la chose la plus agréable qui lui était arrivée dans sa vie. Alice la trouvait très étrange, indéniablement. Et pourtant, elle ne lui était pas antipathique pour autant. Ou du moins, elle ne l'était plus.


- Alors, que me voulez-vous, finalement ? Vous avez suffisamment tourné autour du pot, non ?

- Je vous propose un poste, Young Liberty. La Hero Corps vous versera un salaire, vous fournira un logement et vous confiera des missions qui vous aideront non seulement à aider votre prochain, mais également à acquérir l'expérience qui vous est nécessaire.


Alice lui avait parlé de tout, y-compris de la possibilité qu'avec de l'entraînement, elle puisse un jour arriver à contrôler sa fumée toxique, peut-être par le biais de son aura de soin.


- Pour ça, il vous suffira de signer un contrat avec nous : vous vous engagerez à travailler sur les missions que nous vous confierons, et d'en remplir chaque mois un certain nombre, dont les éventuels gains nous serons intégralement dû. Qu'en dites-vous ?

- Je ne sais pas. Je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, mais...

- Je comprend, c'est beaucoup et un peu rapide. Ecoutez, je vais vous laisser réfléchir, mais j'ai quand même envie de vous faire un cadeau, pour vous prouver ma bonne foi.


Elle sortit un petit étui de sa poche intérieure, et l'ouvrit. Elle contenait plusieurs petites cartes, vides cette fois-ci, et elle prit un stylo qu'elle utilisa pour griffonner dessus une adresse. Elle se leva finalement, lui remit le carton et lui adressa un sourire.


- Je pense que vous trouverez intéressant une visite à cette adresse. A titre personnel, j'entend. Vous avez souffert, Young Liberty. Beaucoup souffert. Mais je vous assure que cette souffrance n'est pas une fatalité, vous pouvez vous en sortir si vous vous en donnez les moyens. Revenez me voir quand vous vous serez décidée. Quelque soit votre réponse, d'ailleurs : même si vous refusez, je voudrais être sûre que vous allez bien.

- Et comment je vous joins ?

- Vous n'aurez qu'à leur demander de me joindre.


Laurence désigna la table du doigt. Alice baissa les yeux, et son regard se posa sur la première carte que lui avait remit Laurence. Elle observa finalement la jeune femme payer le repas au comptoir, puis quitter les lieux sans un regard en arrière. Alice se retrouvait à présent avec deux cartes, une contenant l'identité de sa nouvelle protectrice auto proclamée, et une seconde qui lui indiquait une adresse qu'elle n'avait jamais vu, mais qui se trouvait à Atlas Park.


Alice poussa un soupire, puis finit son repas. La moindre des choses après son premier vrai repas depuis plus de dix jours, c'était d'accéder à la demande de sa bienfaitrice, et de se rendre dans ce lieu qui lui avait été indiquée. Le repas terminé, elle se leva donc et quitta les lieux non sans avoir salué le tenancier du restaurant.


***


Young Liberty aurait pu se rendre à Atlas Park à pied, mais elle était pressée d'arriver à bon port. Aussi gagna-t-elle le tramway, dont l'utilisation était gratuite pour les Super Héros enregistrés.


Le tramway la déposa non-loin de la mairie. Elle observa le carton sur lequel figurait l'adresse à laquelle Laurence l'avait invitée à se rendre, mais elle ne savait pas du tout où elle se situait. Heureusement, le buste d'Atlas était amplement visible depuis le tramway, et lui indiquait la route à prendre pour se rendre à la mairie. Là-bas, au moins, elle finirait bien par trouver quelqu'un pouvant lui indiquer la route. Ou à défaut, une carte d'Atlas Park.


Elle partit en courant sans précipitation en direction de la vaste statue d'Atlas, longeant la route autant qu'elle le pouvait. Elle croisa quelques voyous qu'elle remit à leurs places, mais ça devenait décevant de tous les voir s'effondrer sous ses coups sans même avoir le temps d'esquisser la moindre défense.


C'en était même navrant. Ils étaient d'une facilité déconcertante à vaincre, mais les rues d'Atlas City restaient infestées de vilains qui n'hésitaient même pas à se promener en plein jour, à la vue de tous. Alice se demandait parfois si elle n'aurait pas aussi bien pu s'arrêter dans une ville dont elle assurerait la défense. Elle pourrait aussi bien se vêtir tout en noir et fondre la nuit sur les voyous, pour transformer leurs nuits de crimes en nuits de terreurs...


Mais non, décidément, elle n'était pas assez dépressive pour accepter de quitter son justaucorps bariolé !


Elle arriva devant la vaste place où se dressait la gigantesque statue du Titan. Devant elle, le bâtiment municipal circulaire au dôme évocateur semblait bien fade à côté de ce majestueux témoignage au Super Héros issu du passé. Elle se laissa aller à la contemplation de cet homme tout en muscles qui tenait la terre entre ses mains.


Son envie de voir l'athlète sous toutes les coutures possibles absorba toute son attention, et elle ne se préoccupait même plus de là où l'emmenait sa marche à l'aveugle, allant et venant sur la place, tantôt s'approchant, tantôt s'éloignant du colosse de pierre. Jusqu'à ce que le hasard de ses pas la firent buter contre un obstacle qu'elle n'avait pas vu.


- Oh, excusez-moi, je...


Alice resta bouche bêe. Devant elle, les cheveux blonds comme le blé voletant au grès du vent, la tenue aux couleurs identiques à celles qu'elle-même arborait, Miss Liberty se tenait droite comme un I, les bras croisés, regardant vers l'horizon.


Incapable de parler, Alice resta interdite devant celle qu'elle venait de heurter de plein fouet, sans oser bouger. C'était tout juste si elle osait encore respirer.


La poisse...


à suivre...


Thomas...

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article