Avengers Evolution - Ep.4
Avengers : Evolution
Saison 1
Episode 4 : Présentation
Il était environ huit heures du matin lorsque deux coups secs réveillèrent Steve Roger. Ouvrant brusquement les yeux, il fut heureux de voir qu'aucune lumière n'entrait dans la chambre pour l'éblouir. Il se leva, et se dirigea vers la porte d'entrée de sa petite chambre meublée, surpris de voir la présentation de la toute première Super-Equipe officielle Américaine commencer si tôt.
Il ouvrit la porte, mais c'est le visage amical du Docteur Pym qui l'accueillit en lieu et place de celui de Nick Fury. Steve resta interdit, dévisageant son ami. Il n'osait pas parler, et Henry lui épargna tout dilemme en prenant la parole le premier.
- Steve, la présentation n'aura pas lieu avant ce soir... j'aimerais vraiment que tu assistes aux tests officiels de mon propre projet Super-Soldat.
- Ton propre projet ? Tu l'as fait tout seul ?
- Pas du tout, nous y travaillions ensemble avec Banner, avant... enfin, les calculs étaient terminés, il ne restait que quelques tests à effectuer, et du matériel à concevoir. C'est désormais chose faite. Alors ?
Henry le regardait avec une avidité nullement dissimulée. Incapable de lui avouer son envie de retourner au lit, ou au moins de prendre un petit déjeuner, Steve se contenta de lui rendre son sourire.
- Bien sûr, Hank. Je ne manquerais ça pour rien au monde. Si tu permets que je m'habille...
- Bien sûr, bien sûr !
Steve referma la porte, attrapa un jean et s'habilla rapidement. Il intima le silence à son estomac qui criait famille, puis sortit enfin dans le couloir, prêt à suivre son ami.
- Alors, on va où ? Dans ton labo ?
- Oui, je l'ai équipé pour ça. Tu vas voir, je suis persuadé que ça va être un succès.
Steve suivit donc Hank jusqu'à son laboratoire. Il ne savait pas trop quoi dire pendant ce trajet désormais habituel, il s'arrêta donc sur la première chose qui lui passa par la tête.
- Il y a beaucoup de gens qui t'appellent Henry ?
- Non, presque tout le monde se contente du diminutif officiel, Hank. Il n'y a guère que sur ma carte d'identité que le nom est encore utilisé. Bon, nous y voilà.
Et heureusement, car cette conversation avait très rapidement montré ses limites. Hank poussa la porte de son laboratoire, et Steve resta sans voix devant le nouvel intérieur. Rien de fondamentalement extraordinaire, les changements tenaient finalement plus du rangement qu'autre chose. Il n'en demeurait pas moins que malgré le temps qu'il passait à travailler seul sur son projet de Super-Soldat, il avait quand même trouvé le temps de déplacer l'ensemble de l'établi contre le mur près de la porte d'entrée, et repousser le désormais seul et unique bureau du laboratoire vers le fond, contre la paroi transparente dissimulant la chambre anti-radiation.
Et au centre, un groupe de chercheurs, reconnaissables à leurs longues tenues blanches, discutaient ensemble sans s'apercevoir du retour du Docteur Pym. Steve jeta un oeil vers ce dernier, dont les yeux étaient perdus au loin. Suivant son regard, il tomba sur un fourmi en tenue militaire et à l'allure athlétique, qui attendait dans le coin du laboratoire, assis sur une chaise.
- Hank, pourquoi ces quelques changements ?
- J'avais besoin d'espace pour la démonstration. Viens, avant de commencer, je vais te présenter.
Hank entraîna Steve jusqu'à cet inconnu, qui se leva en apercevant Hank. Il s'arrêta à leur hauteur.
- Hank, je te présente Scott Lang. Scott, voici Steve Roger, alias Captain America.
- Enchanté, Captain.
- Appelez-moi donc Steve. Et vous êtes...?
Il tourna le regard vers Hank, interrogatif. celui-ci lui rendit un regard surpris, comme si la réponse à cette question était plus qu'évidente.
- C'est mon Super-Soldat !
Surpris, Steve dévisagea le jeune homme. Aussi blond que lui-même l'était, habillé d'une tenue militaire d'une façon relativement débraillée, il n'imaginait pas possible que ce jeune homme soit passé par l'armée.
- Scott Lang m'a été recommandé par le Colonel Fury. Ancien militaire reconverti dans l'électronique, on lui a proposé de reprendre du service dans le cadre de mon projet. Il va être grassement payé pour ça !
- Vous allez être payé pour faire partie de notre Super Equipe ? S'étonna Steve ;
- Oui, pourquoi ? Lança Scott, railleur ; Pas vous ?
Steve resta interdit. Il y avait quelque chose de froid dans le regard de son interlocuteur. Il ne pouvait pas croire qu'il ne soit qu'un simple civil.
- Vous êtes un ancien militaire ?
- J'ai servi une année pendant la Guerre du Golf. Je suis resté sur le sol américain, puis je suis retourné à la vie civile. Vos supérieurs ont dû voir quelque chose en moi qui leur a plu, puisqu'ils sont venus me déloger de mon confortable poste d'électrotechnicien. J'étais pas trop mal payé. Ils ont doublé mon salaire, j'ai signé.
Steve ricanait intérieurement. Pour le convaincre de devenir le chef de cette Super Equipe, Nick Fury lui avait rappelé son esprit patriotique. Il lui avait donné l'espoir de se battre pour des valeurs nobles. Et pour recruter celui-ci, il avait... fait un gros chèque ?
- Bien, à nous. Trancha d'une voix forte le Docteur Pym, soudain mal à l'aise ; Messieurs...
Les quatre personnes qui étaient là, puisque Steve avait eut le temps de les compter, se tournèrent vers Hank. Il s'avança vers eux, et ils formèrent un cercle autour de lui pour l'écouter.
- Si vous êtes là, c'est qu'à un stade ou un autre, vos travaux ont été utiles pour la réalisation de ce projet. Et aujourd'hui, vous êtes tous là pour avoir un aperçu des résultats donnés par votre labeur. Ca, ainsi que le fait que Nick Fury soit occupé ailleurs, et que votre expertise lui sera utile pour avoir la preuve officielle que mon Super-Soldat est prêt. Bref, passons à la pratique !
Scott Lang s'avança au milieu du cercle, et attendit. Hank Pym, quant à lui, disposa un long bâton sur le sol au bord du cercle formé par les spectateurs, avant de se tourner vers Scott.
- Bien, allez-y.
Scott leva alors sa chemise, et dévoila une ceinture de couleur jaune. Celle-ci était cernée de petites poches, et le rond central était pourvu de ce qui ressemblait à deux interrupteurs. Il finit ensuite de retirer sa chemise, et ce fut cette fois toute une combinaison jaune qui apparut, ornée en son centre d'un cercle noire dont dépassait trois pointes, dessinant vaguement une forme en Y.
- La ceinture que vous voyez permet de dispenser de petites capsules. Des rouges, des bleues. Pour résumer, les rouges font office de mise en marche, les bleus de mise à l'arrêt. L'effet de ces pilules se produit dans tous le corps, provoque une forte suée, qui va servir à dégager un gaz à proximité immédiate de l'utilisateur, je parle de quelques centimètres uniquement. La combinaison que vous voyez est conçue dans un tissu synthétique conçue pour ne pas dépasser cette limite, c'est pourquoi elle moule autant le corps de notre Super-Soldat.
Tandis que Pym expliquait, Scott avait entièrement ôté ses habits, et n'était plus revêtu que par cette combinaison jaune et rouge, qui aurait pu paraître ridicule aux yeux de Steve s'il n'était pas lui-même couramment vêtu d'une combinaison tricolore. Dernière touche, Scott Lang avait été chercher ce casque que Steve avait vu la veille, et que Hank lui avait présenté comme étant un "moyen de communication".
- Mais quels effets ont ces pilules, au juste ? Demanda une jeune brune ;
- Je vais y venir. Le casque que vous voyez nous permettra de conserver le contact avec le sujet pendant l'expérience. (Il s'adressa alors à ce dernier) Allez-y, Scott !
Après un acquiescement, Scott se baissa et posa un petit boîtier sur le sol. Il se redressa ensuite, et pressa la touche droite de la ceinture. Il en retira une petite capsule rouge, mais Steve fut bien incapable de dire d'où elle était sortie. L'homme prit ladite capsule et la plaça dans sa bouche, puis l'avala, tandis qu'il fermait le harnais de son casque sous son menton.
Steve crut un instant que rien ne se passait. Puis, peu à peu, des gouttes de sueur apparurent sur le visage de Scott. Aussitôt, Steve eut l'impression qu'il diminuait légèrement de taille. Puis soudain, le doute ne fut plus permis. Le corps de Scott diminuait à vue d'oeil et, chose étrange, le costume qu'il portait diminuait lui aussi de taille ! Bientôt, il ne resta rien de Scott.
Il y eut un silence pesant dans la pièce. Personne ne disait rien, mais la même impression régnait : ils avaient tous l'impression d'avoir vu mourir Scott sous leurs yeux, bien qu'il n'en resta rien, pas même un tas de cendre. Puis un crépitement se fit entendre dans les hauts-parleurs, ceux-là même que Nick Fury avait utilisé quelques jours plus tôt pour communiquer avec un Bruce Banner enfermé dans la salle anti-radiation.
- Ici Lang. Tout va bien, je passe à la phase deux.
- Entendu, Scott.
Steve remarqua seulement à cet instant que le Docteur Pym tenait un boîtier dans sa main, qui évoquait vaguement un talkie-walkie. Il se tourna alors vers un autre boîtier, celui que Scott avait posé à terre avant de disparaître. Il le reconnaissait enfin : c'est celui que Pym lui avait montré après qu'il ait visionné la vidéo de l'année 2006, tandis qu'ils attendaient ensemble Nick Fury.
Il comprit enfin à quoi servait l'appareil. Posé sur le sol, il vit soudain deux petites lames sortir sur les côtés, puis le boîtier s'éleva à quelques centimètres du sol. Et à nouveau, la voix de Scott s'éleva dans le laboratoire.
- Ici Lang, je me dirige vers le bâton pour exécution de la phase deux.
- Bien reçu, Lang. Vous faites beaucoup d'effets à nos invités avec votre véhicule !
Steve regarda les autres spectateurs, et remarqua que tous regardaient le petit véhicule volant. Personne n'osait s'avouer ce que suggérait cette scène : Scott Lang était-il véritablement à l'intérieur de ce véhicule ?
Steve remarqua alors un des chercheurs qui, bien qu'étant tout aussi fasciné que les autres par ce spectacle, était moins inactif que ses compagnons. Il s'agissait de cette même jeune femme qui avait posé cette question à propos des effets des pilules. Et, aussi attentive soit-elle, elle avait également son oreille de collée à son téléphone.
- Nick, c'est extraordinaire... souffla-t-elle ; Vous devriez vraiment venir.
Elle ne parla plus, puis finit par couper le téléphone. Le Docteur Pym se tourna vers elle, et l'interrogea.
- Le Colonel Fury va-t-il se joindre à nous ?
- A son grand regret, non. Il finit de préparer la présentation.
- Ici Lang, prêt pour la phase deux.
- Allez-y Scott.
Steve reporta son attention sur l'expérience en cours, et nota que le véhicule miniature était revenu à terre. Et cette fois, sous ses yeux plus ébahis encore, c'est le bâton qui se redressa seul, comme si quelque invisible main la tenait depuis la base. Laquelle base, cependant, touchait le sol.
- Fantastique... souffla un des chercheurs ;
Le long bâton retourna à terre, et Scott parla à nouveau via les haut-parleurs.
- Ici Lang, fin de la phase deux. Je reste prêt du bâton, demande feu vert pour phase trois.
- Que tout le monde s'écarte plus encore du bâton, s'il vous plaît.
Le bâton avait été posé aux pieds d'un chercheurs, aussi recula-t-il de deux pas, ainsi que ses deux voisins.
- Lang, allez-y.
Un courte seconde s'écoula, puis la silhouette miniature de Scott apparut au pied du bâton, grandissant de plus en plus, pour finalement reprendre sa taille initiale. Ce fut alors un tonnerre d'applaudissements qui retentirent, et qui ne put que redoubler après que le Docteur Pym, dans un élan d'euphorie, se soit exclamé :
- Mesdames et Messieurs... voici l'Homme fourmi !
***
Hank Pym riait avec joie à la table de Steve, deux bonnes heures après la présentation privée de l'Homme fourmi. Lui n'était pas resté pour assister aux congratulations générales faites à Hank, et il était retourné s'allonger dans sa chambre. Et voici vingt minutes, Hank était venu à nouveau le voir, et lui proposer d'aller prendre leur petit déjeuner ensemble. De toute manière, Steve n'avait pas trouvé le sommeil.
- Nick Fury m'a passé un coup de téléphone pour me féliciter ! Expliquait-il entre deux bouchées de pain ; Son témoin l'a assuré du succès total de l'opération, il a été ravi de voir que mon Super Soldat était fin prêt.
- J'ai été très impressionné, moi aussi.
Il était sincère. C'est même ce qui l'avait empêché de trouver le sommeil : il revoyait sans cesse les images de Scott Lang, de cet "Homme fourmi", qui rétrécissait à vue d'oeil sous leur regard ébahis. Il avait senti son coeur se serrer devant cet incroyable phénomène, et arrivait un peu mieux à cerner la difficulté qu'avait dû rencontrer le Docteur Pym dans ces particules.
- Mais que contiennent les pilules ?
- Un produit de mon invention : la Particule Pym !
Steve sourit à l'évocation de ce nom. Il l'avait déjà déduit à la lecture des quelques documents qu'il avait trouvé lors d'une de ses visites dans le laboratoire de son ami, et il ne le trouvait soudain plus si présomptueux. Donner son nom à son invention, lorsqu'elle est aussi révolutionnaire, n'était-ce pas d'une certainement manière la logique même ? Comme les astronomes qui bêtisaient les étoiles et planètes qu'ils découvraient...
- C'est donc la sueur qui provoque le rétrécissement, c'est ça ?
- Je vois que tu as tout suivi !
A vrai dire, il n'avait pas été aussi attentif au début de la présentation qu'à partir du moment où Scott Lang avait avalé sa pilule. Après tout, il était à peine réveillé depuis dix minutes, et les explications scientifiques n'étaient pas sa préférence. Il enfourna une tartine beurrée dans sa bouche pour dissimuler sa gène, puis posa une autre question, qui l'avait turlupiné.
- Mais, et le casque ? Tu as dit que la combinaison ne dépassait pas la surface d'effet de la sueur...
- C'est plus compliqué que ça. Le coupa Hank ; Cette sueur sécrétée après avoir prit la pilule est spéciale, elle s'évapore immédiatement au contact de l'air. Ce gaz rétrécissant, qui est donc sécrété par le corps sous l'influence de la Particule Pym, se dissout très vite dans l'air - heureusement, sinon tout ce qui entrerait en contact avec se mettrait à rétrécir !
- D'accord, mais le casque, il finit bien au-dessus de la tête, non ? Comment peut-il subir l'effet de ce... gaz rétrécissant ?
- C'est simple, en réalité. Ce gaz qui est donc sécrété est plus léger que l'air. Lorsque le corps le sécrète, il va donc s'élever. Sur la quantité de gaz qui est sécrétée, il y en a donc suffisamment qui n'est pas encore dispersé lorsqu'il arrivé en haut du casque. Tu te doutes qu'il n'y a pas la même quantité de gaz au bas des pieds et en haut du casque ! Dans la zone de la tête, c'est le gaz provenant de l'intégralité du corps que l'on trouve ! Le dosage a été très difficile, pour réussir à miniaturiser une personne, sans que ça rétrécisse tout ce qui l'entoure, ou tout ce qui se trouve au-dessus de lui !
Steve avala la fin de son repas, et s'adossa à sa chaise.
- En tout cas, tu t'en est vraiment bien sorti. Est-ce que Scott va rejoindre notre équipe ?
- Il a été recruté pour ça, oui. Et tu l'as sans doute compris, sous le nom de code...
- ...de l'Homme fourmi.
Il l'avait déjà entendu prononcer ce nom, ce n'était pas un scoop. Ni même la présence de Scott dans l'équipe, même si ça le mettait un peu mal à l'aise. Après tout, il ne le connaissait pas, et la première impression qu'il avait eut n'était pas des meilleures. Mais il pouvait bien entendu se tromper...
- Et le nom de notre équipe, est-ce que tu la connais ? Je doute que ce soit les "X-Men Gouvernementaux", pour citer la jeune femme qui tient la bourse de Nick.
- La bourse de...?
Sous la surprise, Hank laissa tomber sur la table la tasse de café heureusement vide. Par miracle, elle ne se brisa pas, mais Hank n'y prêta pas attention, et dévisagea Steve avec surprise. Celui-ci lui rendit son regard étonné, et précisa d'un air faussement outré :
- La femme qui a accru le budget du Projet Renaissance ! A quoi est-ce que tu penses ?
Hank éclata de rire, et remit sa tasse dans sa soucoupe, avant de pousser son plateau sur le côté, et à son tour de s'adosser longuement sur sa chaise.
- Je sais pas quel nom vous allez porter. Nous parlons avant tout d'une armée. Il s'agira sans doute de... je sais pas, Equipe 1, Equipe X... je sais pas, quelque chose de plus ou moins anonyme, non ?
Steve haussa les épaules. Il ne savait pas quoi répondre, il préféra donc se taire. Hank était un chic type, mais lui commençait à ressentir un certain besoin de solitude, dans ce complexe où il n'avait jamais vraiment d'intimité.
- Et Nick ? Où est-il ?
- Toujours occupé ça et là. J'imagine qu'il supervise un quelconque Super Projet quelque part.
- Sans doute. Tu sais ce que je regrette le plus, au cours de ces dernières années ?
- Non, dis-moi ?
- De n'avoir pas pu voir l'évolution de la technologie, l'apparition du CD, du DVD, tout ça...
- L'influence grandissante de la télévision, la politique spectacle, tout ça...
Ils échangèrent un rire. Steve n'avait rien vécu de tout ça, mais il en avait apprit une grande part par les documentaires qui, peut-être à bon escient, lui avaient été imposés.
- J'ai peut-être quelque chose qui pourrait vous plaire. Un coffret DVD d'une série télé qui a commencé dans les années 60, et qui a eut beaucoup de succès pendant les 6 à 10 années qui ont suivit. Vous venez ?
Docile, Steve se leva et suivit son ami jusqu'à son laboratoire. Il se demanda s'il avait une vrai chambre pour dormir, mais s'abstint de poser la question. Arrivé dans le laboratoire, le Docteur Pym le laissa à l'entrée, alla droit sur bureau et en retira un boîtier, avant de revenir sur ses pas afin de le remettre à Steve.
- Cadeau ! Ca t'occupera dans tes moments d'inoccupation. Je suis désolé de ne rien avoir de plus récent, mais ça te donnera un aperçu de ce à quoi ressemblait le monde dans les années 60, non ?
Steve prit le boîtier, et l'observa avec intérêt. Un "coffret" orange ornées d'épais cercles jaunes, affichant deux personnes dont l'une avait tout l'air d'être anglais, et qui semblaient tout deux être tiré d'une oeuvre en noir et blanc mise en couleur pour les besoins de ce coffret. Et au-dessus des deux personnages, un titre : "CHAPEAU MELON ET BOTTES DE CUIR"
- C'est du Français ce titre, non ?
- Oui, je l'ai acheté là-bas il y a quelques temps, mais ne t'inquiète pas, les lecteurs DVD de nos chambres sont multizones.
Steve en fut ravi, bien qu'il ne savait pas ce que c'était que cette histoire de multizone.
- C'est des histoires... comment décrire ça ? Grosso modo, c'est policier, mais avec une bonne louche d'humour britannique. Le titre original est The Avengers. Ne me demande pas pourquoi les français l'ont changé !
Steve remercia son ami, et prit cette fois congé de lui. Pym n'avait pas tenté de se joindre à lui, et cela le surprenait. Il supposa qu'il avait d'autres choses à préparer pour la présentation officielle des Xmen Gouvernementaux !
Arrivé dans sa chambre, il se retrouva devant sa télévision, surmontant un appareil qu'il supposa être un lecteur DVD. Il ouvrit le boîtier, et vit pour la première fois en vrai ce qu'il avait déjà vu dans les documentaires : des disques argentés, dont une face présentait une image de l'oeuvre y figurant.
- Mais comment ça marche, au fait ?
Il lui fallut prêt de dix minutes pour réussir à ôter le premier disque. Il n'osait pas tirer trop fort, ayant peur de le briser, mais le bougre était atrocement bien accroché à l'armature en plastique de son emballage. Lorsqu'il réussit enfin à le retirer, il le posa sur la petite table face à lui, glissa ses jambes en-dessous, alluma la télévision, puis observa le lecteur DVD.
Il trouva facilement le bouton pour allumer le lecteur, puis celui pour l'ouvrir. Un tiroir sortit de la gueule béante de l'appareil, et il fut ravit de voir que ça n'avait rien de compliqué : il posa le disque dans le cercle au centre du tiroir, puis poussa vigoureusement celui-ci. Le mécanisme protesta avec vigueur devant tant de brutalité, mais le disque commença.
Un menu apparut alors sur l'écran, et cette fois, la tâche se compliqua grandement. Divers menus était apparut sur l'écran dont un magnifique "Lecture" qui contenta grandement Steve. Mais lorsqu'il posa le doigt sur l'écran pour faire son choix, rien ne se produisit.
- Et crotte !
Finalement, Steve trouva le moyen de valider son choix par les quelques touches sur la façade du lecteur, et la série télévisée commença enfin. Voilà au moins une bonne heure qu'il passa devant la télévision sans soupirer devant la bêtise humaine, comme ça avait le cas durant dix jours de documentaires.
***
- RHODES !!
Le hurlement de Tony Stark se répercuta en écho dans tout le hangar mis à disposition du projet Iron sur lequel travaillait toute l'équipe de Tony Stark depuis plusieurs semaines. Bien évidemment, la totalité du projet n'avait pas été réalisée à bord de l'Hélioporteur. Cela faisait quelques années que le Colonel Fury avait alloué une partie du projet Renaissance au financement du projet Iron, et si les derniers mois s'étaient avérés difficiles, Tony Stark avait gardé confiance, et gardé au chaud ce projet, prêt à le relancer dès que les finances du Shield seraient plus favorable.
Jamais il n'aurait pensé qu'au moment du dégel des finances, on lui demanderait de fournir des résultats en un mois. Mais Anthony était un homme de défi, c'est devant les plus hautes difficultés qu'il se révélait le plus brillant.
- QUE L'ON AILLE ME CHERCHER RHODES IMMEDIATEMENT !
Le hangar n'avait pas beaucoup changé au cours des dernières semaines. Les caissons métalliques, renfermant matériaux et matériels informatiques, étaient toujours disséminés ça et là, comme d'étranges pylônes de métal donnant un air un peu surréaliste à ce lieu.
Tony Stark était toujours dans le fond du hangar, dissimulé aux yeux d'un éventuel nouvel entrant par le grand nombre de caissons qui séparaient l'entrée de la zone de rangement du projet Iron. Tony, penché sur un établi en métal, soudait diverses plaques de métal sur un épais gant métallique de couleur dorée, bien plus imposant que celui qu'il avait testé quelques semaines plus tôt. Devant lui, le résultat du projet sur lequel il travaillait était dissimulé sous un long drap blanc.
- Tony Stark ?
Tony se tourna vers la voix infantile qui venait de l'interpeller. Un jeune homme au regard placide, aux cheveux en désordre et qui portait une veste blanche de façon débraillée venait d'apparaître de derrière le caisson métallique le plus proche. Son visage était vaguement familier aux yeux de Tony, mais il n'arrivait pas à mettre un nom dessus.
- Et vous êtes...?
- Bruce Banner, projet Pym/Banner. Le Colonel Fury m'a demandé de venir voir où vous en êtes. La présentation des Super Soldat a déjà commencé.
- Je sais, je... (Tony jeta un bref regard sur la table où trônait le gant métallique) Dites-lui que l'on arrive. On passe toujours en dernier ?
- Je ne sais pas, désolé. Je sais que je suis le prochain, c'est tout.
- Bien, allez-y.
Le fougueux jeune homme se précipita hors du hangars, et Tony Stark se retrouva seul face à cette armure, les nombreux assistants qui lui avaient été octroyés pour achever le Projet Iron n'osant plus venir le voir.
- James, où es-tu, bon sang ?
C'est alors que retentit une sonnerie provenant du téléphone posée sur l'établi, près du gant métallique sur lequel travaillait Tony.
- Tony Stark à l'appareil, qui est...
Il ne termina pas sa phrase. Et en entendant son interlocuteur, sa mine s'assombrit. Quelques instants passèrent, puis il coupa la communication sans mot dire.
Bruce Banner courrait comme un perdu à travers les couloirs de l'Hélioporteur. Nick Fury lui avait demandé rapidité et discrétion, et c'était d'autant plus difficile au vu de la distance qui séparait les deux lieux. Et encore, la situation aurait pu être pire : au moins, il n'avait pas besoin de changer d'étage.
Quelques minutes plus tard, il arriva devant la porte de cette pièce qui avait été réquisitionnée, selon Nick Fury lui-même, afin de servir de salle d'audition, presque un tribunal, de la part de ceux qui étaient désormais chargés de juger les performances des premiers Super Soldats du Shield.
Il pénétra discrètement dans la pièce, et son premier réflexe fut de jeter un oeil vers les trois personnes en question. Ils n'avaient heureusement pas remarqué son arrivée, occupé qu'ils étaient à observer un batte de baseball qui tenaient toute seule debout. Sur sa gauche, Bruce pouvait voir un épais caisson de métal, identique à ceux se trouvant dans le hangars de Tony Stark, et esquissa un sourire. Il se précipita finalement vers Nick, qui se tenait près de l'entrée, en compagnie de Captain America.
- Alors ? Souffla Nick ; Il arrive ?
- Il a dit que c'était bon, enfin... il a pas été très précis, mais a demandé s'il passait toujours dernier... je crois qu'il a l'intention d'arriver pile au bon moment.
Nick bougonna sans vraiment commenter cette réponse qui, cependant, ne lui convenait absolument pas.
- Ca va être à vous. Lança Nick Fury ;
- D'accord.
Nick lui jeta un oeil en coin, de son unique oeil valide.
- Et surtout, prenez votre temps.
- Très impressionnant ! S'exclama la jeune femme au loin, en regardant l'Homme fourmi reprendre sa taille normale ; Mais comment pouvez-vous soulever la batte une fois rapeticé ? Je veux dire... à cette échelle, ça doit peser des tonnes !
- Tout est relatif, madame. Répondit le docteur Pym, qui se détacha d'un groupe de chercheurs qui étaient assis sur des chaises contre le mur ; Il faut comprendre que ce n'est plus la force physique qui compte, à cette échelle. Peut-être est-ce un effet secondaire du produit inhallé, ou bien est-ce une nouvelle loi de la physique à analyser, mais il semble qu'une grande partie de la masse du noyau de chaque atome sur lequel s'effectue le changement de taille est convertie en particules énergétiques qui gravitent autour du noyau restant. De ce fait, la masse du volume initial restant identique, la force du sujet reste la même qu'à sa taille initiale. Cependant, cette découverte présente ses limites : très peu de possibilité de faire appel à la force centrifuge, notammant. Qu'il n'espère pas jeter cette batte au loin, même en la faisant tourner aussi vite qu'il pourra ! D'ailleurs, il s'envolerait avec la batte bien avant de l'avoir lâchée !
Le trio de juges se mirent à rire, puis prirent quelques notes.
- Cependant, avoir un mini-soldat, même avec une force humaine, à quoi cela nous servira-t-il ?
- Les applications sont diverses, Miss Hendrick. Intervint alors Nick Fury ; Espionnage, mission de repérage... le fait qu'il conserve sa force normale permet de manoeuvrer des verrous, actionner un ordinateur... tout ça à taille réduite.
Miss Hendrick ne semblait pas vraiment convaincue, et c'était peu de le dire.
- Certe, c'est une vrai avancée en terme de progrès scientifique, je ne le nie pas, mais... c'est un Super Soldat que j'avais demandé, pas un Super Espion !
Bruce sentit Nick qui fulminait silencieusement de rage à ses côtés. Cette... Miss Hendrick ne le laissa pas intervenir, puisqu'elle invita Scott Lang, alias l'Homme fourmi, à retourner auprès du Colonel Fury.
- Ensuite ?
Bruce adressa un regard au Colonel, qui lui intima de s'avancer.
- Voici à présent le Projet Banner. Commença Nick Fury ; Avec l'aide du Docteur Pym, le Docteur Banner ici présent a testé un nouveau procédé dérivé du projet Renaissance, visant à développer ses capacités physique au niveau de Captain America. Le résultat a été plutôt convainquant.
Banner s'avança près d'eux, et retira sa blouse blanche, qu'il posa sur le sol. Sa chemise et son pantalon les suivirent, tout ça sous le regard critique de Miss Hendrick qui ne détourna pas les yeux un seul instant. Finalement, Bruce Banner se retrouva seulement vêtu d'un shorty dans une matière proche du cuir, et leur adressa un sourire.
- Est-ce que ce jeune garçon n'est pas un peu jeune pour... aaAAAH !
Bruce venait d'enfler d'un seul coup sous leurs yeux, se transformant en une créature à la peau et aux cheveux verts, couverte d'une musculature imposante. Le shorty, cependant, s'était étiré le long de sa nouvelle morphologie comme une seconde peau, et restait intact.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Hurla Miss Hendrick, de colère autant que d'effroi ; Je vous ai donné l'autorisation de créer des Super Soldats, pas des monstres !!
- N'AYEZ PAS PEUR, MISS HENDRICK.
La voix de Banner avait maintenant prit une voix grave et imposante, comme si ses cordes vocales elles-même avait mûté dans la transformation.
- LA TRANSFORMATION EFFECTUEE SUR MA MUSCULATURE N'AFFECTE EN RIEN MON INTELLECT. JE POURRAIS DEVANT VOUS RESOUDRE UNE EQUATION A DOUZE INCONNUE, MAIS QUELQUE CHOSE ME DIT QUE CE N'EST PAS CA QUI VOUS INTERESSE.
Nick esquissa un sourire, ravi de voir que les choses se passaient impeccablement pour le Projet Banner. Une jeune femme s'approcha alors, et lui tendit un téléphone. Il le prit, et se désintéressa un instant de la présentation qui avait lieu sous leurs yeux.
La créature verte, quant à elle, s'approcha de l'imposant caisson métallique, qui restait plus grand que lui mais semblait cependant être moins large.
- CE CAISSON EST VIDE MAIS EST ENTIEREMENT CONCUE DANS UN ALLIAGE CONCU POUR RESISTER A UNE PRESSION DE 5 TONNES SANS SOURCILLER.
(la suite dans le premier commentaire...)