Bonjour. Désolé pour ces 6 mois de délais entre le précédent épisode et celui-ci, mais l'inspiration devient
difficile par moment, sans parler du planning. Mais rassurez-vous, je finirai cette saison de 13 épisodes ;) Mieux : les premiers épisodes de la Saisons 2 sont déjà "pensés" (mais pas écris,
révez- pas non-plus^^)
Avengers : Evolution
Saison 1
Épisode 11 : Duel
Sur l'île qui leur servait désormais de refuge, Nick Fury et le reste de la troupe qui avait réussi à échapper à la destruction totale de l'Hélioporteur avaient organisé les lieux pour tenir un siège quelques temps. Au vue des circonstances, Fury trouvait même qu'ils ne s'en tiraient pas si mal. L'hélicoptère qui les avait amené jusqu'à ce petit rocher contenait quelques vivres et des tentes, ce qui promettait de leur être bien utile.
Les vivres étaient peu nombreuses, en fait. Elles étaient prévues pour quatre personnes, et ils étaient plus du double réunis sur ce rocher large d'à peine une centaine de mètres. Même en rationnant, ils ne pourraient pas faire plus de trois repas chacun. Au pire, si chacun mangeait un repas tous les trois jours, ils en avaient donc assez pour un peu plus d'une semaine. Plus qu'il n'en fallait pour tenir jusqu'à l'arrivée des renforts.
Les tentes, elles, étaient plus nombreuses. Le plus dur avaient été de les installer sur ce sol étonnamment dur pour un lieu aussi étroit qu'humide. Pourtant, vu la taille de leur ilot, le sol aurait dû être en permanence imbibé de l'eau de l'océan qui les entouraient. Mais si les abords immédiats de cette petite île étaient dans un état presque marécageuse, ce n'était pas le cas du reste de l'île. En fait, si leur hélicoptère n'avaient pas prit un bon quart de l'espace disponible, ils auraient même été plutôt bien installé. Mais ils avaient déjà de la chance de pouvoir se répartir dans les quatre larges tentes installées là, et chacun auraient un abris si leur séjour devaient s'éterniser.
Human Tank était dorénavant leur seul lien avec l'extérieur. La radio de l'hélicoptère était trop éloigné de tout relais pour émettre, mais l'armure que Stark avait conçu était reliée à son propre satellite, lui-même aligné sur divers autres. Du coup, s'il n'y avait pas eut le problème de la capacité énergétique de l'armure, ils auraient presque pu rester en ligne en permanence avec le QG le plus proche. Au lieu de quoi il devait se contenter d'appels périodiques.
- Colonel Fury ?
Assis à bord de l'hélicoptère, le colonel avait demandé de ne pas être dérangé, sauf en cas d'urgence. Il coula donc un regard dur vers l'infortuné soldat chargé de venir le tirer de ses pensées.
- Human Tank est en liaison avec la base, on nous signale que le navire de guerre dérobé par Gene Kahn est à mi-chemin du trajet qui le sépare de la Chine, et qu'il est en train d'accélérer.
- Forcément, ce genre de bâtiment doit avoir besoin d'un certain temps pour retrouver toute son efficacité. A quelle point accélère-t-il ?
- Il lui faudra sans doute moins de trois heures pour arriver à la frontière Chinoise.
- Et le projet Iron, où en est Stark ?
- Il approche de la fin, mais il ne sera pas sur place avant quatre heures.
- Eh bien dites-lui d'accélérer. Le voir arriver après le film ne m'intéresse pas, j'ai besoin de lui maintenant.
Le soldat ne savait pas quoi répondre, aussi tourna-t-il les talons pour aller transmettre la missive. Le Colonel Fury était songeur. Il allait devoir abattre sa dernière carte, s'il espérait pouvoir laisser à son équipe de secours, menée par la version finale de Human Tank, le temps de les rejoindre.
Il porta donc la main à son oreillette gauche, et actionna son communicateur.
- Je vais avoir besoin de distraire Gene Kahn. Faites le plus de bruit possible.
***
- Combien de temps s'est-il écoulé ? Demanda Goliath
Le temps semblait ne plus avoir de prise sur les membres des Vengeurs prisonniers du Mandarin. Chacun neutralisé par un processus adapté à leurs capacités, ils étaient tous trois cantonnés dans leur cellule, impuissants.
- Je ne sais pas. Répondit simplement Captain America. Ce que je sais, c'est que nous n'avons plus revu le Mandarin depuis qu'il nous a dit que nous partions pour la Chine.
- J'ai toujours eut horreur des nems.
Captain America esquissa un sourire, et jeta un œil vers Ronin. Les mains en croix sur son ventre, le Super Soldat n'avait plus dit un mot depuis un long moment. Captain America se demanda s'il cherchait toujours un moyen de s'échapper. A en juger par sa tunique, Ronin semblait une sorte de ninja, quoi qu'il semblait plus ou moins avoir des mains explosives. Mais dans son attirail de ninja, n'avait-il pas quelque chose lui permettant de se libérer de ses liens ?
Ronin eut alors un sursaut. Captain America se demanda s'il s'était senti observer, mais le Super Soldat ne lui concéda pas un regard.
- Le plus de bruit possible, entendu. Ca doit pouvoir s'arranger.
Ronin venait de s'exprimer à voix haute, comme s'il répondait à quelqu'un. Pourtant, aucun d'entre eux ne lui avait adressé la parole depuis la visite du Mandarin. Captain réalisa alors que ce n'était pas la première fois que cela arrivait. A plusieurs reprises, Ronin avait parlé auparavant de cette façon, à voix haute et distincte, et il avait attribué ça à son statut de militaire.
Il réalisait à présent qu'il en était tout autre. Depuis le début, il ne leur avait pas parlé à eux, mais à la voix qu'il entendait dans son oreillette. Contrairement à Captain America, Ronin avait un costume qui avait su résister aux tentatives du Mandarin de le lui ôter. Du coup, il avait conservé ce moyen de communication.
- Ronin, que vas-tu faire ?
Il avait compris tout ça en un instant, mais ne pouvait pas le partager avec Goliath. Car il comprenait à présent la raison pour laquelle il n'avait pas dit un mot sur cette liaison avec l'extérieur qu'il avait conservé. Dans cette pièce, rien ne semblait prévu pour les filmer à leur insu, les murs étaient trop lisses pour y dissimuler tel appareil. Mais un micro pouvait se trouver n'importe où, y-compris sur leur propre vêtement.
- Ne t'en fais pas pour moi.
Captain America pensait être arrivé au bout de ses surprises, mais il n'en était rien. Il vit les mains de Ronin prit d'un léger tremblement, tandis qu'une légère lueur irradiait du masque de leur compagnon, derrière le bandeau qui lui cachait les yeuxc ce bandeau qui avait été placé là pour l'aveugler.
Un instant, il crut que Ronin allait faire exploser son propre corps, mais il n'en fut rien : au lieu de ça, ses mains se libérèrent de leurs entraves, les traversant sans rencontrer la moindre résistance. L'instant d'après, c'était tout le corps de Ronin qui était prit d'un léger tremblement, avant qu'il ne se lève en traversant les derniers liens qui lui enserraient poignets et chevilles comme un passe-muraille.
Ronin se dirigea vers Goliath, et prit en main son imposant casque. Goliath ne pipait mot, à la fois sidéré et un peu effrayé par les agissements de son étrange compagnon.
A nouveau, les mains de Ronin furent pris d'un léger tremblement, lequel se propagea doucement jusqu'au casque qui menaçait de transpercer leur compagnon s'il cherchait à modifier sa taille. Puis, doucement, Ronin retira le casque en le faisant à son tour traverser le crâne de Goliath comme si ce n'était qu'une sorte d'hologramme, avant de poser à terre l'objet aux allures cauchemardesques.
Il se baissa alors, et revint vers Captain America dont il défit les liens, avant de se tourner vers la grille qui les séparés de l'extérieur.
- Fury a besoin d'une diversion. Je pars devant.
L'information était lâchée. Si micro il y avait, alors Gene Kahn était désormais au courant que Ronin était en liaison avec Nick Fury, et que ses prisonniers avaient sans doute retrouvé la liberté. Captain America se tourna vers Goliath pour lui ôter ses liens à son tour, tandis que Ronin traversait à présent les barreaux de leur cellule.
- En sortant, éloignez-vous. Je me charge de Triptide.
Goliath se leva enfin, et s'avança vers les barreaux. Ronin avait déjà disparut, sans même prendre la peine de les libérer de leur prison. Goliath s'approcha donc de l'obstacle qui les séparait du couloir et, après avoir accru sa taille, les empoigna avant de les écarter pour de bon d'un geste puissant.
- Bien, il a dit qu'il se chargeait de Triptide. Mais nous, qu'est-ce qu'on fait ?
- Ca me semble évident, pourtant. On va voir ce salopard de Mandarin, il va me rendre mon bouclier, et ensuite, je compte bien le lui faire bouffer.
D'un regard entendu, les deux Vengeurs prirent le chemin menant au poste de commande du vaisseau. Cette fois, aussi rapide soit-il, Triptide ne risquait plus de les prendre par surprise. Et pour en être certain, Goliath resta en taille accrue pour être paré au combat.
De son côté, Ronin se dirigeait vers l'arrière du bâtiment. Il se doutait que Captain America allait vouloir récupérer son bien, et il comptait bien lui en offrir l'opportunité. Pour ça, il allait devoir tirer parti de l'information qu'il avait dévoilé dans leur cellule. A n'en pas douter, Triptide et le Mandarin n'allait pas le laisser libre de ses mouvements alors qu'ils savaient à présent qu'il était en liaison avec Fury, aussi s'éloignait-il de la destination de ses compagnons peur leur laisser les coudées franches.
Les couloirs se ressemblaient tous. Désormais, tout les murs du vaisseau irradiait de cette lueur étrange qui donnait au lieu toute sa luminosité. Ronin songea que Fury aurait vendu ses parents pour pouvoir étudier cette technologie.
- Où crois-tu aller comme ça ? S'exclama alors une voix porteuse d'un fort accent ;
- Te voilà enfin, Triptide ? J'avais hâte de me mesurer à toi... pourquoi n'apparais-tu pas devant moi, aurais-tu peur ?
Ronin ne chercha même pas à se retourner. Il savait que Triptide ne l'attaquerait pas. Et quand bien même, il était désormais paré à toute attaque en super-vitesse. De toute manière, une telle attaque était peu plausible, et il en eut confirmation lorsque Triptide apparut devant lui, rejoignant son couloir depuis un autre qui le croisait quelques mètres devant.
- Voilà ma proposition. Murmura Triptide ; Tu retires ton costume, tu me remets ton communicateur et je te laisse retourner dans ta cellule sans te faire de mal. J'ignore comment tu as fait pour en sortir, mais c'est bien là le plus grand exploit qui était à ta portée, crois-moi.
- Voici MA proposition. Rétorqua Ronin avec calme, tout en appuyant sa voix ; Tu trouves une fenêtre, une porte ou ce que tu veux. Tu l'ouvres, et tu sautes. Parce que si tu trouves entre le Mandarin et moi lorsque mes compagnons et moi partirons à sa poursuite, je doute que tu survives assez longtemps pour le regretter.
Triptide esquissa un sourire. Ses poings étaient serrés, ses bras tendus. Tout dans sa posture indiquait qu'il était lui aussi prêt à parer tout assaut soudain. D'instinct, Ronin sentait qu'il ne pourrait pas le prendre par surprise.
- Le Mandarin... aucun d'entre vous n'arrivera jusqu'à lui. A l'instant où mon attaque commencera, tu seras vaincu, et deux de mes doubles partiront intercepter tes deux compagnons. Tu pensais vraiment que je te laisserai me retenir pour les laisser agir comme bon leur semblerait ?
- Ce serait une erreur. Vous ne serez pas trop de trois pour m'affronter, crois-moi.
- Tu es sérieux ? Ricana Triptide ; Tu penses véritablement pouvoir m'affronter à toi seul ?
- A toi d'en juger.
Triptide serra un peu plus les poings. Le cuir de ses gants émit un léger grincement.
- Bien, alors voyons ça immédiatement.
Soudain, le corps de Triptide devint légèrement flou. L'instant suivant, trois Triptides se tenaient au même endroit, deux en position de course prêt à passer de part et d'autres de Ronin, tandis que le dernier ne faisait que marcher vers son adversaire.
Ronin leva les deux bras, et les deux Triptide qui s'apprêtait à le dépasser les heurtèrent de plein fouet. Une légère surprise passa sur le Triptide encore debout, tandis que les deux Triptides neutralisés tombait à terre. Mais à peine eurent-ils touchés le sol qu'ils commençaient déjà à se relever à une vitesse extraordinaire.
L'un des Triptides se préparait déjà à attaquer Ronin, tandis que le second à se relever entamait une volte face pour prendre un chemin détourné menant jusqu'au Mandarin. Même en plein combat, il gardait en tête sa mission de protection.
Ronin élança alors ses mains vers les trois Triptide. Un léger reflet doré irradia de sous son masque, suivit d'un léger tremblement au niveau de ses bras. Une violente bourrasque se leva alors, fouettant le couloir avec une telle force que les trois Triptide se trouvèrent simultanément propulsés en arrière. Ils heurtèrent le sol, glissèrent longuement en arrière. Et tandis qu'ils glissaient en arrière, les trois silhouettes se regroupèrent en un seul.
- J'en étais sûr. Lança Ronin ; Ta capacité de Bolide et celle qui triple ta présence sont liés. Si tu reste immobile, ou du moins si ta super vitesse est interrompue, tu te réunifies. Et quand tu es unifié, tu n'es plus un bolide. C'est pour ça que lorsque tu m'as attaqué la première fois, juste avant de sombrer dans l'inconscience, je t'ai vu pris de tremblements : tu étais obligé de faire un micro-mouvement à super vitesse, pour ne pas te réunifier. Mais dis-moi, si j'immobilise tes trois doubles à trois endroits différents du vaisseau, que se passera-t-il alors ?
Le regard plein de rage, Triptide se relevait lentement. Il essuya une perle de sang qui menaçait de s'écouler du coin de sa bouche, et se redressa sur ses deux pieds.
- Comment as-tu pu en apprendre tant ? En si peu de temps ? Ce n'est pas possible, jamais personne n'a été capable de comprendre ma capacité avec une telle précision aussi rapidement...
Il esquissa finalement un sourire.
- Peu importe. Tu as réussi à m'avoir une fois avec ta capacité à faire du vent, mais tu ne m'y reprendras plus. Tu ne peux pas avoir une infinie de facultés cachées ainsi, et au final tu ne pourras pas m'arrêter. Nous sommes trois, nous sommes super rapide, et nous avons un couloir juste à côté de nous.
Son corps se troubla soudain, et deux Triptides se jetèrent sur Ronin tandis le troisième disparaissait dans ledit couloir, qui se trouvait précisément là où la bourrasque de vent l'avait fait glissé.
A super-vitesse, les deux Triptides restant se précipitaient vers Ronin, mais celui-ci se détourna d'eux et, accompagnée d'une légère lueur dorée au niveau de son masque, son corps traversa le mur qui se trouvait à sa droite.
Un instant désarçonnés, les deux Triptides partirent chacun dans deux directions différentes, tentant de rattraper Ronin de l'autre côté du mur, mais il n'était déjà plus là. A nouveau, ils prirent chacun leur propre route pour le trouver, prêt à ratisser l'ensemble du vaisseau s'il le fallait pour retrouver leur adversaire.
***
A terre, Nick Fury leva la tête. Il venait d'entendre un léger son, au loin. Il sortit de l'hélicoptère, et regarda vers le ciel.
- Bien, Stark. Je savais que tu pouvais arriver plus vite que ça, mais je ne pensais pas que tu irais aussi vite.
Un point apparut alors à l'horizon, grossissant à vue d'oeil. De couleur dorée, le soleil se reflétait sur sa surface métallique. Un long filet de fumée se dégageait derrière lui, et le nouveau venu arriva très rapidement à la verticale de la petite île qui leur servait de refuge.
L'arrêt soudain de l'homme en armure dorée provoqua une secousse qui, non-content de dégager un cercle de fumée autour de lui, provoqua une secousse que chacun sur l'île ressentit. Fury regarda son nouveau Super Soldat descendre jusqu'à la terre ferme, et nota que si la plupart de l'armure était dorée, les avant-bras, les jambes et une partie du plastron étaient rouges, ce qu'il n'avait pas vu de loin en raison du soleil qui se reflétait dessus.
- Bonjour à vous, Colonel Fury. Fit la voix métallique devant eux ;
- Vous êtes donc le résultat final du projet Iron ?
- Vous pouvez m'appeler Iron Man.
Fury remarqua que le gant droit de l'armure de cet Iron Man était de couleur grise, une couleur bien terne comparé au reste de l'armure. Le Super Soldat se tourna alors vers Human Tank.
- J'ai besoin du gant. Lança-t-il alors ; C'est la dernière partie qu'il manquait, et nous ne pouvions nous permettre d'en créer un de remplacement.
- Qu'est-ce que vous racontez ? Lança alors Fury ; Cette armure est destinée à remplacer celle de Human Tank, c'est à lui que revient la charge de la piloter, c'est donc à vous de lui donner le reste de l'armure, et pas l'inverse !
- Il m'a fallut une demi-heure pour m'équiper de cette armure. Répondit Iron Man ; Et avant ça, plus d'une heure et demi pour en comprendre le fonctionnement. Et même pendant le vol, j'ai réussi à faire quelques ajustements pour la piloter au mieux, les équipements étant intimement liés au pilote. Vous pensez avoir le temps pour tout ça ?
Fury serra les dents, et dut bien admettre que son interlocuteur avait raison. L'urgence actuelle ne permettait pas à Rhodes ne permettait pas de changer d'armure, retirer l'actuelle lui prendrait déjà trop de temps. Il fit signe alors à celui-ci de remettre à Iron Man le gant qui lui avait été demandé, tandis que celui-ci retirait le sien.
Tandis que les deux Super Soldats en armures procédait à l'échange, Fury remarqua quelque chose dans le dos d'Iron Man, un objet long de forme circulaire. Il fit quelques pas pour avoir une meilleure vue, et observa cet étrange disque composés de plusieurs disques de couleurs : celui du milieu bleu entouré d'une bande circulaire blanche, puis une rouge, avant de finir par une ultime bande blanche. Vu les couleurs, le Colonel Fury devina que l'objet n'était pas lié à l'armure.
- Qu'est-ce que c'est que cet objet, dans votre dos ?
- Un ultime cadeau du QG. Répondit Iron Man, tout en dégrafant les lanières qui maintenaient le disque dans son dos.
Le risque tomba à terre, et Fury se pencha pour le ramasser. Il réalisa alors qu'il s'agissait là d'un large bouclier, d'un poids un peu extravagant mais étonnamment fin. Extravagant, et un peu surprenant, en fait, puisqu'il avait même du mal à le tenir alors qu'il ne l'avait pas encore porté jusqu'à sa taille.
- Qu'est-ce que c'est que ça ?
- L'arme de votre futur nouveau Captain America.
- J'ai déjà prévenu que je refuserai ce titre.
A leurs côtés, John Walker venait de les rejoindre, et tendis la main vers son nouveau bouclier. Celui-ci avait une certaine ressemblance avec celui du tout premier Super Soldat, mais les couleurs étaient différentes.
- J'ai cru comprendre que c'était à moi.
Fury lui remit non sans peine le bouclier, et fut surpris de la facilité avec laquelle le Super Soldat le maniait. Aux derniers tests, John Walker n'avait pas encore révélé son plein potentiel, les effets du traitement pour lui donner des capacités accrues s'étant révélées moins efficaces que son entrainement militaire, mais à le voir lever haut son propre bouclier, Fury songea que les effets étaient peut-être simplement plus progressifs à apparaître que ceux du premier Captain America.
- Pour le moment, nous avons autre chose à faire, mais il faudra bien que vous embrassiez votre destiné à un moment ou à un autre, Walker.
- Je ne suis pas Captain America, il n'y a pas à revenir là-dessus. Ce nom a été créé en pleine Seconde Guerre Mondiale, pour donner de l'espoir au peuple américain. Pour lui donner courage en ces temps difficile. Je ne suis pas ce genre d'agent. Je suis un agent au service de l'armée des Etats-Unis. Je suis US Agent.
Fury se contenta d'un sourire : ce nom ne lui déplaisait pas, en réalité.
- Je suis prêt à partir. Lança Iron Man ;
- Je viens avec vous. Intervint alors US Agent ; Nous aurons besoin de toute l'aide possible, me semble-t-il.
- Je vais combattre en aérien, en quoi pourrez-vous m'aider ?
- Trouvez-moi un moyen de me faire entrer, et je me charge du reste.
Iron Man le dévisagea avec étonnement. Mais avant de pouvoir intervenir, ce fut Fury qui intervint.
- Vous aurez une ouverture à votre arrivée. Assura-t-il ; Maintenant, il faut que vous partiez, nous n'avons que peu d'effet de surprise, autant la ménager.
Il y eut une dernière esquisse d'hésitation chez l'homme d'acier, puis il se dirigea vers US Agent. Il se plaça derrière lui, plaça ses bras sous les aisselles du jeune Super Soldat. Finalement, dans un vrombissement soudain, les deux silhouettes s'envolèrent dans les cieux, avant de disparaître au loin, dans la direction qu'avait pris le Mandarin.
***
Captain America et Goliath s'avançait vers le poste de pilotage. Ils avaient déjà parcourut un bon tiers de la distance, lorsqu'ils sentirent une présence autour d'eux. Cherchant celle-ci du regard, ils ne trouvèrent personne avant de regarder face à eux, où Triptide venait d'apparaître.
- Vous n'irez pas plus loin. Grogna-t-il ; Votre compagnon se révèle plus dangereux que je ne l'aurais cru de prime abord, mais au final, je sais comment l'obliger à venir. Il me suffit de m'interposer sur votre route pour l'obliger à nous rejoindre.
Les deux Super Soldat étaient immobiles et silencieux. Ils guettaient le moindre geste de la part de leur adversaire. Affronter un bolide était une gageure, et celui-ci en valait trois. La seule chance pour eux de le vaincre était de la battre sur le plan du reflex pur. Réussir à parer son attaque à l'instant où elle les atteindrait.
Soudain, la silhouette de Triptide devint flou. Captain America n'eut pas le loisir de le voir se diviser en trois, car Goliath écarta soudain les bras...
- A terre, Cap !
Il n'avait pas encore terminé sa phrase que son corps avaient déjà triplé de volume, si vite que deux Triptides se retrouvèrent bloqués par les jambes massives du Super Soldat géant. Quant au dernier, il était sur le point de frapper un Captain America qui s'était jeté à terre lorsque la main de Ronin l'attrapa par le poignet.
Tétanisé, Triptide resta les yeux fixé dans ceux, cachés derrière son masque, de Ronin. D'où venait-il ? Il croyait affronter Goliath et Captain America, et voilà que c'était à nouveau LUI qui lui faisaitr face ?
- Ce n'est pas possible, tu ne pouvais pas m'attraper.
Dans sa surprise, Triptide ne semblait même pas se rendre compte que ses deux doubles l'avaient réintégrés. Il ne semblait pas plus réaliser que Captain America et Goliath avait reprit leur route, laissant Ronin à son duel.
- J'étais sur le point de l'attraper. Tu ne pouvais pas m'intercepter avec cette précision. Traverser les murs, créer du vent, je veux bien, mais...
Il laissa sa phrase en suspend. Un éclair de lucidité venait de traverser son esprit. A cet instant, il comprit enfin. Seul dans ce couloir, le poignet tenu fermement par ce mystérieux adversaire, il réalisait ce secret que cachait son adversaire.
- Tu es un bolide, toi aussi...
Sous son masque, il put voir Ronin esquisser un sourire. L'étreinte autour de son poignet se déserra, et Triptide recula de quelques pas, médusé.
- Ce vent que tu créais, tu le fais en agitant les bras si vite que leur mouvement en devient imperceptible. C'est pour ça que l'on dirait qu'ils vibrent. Mais ta façon de traverser les murs...
- Je fais comme toi. Je fais un micro mouvement, identique à celui que tu fais pour ne pas te réunifier. Mais à une vitesse bien supérieure à la tienne. Je maintiens tout mon corps dans une vibration si rapide que mes molécules parviennent à se frayer un chemin au milieu de celles des objets que je traverse.
- C'est impossible...
L'effroi se lisait dans les yeux de Triptide.
- Impossible ? Pourtant, tu en fais autant.
- Ne dis pas n'importe quoi, je n'ai jamais pu traverser les murs !
- Les murs, non. Mais l'espace d'une seconde, à l'instant où ton corps se divise, tes molécules vibrent à une vitesse si élevée que tu deviens toi aussi intangible. Sans ça, ces trois corps superposés, qui occupent le même espace... les trois corps exploseraient, tout simplement.
Il y eut un temps de silence. Triptide jaugeait son adversaire, guettant la moindre inattention de sa part. Mais il n'y avait pas la moindre faille dans cette attitude droite et défensive du Vengeur masqué.
- Tu ne m'auras plus, dorénavant. Tu as perdu l'effet de surprise. Tu n'es rien d'autre qu'un bolide. Peut-être as-tu poussé la maitrise de ta faculté dans tes derniers retranchements, mais au final tu n'es qu'un bolide. Alors que j'en suis trois.
Et cette fois, il ne chercha plus à fuir le combat. Aucun des trois Triptide ne quitta les lieux. Bien au contraire, ils se placèrent en cercle autour de Ronin, ne lui laissant aucune zone où se réfugier, aucun répit. Et pourtant...
Pourtant, Ronin semblait partout à la fois, au coeur de ce cercle devenu quasi parfait. Les poings des trois Triptide filaient à toute vitesse, mais aucun n'atteignaient sa cible. La plupart des coups ne rencontraient que le vide, et Ronin poussait même le vice jusqu'à dévier certains de façon à ce que les Triptide se frappent entre eux.
Puis, en plus de ces coups qu'ils s'infligeaient à eux-mêmes, Ronin commença à distribuer des gifles en pleine figure de chacun d'eux, un par un. Très vite, ce n'était plus Ronin qui se protégeaient de ses trois adversaires, mais eux qui cherchaient à éviter les mains droites et cinglantes.
Et finalement, les trois Triptide se réunifièrent en un seul, qui se mit à hurler dans la direction de son adversaire...
- Tu m'énerves !!
Et en plein cris, il se retrouva avec la main de Ronin en travers du crâne. Un instant, il reste interdit, figé, avant de réaliser que la main qui le traversait était prit de ces vibrations caractéristiques, que Ronin lui-même avait expliqué être l'effet nécessaire pour devenir incorporel.
- Tu as raison, ça suffit. Le jeu a assez duré, je veux maintenant que tu t'en ailles.
- Quoi ?
Triptide n'osait pas bouger, de peur que le tremblement ne s'interrompe. Il se doutait trop bien du résultat si cette main se matérialisait en plein dans sa tête.
- Tu vas tourner les talons, et quitter ce vaisseau comme je te l'ai déjà dis. Je suis autorisé à ôter la vie, mais je ne le ferai qu'en cas de stricte nécessité. Tu es vaincu, alors pars. Sans ça, je considérerai que tu es un danger trop grand pour être gardé en vie.
Les yeux de Triptide ne cachait rien de la peur qui l'habitait désormais.
- C'est idiot, qu'espères-tu faire ? Si tu matérialise ta main, tu perdras aussi ta main.
- Tu te trompes. Si toi tu jouais à ce jeu, effectivement, ton bras serait déchiqueté en même temps que ce dans quoi il se matérialiserait. Mais il se trouve que je n'ai pas cette malchance. Je suis doté de ce qu'on appelle des Molécule Persistance. En d'autres termes, lorsque les vibrations de mon corps s'atténue, et que mon corps se matérialise, mes molécules garde en mémoire leur place initiale, et forcent le passage de façon à ce qu'aucun corps ne vienne briser cette concordance initiale. L'effet est immédiat : tout ce qui fait obstacle est repoussé, et une explosion immédiate a lieu. C'est ainsi que j'ai pu ouvrir la brèche dans la coque de ce vaisseau.
- Les mains explosives...
Triptide se souvenait de la façon dont Ronin avait posé ses mains sur la surface du vaisseau, pour leur permettre d'y entrer. Il avait alors dissimulé la procédure exacte qui avait été la sienne, mais il avait réussi à ouvrir un passage. Ce passage qui avait permis au Mandarin d'entrer.
Ronin retira sa main d'à travers son adversaire. Il serra le poing avec un air songeur, comme s'il attendait de retrouver les sensations dans ce corps qu'il venait de faire vibrer, puis s'avança dans le couloir, croisa Triptide, avant de s'éloigner simplement.
Triptide entendait les pas de son adversaire qui s'éloignait, incapable du moindre mouvement. Il revoyait le visage satisfait de son maître quand il avait glissé les dix anneaux à ses doigts. Quel sort lui réserverait-il s'il abandonnait ?
- Tu mens... murmura-t-il.
Il fit lentement volte face, tandis que Ronin continuait sa route.
- Tu mens, forcément...
Il serra ses poings de rage, puis s'élança soudain. Trois silhouettes partirent à toute vitesse vers le Super Soldat, criant ce cri d'une même voix...
- TU MENS !!
Ronin se retourna instantanément, et élança sa main en travers du visage du Triptide qui lui faisait face. La vibration qui parcourait son bras ne dura qu'un bref instant, avant que le visage du bolide asiatique n'explose dans une gerbe rouge vif, maculant les murs et les sols de sang, de cervelle et d'os. Arrosés eux aussi des restes de leur homologue, les deux Triptides restant se saisirent simultanément le visage en poussant un hurlement commun de douleur.
L'instant après, les deux Triptide survivants tombèrent en arrière, tandis que le corps sans vie du dernier d'entre eux tombaient à genoux, avant que le buste sans tête ne s'écroule à son tour. Le Triptide le plus à gauche, les mains enserrant toujours sa tête, étaient pris de véritables convulsion à super vitesse, tandis que celui de droite se redressait lentement, un regard à la fois médusé et effrayé, adressé à Ronin.
Le regard entre les deux adversaires se prolongea un instant, puis le Triptide en pleine convulsion fut soudain aspiré par celui, immobile, qui dévisageait Ronin. Lentement, il se redressa en observant le Vengeur. Ce dernier ne bougeait pas, attendant la réaction de son adversaire après avoir exterminé un de ses doubles.
- Je... ne sais pas où trouver une fenêtre... murmura finalement Triptide ; Aucune fenêtre, pas de porte... je ne sais pas comment sortir...
Il avala sa salive, anxieux. Ronin l'écoutait sans mot dire.
- Je... je vais m'éloigner, au fond du vaisseau. Je n'interviendrai plus...
Ronin jaugea Triptide. Il ne mentait pas, mais sa résolution allait-elle tenir longtemps ? Il se détourna du garde du corps sans vie à ses pieds, et avança les mains vers le mur qui menait vers l'extérieur. Il tournait à présent le dos à Triptide, les mains levées. Vulnérable. A sa merci. Triptide ne bougea pas.
Ses mains traversèrent le métal inconnu, et l'instant suivant, il y eut une explosion. Une large brèche apparut devant Ronin, qui se tourna à nouveau vers
Triptide.
- Saute.
Triptide s'avança, et jeta un oeil au-delà du trou. Sous le vaisseau qui avançait à grande vitesse, c'était le vide et l'eau. Une étendue d'eau immense, aucune terre disponible à perte de vue, et il le savait. Il enjamba le trou, et se jeta dans le vide.
Ronin attendit un cours instant, puis se tourna vers une colonne sur le côté, qu'il avait déjà vu auparavant. Dessus reposait un bracelet couverts de larges cristaux, reliés par des câbles à la base. Il empoigna le bracelet, et tira dessus jusqu'à arracher ces câbles évoquant des veines, et garda le bracelet avec lui, avant de se tourner vers le trou béhant qui menait vers l'extérieur.
À suivre...
Thom...
Vous avez dit ça...