Avengers Evolution - Ep.3
Avengers : Evolution
Saison 1
Episode 3 : Les temps modernes
Après l' "incident Banner", il passa trois jours pendant lesquels Steve ne vit plus Nick Fury. Les seules nouvelles qu'il avait provenait d'un Henry Pym déprimé, paraissant au bord de la dépression, après ce qu'il voyait presque comme une tentative de suicide ratée par son jeune protégé.
Aux yeux de Steve, c'était plus que cela, pourtant. C'était plutôt un besoin de reconnaissance, selon lui, qui l'avait poussé à s'enfermer dans son propre laboratoire, et se soumettre à sa propre expérience. Mais finalement, contre toute attente, celle-ci semblait avoir été un véritable succès.
- D'après mes dernières informations, il est toujours sous surveillance dans une autre aile du bâtiment. Ils lui font faire des tests, des tests assez poussés, pour mesurer sa force et sa faculté de changement. Il se prête à tout les tests, et n'a eut qu'une seule exigence : il veut choisir son nom de code. Fury a accepté, mais a mit son veto contre le "Géant Vert".
- Banner fera donc réellement parti de l'équipe, alors ?
Le Docteur Pym prit la tasse de café devant lui, la porta à sa bouche et en but une gorgée. Steve s'appuya sur le dossier de sa chaise, et parcourut les alentours du regards. La secrétariat faisait partie de ces rares endroits où il avait le droit de se rendre en attendant d'avoir terminé le visionnage des vidéos qui lui étaient présentées quotidiennement depuis une dizaine de jours. Depuis son réveil.
- Il semble bien que oui. Répondit finalement son interlocuteur ; Nick ne semble pas souhaiter que l'expérience soit tenté sur quelqu'un d'autre que Bruce.
- Nick aurait donc une conscience ? Première nouvelle. Et qu'est-ce qui lui donne plus de remord que lorsqu'il vous a donné le feu vert pour les expérimentations animale ?
- Le sérum. La version modifiée du sérum qui t'a été donnée, couplée à une irradiation massive aux rayons Gamma.
- C'est ce qui a transformé Banner, je sais oui, et alors ?
- Reproduire tout ça une seconde fois coûterait des millions de Dollars. Chaque version de ce sérum est unique, et certaines variantes sur laquelle je travaille n'ont d'ailleurs plus grand chose en commun avec le produit qu'ils vous injectent dans les veines pour corriger votre métabolisme.
Steve baissa les yeux sur son bras gauche, où un pansement avait été disposée après la seconde piqûre. Il ne connaissait pas ce médecin qui avait été chargé de lui inoculer ce traitement, et c'était seulement la seconde fois qu'il le voyait depuis son réveil, chaque fois pour recevoir une injection.
- Banner va donc faire parti de notre équipe pour faire faire des économies à Fury. Reprit-il en reportant à nouveau son attention vers son ami ;
- Pour le moment, du moins. Une fois qu'on aura eut la rallonge budgétaire, j'imagine qu'il pourra lancer le recrutement de véritables militaires à qui il donnera à nouveau ce sérum.
- Mais... Banner pourra-t-il redevenir normal ?
La question venait de le frapper. Si quelqu'un était chargé plus tard de remplacer Bruce Banner, allait-il seulement pouvoir regagner la vie civile ?
- Je ne sais pas. Il regagnera mon laboratoire, et nous serons sans doute chargés de trouver un antidote, ou quelque chose comme ça.
Steve poussa un soupire, prit la tasse de café brûlante devant lui et l'avala d'une traite. Il ne savait pas que penser de cette future équipe, mais il était persuadé qu'un simple chercheur, un vulgaire gamin, qui plus est, n'y avait pas sa place. Cependant, sous sa forme "Géant Vert", Banner pouvait-il encore être considéré comme un gamin ?
- Bon. Conclut-il ; Ce n'est pas tout ça, mais j'ai encore un reportage à regarder, moi.
- Quelle année ?
- J'ai regardé l'introduction avant de venir prendre un café, l'année 1999 m'attend de pied ferme.
- Vous vous rapprochez, Steve !
- Je ne pourrais pas m'éloigner.
Steve quitta la place, et le Docteur Henry Pym poussa un soupire las. C'était agréable d'avoir une conversation avec quelqu'un d'autre que Bruce Banner, mais il avait encore du travail. Et ce n'était pas plus mal, d'ailleurs : on lui avait apprit le matin même que Banner ne reviendrait pas le voir.
De toute façon, le projet Banner était désormais terminé. Hank pouvait donc se consacrer à son propre projet, celui de la Particule Pym. Il prit la tasse de café devant lui, souffla pour la refroidir un peu, puis but le reste sans se brûler. Et tandis qu'il se levait pour regagner son laboratoire, il se demanda comment Steve avait pu le boire cul sec alors qu'il était encore brûlant. La manipulation génétique dont il avait fait l'objet avait des propriétés insoupçonnées, mais Hank avait l'espoir un peu fou que se soient ses propres travaux sur le sérum qui ait apporté à Steve une si haute résistance au chaud.
Après avoir quitté le salle de restauration, le Docteur Pym traversa l'aile ouest de l'Hélioporteur, longea l'ensemble des cabines servant de chambres au personnel, et dont l'une des dernières avait été allouée à Captain America, puis vira à droite pour regagner le couloir de l'aile est où se trouvait. Il prit un dernier virage, en se demandant à quoi pouvaient correspondre les sons qu'il avait entendu dans la chambre de Steve, et gagna son laboratoire au fond.
Lorsqu'il se retrouva dans son laboratoire, le calme le frappa avec une soudaineté qu'il n'aurait pu soupçonner. Soudain, le jeune Bruce Banner avait déserté les lieux. Désormais, il faisait cavalier seul. Il alluma la lumière, et ce fut un second choc : toutes les affaires de Bruce avait disparue. Plus de cages à rats mutants, plus de caissons métalliques aux contenus inavouables, ni même de bureau posé contre le mur et recouvert de papiers où l'écriture de Bruce s'étalait.
Les lieux étaient désormais bien vide. Seul le local dans le fond, aux parois doublées d'adamantium et de plomb pour résister aux radiations Gamma, était resté tel quel et témoignait des travaux qu'avait effectué son jeune collègue en sa compagnie. Hank secoua la tête, et chassa ces pensées parasites qui l'assaillaient. L'heure n'était pas à la nostalgie.
- L'heure est au travail.
Son bureau à lui était resté en l'état. Les mêmes documents sur son bureau, tout aussi encombré que l'avait été celui de Banner. Il avait finalement plus de place pour se consacrer à ses recherches, et Dieu sait qu'elles avaient fait des bonds prodigieux en avant.
Hank s'approcha d'une armoire fermée par un imposant cadenas, et utilisa la clef qu'il conservait en permanence sur lui pour l'ouvrir. A l'intérieur se trouvait un amas de fils électriques de toutes les couleurs, rejoignant une masse métallique évoquant vaguement un casque.
- Allons, viens ici, toi. Lança-t-il à son invention, sans pour autant espérer une réponse ; Mon bébé, je n'en ai pas encore terminé avec toi.
Il prit l'assemblage dans ses bras, et se précipita vers un établi dans le fond, entre ce qui aurait dû être deux épais caissons métallique et qui ne cachait désormais plus rien que du vide. Il s'en accommoda fort bien, et laissa tomber à terre les fils qui sortaient du casque partiellement achevé, puis attrapa un tabouret où il prit place, chalumeau en main, et entama un long et difficile travail de soudure.
***
Steve Roger poussa un juron en sentant sa langue lui brûler. Qu'est-ce qui lui avait prit d'avaler un café brûlant d'une traite ? Il avait tellement eut peur de paraître ridicule devant son ami qu'il s'était précipité dans sa chambre en prétextant vouloir regarder les vidéos qui allaient lui être diffusé.
Bien lui en avait prit. Il commençait à craindre les informations qui allaient lui être dévoilées dans ces documentaires, mais la plupart de l'année 1999 avait été récapitulé au cours des premières minutes, et la suite n'était qu'une succession de clip vidéos de groupes d'un genre musical nommé le "Hip-Hop". Steve n'appréciait pas du tout cette découverte, mais elle avait eu le mérite de cacher ses gémissement de douleur lors des dix minutes où celle-ci avait été la plus vive.
La suite du reportage n'était que musiques et fesses qui se tortillaient. Steve ne pouvait nier l'attrait certain de ces jeunes femmes qui s'exhibaient dans les clips vidéos, mais il ne voyait pas bien quel rapport elles avaient avec les messages véhiculés dans ces chansons - et lorsqu'il avait réussi à les écouter, certaines de ces chansons l'avait surpris par le sens profond de leurs messages, ce qui n'excusait en rien le son et l'image qu'ils offraient.
Steve en avait déduit qu'ils étaient au début du vingt-et-unième siècle. Sans ça, pourquoi donc lui proposer tant de détails sur la culture américaine actuelle ? Car après la musique, il y eut également la littérature, bien que très survolée, et le cinéma.
Puis les véritables informations reprirent. Cette fois-ci, pas de guerre ou de famine. Cette fois-ci, le document relatait l'apparition de nouvelles formes de vies, que certains nommaient les "Mutants" et d'autres, les "Homo-Superiors". Steve apprit tout de ces êtres étranges aux pouvoirs surhumains, et comprit tout de l'importance de cette équipe que Nick Fury réunissait. Il apprit les Xmen. Il apprit 2002. Il apprit Magnéto, et sa confrérie. Il apprit Apocalypse, et la terreur qui s'était abattue sur le monde. Il vit Logan, et vit le peu qu'on savait du la fin des Xmen : un nuage de poussière, des Mutants alliés et ennemi faisant fronts communs pour y entrer. Puis un nuage se dissiper, et personne n'en revenir.
Il vit 2005, puis 2006.
Et finalement, il vit la fin du reportage. Et ces derniers mots qui s'étaient affiché sur l'écran, juste avant l'interruption.
"Aujourd'hui."
2006.
Steve eut donc la réponse à sa question. Il avait passé près de soixante ans dans son caisson de cryogénisation. Il resta un long moment allongé sur son lit, plongé dans ses pensées, dans le silence de sa chambre, seulement interrompu par le vrombissement des moteurs qu'il sentait tout autour de lui, laissant planer dans l'atmosphère un léger son à peine audible.
Steve se leva, éteignit l'écran de télévision, puis se dirigea vers la porte qui menait vers le couloir. Il s'attendait à y voir Nick Fury l'accueillir, puisqu'il avait désormais rattrapé leur époque en terme d'information. Il regarda autour de lui, chercha une présence, et tomba sur un hublot. Il songea alors qu'il n'avait rien vu qui permette de dire que des avancés technologiques puisse permettre un tel espace et une telle... hygiène de vie dans un sous-marin.
- Bon sang, qu'est-ce que ça veut dire ?
Steve se demanda alors ce qu'on lui avait caché, quelle pièce du puzzle il lui manquait pour tout comprendre. Ou alors il avait mal vu, il s'était trompé de date ? Il poussa un juron, et se dirigea vers sa gauche, suivant la route qui le mena jusqu'au laboratoire du Docteur Pym.
Lorsqu'il avança devant la porte, il prêta à peine attention au nom "Docteur Pym" qui était désormais seul, et entra. Tout comme Hank Pym, il fut extrêmement surpris par le vide qui régnait dans le laboratoire. Il n'eut pas à chercher son ami du regard : il était seul, assis devant une table au fond de la pièce. Posée sur sa table, un épais casque brillait de mille feux, reflétant la flamme du chalumeau que Hank tenait entre ses mains.
La flamme s'interrompit alors, et Hank releva vers Steve un regard caché derrière d'épaisses lunettes aux verres noirs. Il découvrit son regard, et un sourire s'afficha sur le visage du chercheur.
- Steve, c'est toi ? J'ai vu une forme dans le reflet du casque, je me demandais qui venait me voir. Il désigna le casque devant lui, avant de se reprendre ; Tu n'es pas sensé voir ça, n'est-ce pas ?
- Tout dépend de ce que tu vas me répondre. Nous sommes en 2006 ?
Hank le dévisagea avec surprise, retira ses lunettes qu'il posa sur la table, et eut un grand sourire.
- Captain America, bienvenu au XXIème siècle. Oui, nous sommes en 2006. Alors, ça te fait quoi d'être si vieux ?
Steve eut un sourire, mais son ami n'avait rien enlevé de son malaise.
- J'espèrais trouver Nick Fury.
- Ah, ça, je peux t'y aider.
Il s'éloigna de la table, et revint vers son autre bureau, celui couvert de feuilles. Il en déplaça quelques unes, prit un combiné téléphonique, et appuya sur quatre touches avant de le porter à son oreille.
- Oui, bonjour, ici le Docteur Pym. Pouvez-vous dire au Colonel Fury que Steve Roger le demande ? Il a fini le reportage, et a semble-t-il beaucoup de questions à lui poser !
Il reposa le téléphone, et se tourna vers Steve.
- Eh bien voilà, il va arriver.
Il y eut alors un silence gêné. Steve s'avança, et observa le casque posé sur la table.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Eh bien... Hank était mal à l'aise, partagé entre la question de savoir s'il avait le droit de répondre à cette interrogation, et l'envie brûlante de se vanter de ses exploits.
Il choisit une solution transversale.
- Pour résumer, c'est un moyen de communication. Nous travaillons désormais ici à un autre Super Soldat, puisque le projet Banner a plus ou moins abouti. Mais il y a d'autres gadgets !
Il prit un petit appareil dans l'armoire qui se trouvait à côté du bureau. A distance, Steve reconnut quelque chose de proche d'une télécommande, mais beaucoup plus petit.
- Voilà, c'est... je peux pas vous le dire, mais...
Il hésita un instant...
- On devrait quand même attendre Nick Fury.
Steve acquiesça. Il était inutile d'insister alors que de toute évidence, le Docteur Pym ne tenait pas à s'attirer les foudres du Colonel. Steve eut un léger sourire en pensant aux hurlements qu'il aurait poussé s'il avait apprit que Pym avait laissé ainsi à la vue de tous les documents sur cette "Particule Pym". Quoi que ce n'était finalement qu'un nom qui n'en disait pas beaucoup sur son but.
Les deux amis se contentèrent donc d'attendre l'arrivée de leur supérieur. Hank s'était replongé dans l'étude de son casque, tentant de lisser les jointures entre diverses parties métalliques qu'il avait soudées ensembles, vraisemblablement pour lui donner un aspect plus uniforme. Steve, quant à lui, errait dans le laboratoire en observant les meubles qui s'y trouvaient encore, c'est à dire plus grand chose. Deux armoires, dont une était encore verrouillée. Un établi sur lequel Hank était à nouveau penché, son bureau encombré de documents prétendument secrets.
Nick Fury arriva finalement, alors que Steve avait plongé le regard dans la partie du laboratoire fermée hermétiquement, et dans laquelle Banner s'était enfermé quelques jours plus tôt. Steve se détourna de la vitre blindée, et se dirigea vers Nick Fury, qui les regardait d'un air sérieux, visiblement préoccupé.
- On ne m'avait pas informé que le reportage vous faisait terminer votre rattrapage aujourd'hui, Steve, je vous prie de m'excuser.
- Je vous en prie, Colonel. Vous m'avez l'air occupé.
- Rien de grave, je suis juste très occupé par nos multiples Super Soldat en production. Alors, des commentaires sur la vidéo ? Pouvez-vous me donner la date, au moins ?
- 2006. Des questions, oui. J'en ai plusieurs, mais je suis surtout très surpris du manque d'information à propos de ce sous-marin, et des améliorations qui permettent de le rendre si vaste. Je veux dire, je ne l'ai pas véritablement visité, loin s'en faut, mais rien que la présence d'ascenseurs...
Pour la première fois, Nick eut un large sourire et sembla se détendre.
- Suivez-moi.
Son regard s'attarda sur Pym.
- Nous vous laissons. Vous aurez votre cobaye demain. Pas d'expérience sur vous-même, bien entendu ?
- Ca va pas, non ? Je suis pas suici... (il s'interrompit, gêné, puis reprit) Non, ne vous inquiétez pas.
Nick Fury quitta la pièce, et Steve le rejoignit, adressant un geste amical de la main à Pym avant de quitter son laboratoire. Ainsi, lui aussi avait besoin d'un cobaye ? Cela laissait entendre que ses propres recherches avançaient à une vitesse relativement bonne.
- 2006, alors ? Lança Steve ; J'ai beaucoup apprit en dix jours, vous savez. Etrangement, j'ai l'impression d'en savoir moins sur les dix dernières années que sur les cinquante qui les ont précédé.
- C'est logique. Rétorqua Fury avec un automatisme presque surréaliste ; Pendant que vous étiez endormi, nous collections les données, puisque ce projet de documentaires a été décidé de longue date. Mais ces dernières années, nous avons eut moins de temps... moins d'occasions...
- Je vois...
Steve ne réagit pas, mais quelque chose lui semblait étrange. Comme si Fury s'était attendu à cette remarque. Il ressentait un malaise qu'il n'aurait su expliquer. C'était un peu comme cette impression étrange de Déjà-Vu qu'il ressentait en parcourant les longs couloirs à travers lesquels le guidaient Nick. Même les ascenseurs lui semblaient familiers.
- Il faut que vous compreniez une chose, Steve. Lança-t-il ; Les informations que vous avez eu à propos de ces dernières sont les informations officielles. Nous n'avons décris que les inventions et innovations technologiques accessibles au grand public.
- Comme les voitures, le haut-débit ou Internet, c'est ça ?
- Exactement.
- Ce qui sous-entend qu'une partie de cette technologie a été dissimulée au grand public ?
- Pour une question de sécurité nationale, effectivement. Il faut que nous nous protégions, Steve, mais également nos concitoyens... ne pas attirer la convoitises. Garder un Joker en cas d'imprévus !
Ils étaient arrivés dans un des ascenseurs disséminés à travers le bâtiment. Cette fois-ci, Steve vit Nick se diriger vers un écran de contrôle où il vit plusieurs touches, et appuyer sur la dernière, correspondant semblait-il au troisième étage. La fois précédente, il n'avait pas fait attention à ce détail, mais il y avait effectivement trois étages. Le premier, où se trouvait le tribunal où Nick lui avait demandé son soutien pour défendre le projet Renaissance - Jamais il n'oublierait ce nom. Le second, avec le Laboratoire de Pym et son propre appartement. Et la cafétéria. Et autres... et celui-ci.
- Où allons-nous ? Demanda Steve, intrigué devant cet étage qui ressemblait beaucoup aux deux autres.
Mêmes murs noirs, ornés parfois d'un logo du Shield évoquant un volatile de type aigle ou autres rapaces. Les couloirs étaient nombreux, semblaient apparaître au hasard, ou au bon vouloir de l'architecte des lieux, et il y avait plusieurs ascenseurs ça et là - il ne les avait pas comptés. Nick avançait d'un pas assuré, et à vue de nez, Steve se localisait dans les alentours de l'aile est de cet étage.
- Tu le sauras en temps utile. Lui répondit Fury ;
- Comment avance la constitution de l'équipe ?
- Vraiment bien, en fait. Le projet Iron avance à grand pas, Pym va entamer les expériences humaines, et...
- Eh !
Steve venait de s'arrêter devant une porte entrouverte où il venait de découvrir sa caverne d'Ali Baba. Il poussa la porte plus encore, et admira les multiples machines qui s'y trouvaient : tapis de courses, altères et autres se répartissait l'espace d'une majestueuse salle de gym.
- Non, Steve, pas maintenant !
- C'est quoi, ça ? Je pourrais venir ? Pourquoi je n'ai pas encore eut le droit de...
- Plus tard, Steve ! Assura le Colonel ; J'attendais que tu aies les accréditations nécessaires pour te présenter cette salle de sport. Allons, viens avec moi, nous sommes arrivés !
Ce n'était pas tout à fait vrai. Ils n'avaient parcouru que la moitié du couloir, mais leur destination se trouvait effectivement au bout de celui-ci. Steve avait repéré les lieux dès qu'ils avaient quitté la porte menant à la salle de sport : une porte visiblement blindée, devant laquelle deux hommes faisaient les pieds de grues.
- Bonjour, Colonel.
Nick leur rendit leur salut militaire, et Steve les imita à son tour. Il finissait presque par oublier qu'il restait un militaire, dans un bâtiment appartenant aux militaires. La porte s'ouvrit finalement, et Steve suivit Nick à l'intérieur.
Chose étrange, un ascenseur se trouvait à l'entrée de la pièce dans laquelle ils venaient d'entrer. Une pièce assez vaste, en forme de demi-lune, et dont la partie face à l'entrée était réhaussée, comme une estrade. Autour de lui, Steve pouvait voir de nombreuses étagères remplis d'armes : fusils, revolver, grenades, et d'autres encore que Steve ne reconnut pas.
- Où on est, là ?
- Salle d'armement, salle de débarquement d'urgence.
Steve dévisagea Nick, incrédule.
- Débarquement ? Mais comment diable est-ce que...
Il s'interrompit en pleine phrase, et se tourna vers l'ascenseur.
- Jusqu'où descend cet ascenseur ? Il y a de petits véhicules aquatiques, et on les rejoints par l'ascenseur, c'est ça ?
Nick Fury se mit à rire à gorge déployé, et invita Steve à le suivre.
- Tu es totalement dans l'erreur, mon pauvre Steve. Viens, je vais te montrer l'information capitale qu'il te manque. Tiens, prend ça.
Steve prit le casque que Nick lui montrait, un casque qui ressemblait à ceux qu'il avait vu dans les reportages sur les hélicoptères, puis monta sur l'espace en hauteur qu'il avait vu en arrivant, et lança un regard courroucé à Nick, qui se raillait ouvertement de lui.
- Si vous me cachez tout et n'importe quoi, comment puis-je deviner ? Ca fait près de deux semaines que je suis enfermé dans un sous-marin, on ne me dit rien sur la raison de ma présence en pleine mer, on me donne des informations à la télévision qui sont incomplètes de votre propre aveux...
- Steve, Steve...
Il y eut alors un bruit métallique au-dessus d'eux. Steve leva les yeux si vite qu'il sentit son cou craquer, et redouta vaguement un torticolis au cours du reste de sa journée. Mais au final, il chassa vite ce doute fugace pour regarder le trait de lumière qui se dessinait sur le plafond, tandis qu'un fort courant d'air qui n'avait rien de marin s'engouffrait dans la pièce.
- Steve, quand t'ai-je dit que nous étions dans un sous-marin ?
Le trait de lumière s'élargit tandis que la coque qui les protégeait de l'extérieur s'ouvrait de plus en plus, et Steve constata que la force du vent ne faisait que s'amplifier. Un nouveau son métallique se fit entendre, et cette partie du sol qui lui avait fait penser à une estrade s'éleva lentement. Steve se tourna vers Nick, stupéfait, et le vit qui l'observait avec un air mêlant amusement et satisfaction.
Steve leva à nouveau les yeux, et vit le demi-cercle métallique en mouvement achever de s'ouvrir, tandis que la plate forme sur laquelle Nick Fury et lui se trouvaient dépassait l'ouverture, pour stopper son ascension. A présent, ladite plate forme était terminée de hautes grilles, visiblement là pour empêcher une mauvaise chute, et il pouvait voir au-dessus de lui un ciel bleu et radieux. Autour de lui, le plat parfait du sol lui évoquait presque...
- On appelle ça la Terrasse ! Lança Fury ; Mais je ne te conseille pas de venir prendre ton petit déjeuner ici.
Steve ne répondit pas. Il s'avança vers le bord de la plate forme, s'appuya sur la grille métallique et jeta un oeil vers le bas. Loin vers le bas, il pouvait effectivement voir la mer, mais ce moyen de déplacement dans lequel il s'était réveillé se trouvait à plusieurs kilomètres au-dessus.
- D'habitude, on vole bien plus haut que ça. Nota Nick ; Nous nous trouvons aux environs de l'Océan Atlantiques, j'ai demandé de voler bas pour pouvoir te montrer ça. Tu sais ce que l'on dit, n'est-ce pas ? Des actes valent mieux que des mots !
Steve était sans voix. Il se retourna, ses cheveux balayés par le vent puissant qui régnait au-dehors, et c'est alors qu'il les vit. Deux énormes tubes métalliques dressés vers le ciel, d'où provenait tout ce vent qui le bousculait depuis l'ouverture du toit. Steve fit mine de porter la main à son casque, mais Nick l'interrompit.
- Je ne te le conseille pas.
Steve baissa les bras, et se laissa aller à la vision de ces deux monstrueux amas métalliques qui portaient le vaisseau dans lequel il se trouvait, et derrières lesquelles il devinait la présence de deux jumelles. Il prenait à présent toute la mesure de la différence technologique entre l'officiel et ce qu'utilisait véritablement le Shield. Dans ces conditions, il comprenait que c'était à cette organisation qu'avait été confiée la conception des Super Soldat.
- Allons, Steve, redescendons. Je crois que vous vouliez visiter la salle de sport, non ?
A nouveau, Steve ne répondit pas. Il restait là, les bras ballant, admirant ces colonnes métalliques sans plus pouvoir rien dire, ni même réagir. Il lui fallut un long moment avant de pouvoir détourner son regard, et ce ne fut que parce que la plate forme avait entamé sa descente sans lui demander son avis.
***
Ce bâtiment se nommait donc l'Hélioporteur. Même dans ses rêves les plus fous, jamais Steve n'aurait pu imaginer un tel appareil. Même à présent, malgré tous les hublots qui avaient été rouverts, il avait peine à croire qu'il se trouvait véritablement dans une base volante, comme l'avait appelé Shield à quelques reprises, et il n'était pas rare qu'il aille se planter devant un hublot pour observer le monde extérieur.
Puis il s'y était fait. Lui-même s'étonnait toujours de la capacité de l'être humain à s'adapter à toutes les situations. Une semaine après avoir appris la vérité sur ce qu'il avait si naïvement prit pour un sous-marin, il n'y pensait déjà plus. Il avait fait également connaissance avec la salle de sport, et les militaires qui l'occupaient autant que lui, et il avait vite vaincu les quelques timides railleries à propos de cette histoire de sous-marin lorsqu'il avait fait la démonstration de sa manipulation de toutes sortes d'armes de défense au corps à corps. Mais malgré les supplications, il avait refusé de montrer son bouclier. Le bouclier de Captain America n'était pas conçu pour jouer, il mettait un point d'honneur à leur rappeler lorsqu'il le fallait.
Il n'avait pas perdu le contact avec le Docteur Pym, mais ne le voyait qu'aux heures de repas. Les deux seules fois où il avait voulu lui rendre visite dans son laboratoire, le Docteur Pym avait eu l'air si occupé, et en même temps si emballé par son projet, qu'il n'avait pas osé l'interrompre. Les deux fois, Hank ne l'avait même pas remarqué !
Les semaines s'écoulèrent. Steve sentait toujours le vrombissement des moteurs, mais il savait maintenant que cela provenait des immenses turbines qui portait leur base. Sa télévision avait totalement cessé d'émettre et, s'il ne s'en portait pas plus mal, il fallait bien avouer qu'il avait néanmoins perdu une importante part de ses activités depuis son réveil, qu'il avait cependant reporté avec beaucoup de succès sur son entretien physique.
Près d'un mois s'était écoulé depuis son réveil lorsqu'on lui annonça sa troisième injection. Il se rendit dans la petite salle d'infirmerie qui se trouvait face au laboratoire du Docteur Pym, où l'attendait ce médecin inconnu qu'il ne voyait qu'à ces moments-là, accompagné de Nick Fury.
- Alors, comment ça se passe ? Lança le Colonel Fury ; Tu te fais à ta nouvelle vie ?
- Ca va. J'imagine que vous allez me dire que votre mois pour réunir notre équipe est terminée ?
- Tu as tout compris. Le rendez-vous a lieu demain, je viendrai te chercher pour la présentation de notre nouvelle équipe. Stressé ?
- Pas vraiment. Ils me connaissent déjà, ce sont les autres membres qu'ils vont jugés. Où auront lieu les essais ? Dans la salle de tribunal ?
- Non, certains essais risquent d'être bruyant... nous allons faire ça dans le local du Projet Iron ! Il aura été vidé, d'ici-là.
- Le Projet Iron ? Vous m'en avez déjà parlé, non ? C'est quoi, au juste ?
- Demain, Steve... demain !
Sur ces mots, Nick prit congé de lui et laissa le médecin lui faire son injection. Steve observa cet inconnu qui gardait un regard impassible, et sentit à nouveau cet étrange malaise, cette impression de Déjà-Vu qui le prenait parfois.
- Vous allez bien ? Demanda l'homme ;
- Oui, merci. Je vais aller me reposer. Demain, une dure journée m'attend, n'est-ce pas ?
À suivre...