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Le blog...

Bienvenue sur mon nouveau blog !

La législation française, depuis une série de plusieurs procés, considère désormais que les propriétaire de blog/site internet/forum sont responsables du contenu de ce qu'ils affichent. Concrêtement, si quelqu'un fait l'apologie du nazisme dans un commentaire, et que je supprime ce commentaire au bout de 5 minutes, je suis potentiellement condamnable pour les 5 minutes d'intervales. De ce fait, j'ai décidé de modérer les commentaires de ce blog. Désolé, mais je veux pas finir en taule.

Fanficsworld le site, c'est officiellement fini.  Je n'avais réellement plus le temps de m'occuper de sa mise à jour, qui étaient toujours des plus longues. La solution du blog s'est rapidement imposée : je préfère passer du temps à écrire mes récits et mes fanfics que les publier ! 

Bon, comme c'est un blog, les épisodes les plus anciens seront du coup en fins de posts. MAIS comme il n'y a qu'UN seul épisode par page, vous pouvez facilement les trouver : la dernière page est l'épisode 1, l'avant-dernière l'épisode 2, etc... 

Sur cette page, vous avez le dernier épisode mis en ligne, quelle que soit la série. A votre gauche, cependant, la liste des séries publiées vous permettra de lire le dernier chapitre en date de votre série préférée. Cette liste de récits évoluera bien entendu au fur et à mesure de ce que je publierai, je vous conseille donc de vous abonner à la newsletter pour toujours être mis au courant des nouveautés.

Voici la liste des séries publiées sur ce blog, et le contexte auquel ils se réfèrent :

- Young Liberty : Cette série relate la Genèse puis les aventures de Young Liberty, mon personnage principal dans le MMORPG City Of Heroes, jeu que je recommande chaudement. Chaque arc est séparé, et numéroté.
- Avengers Evolution : Cette série se déroule dans l'univers de "Marvel Evolution", dérivée de la série X-Men Evolution. Dans les liens, vous trouverez l'adresse du site servant de liens entre toutes les séries de cet univers partagé créé en commun entre moi et d'autres auteurs.
- Batman TAS : Un seul récit dans cette rubrique, celui relatant l'histoire d'un Héros oublié dans le dessin animé Batman.
- StSeiyaJDR : Je suis modérateur sur un JDR en ligne par email ayant pour thème le manga St Seiya. Cette fanfic se déroule dans l'histoire de ce jeu, plus précisement dans son passé puisqu'elle relate une courte Guerre Sainte ayant eut lieu quelques années avant le début du jeu.

Le blog accueille également "Spiderman Evolution", la première fanfics non-écrite par moi, quoi que Madedd et moi travaillons en étroite collaboration. Spiderman Evolution, comme son nom l'indique, se déroule dans le même univers que Avengers Evolution. Cependant, cette mini série qui ne durera que quelques épisodes se déroulent AVANT le premier chapitre d'Avengers Evolution (dans lequel Spiderman est déjà en activité depuis quelques temps au moins). Bienvenue à toi, Madedd ;)

Merci, et bonne lecture !!

Thom...

Jeudi 27 septembre 2007 4 27 /09 /Sep /2007 16:48

City of Heroes présente...

 

Young Liberty – La Genèse

Chapitre 1 : Des cercles en plein ciel

 

Paragon City. Ville prospère aux immeubles fièrement dressés vers les cieux et aux fenêtres brillants de milles feux. Ville écrin aux diamants étincelants dans le ciel, mais écrin rongé d'une sombre vermine tapie dans l'ombre de ses buildings.

 

Dix années passées depuis que le combat mortel entre le Super-Héros symbole de Paragon City, Statesman, et son homologue venus d'un monde parallèle, Reichsman, avait frappé le monde et paralysé d'effroi le planète entière. Dix années à vivre dans la peur de voir la pègre faire main basse de façon ferme et définitive sur les grandes villes de Paragon City.

 

Et pourtant, dix années pendant lesquelles le développement n'avait jamais été aussi fort dans les milieux urbains. Dix années durant lesquelles les populations avaient quitté les villages et les prairies pour se réfugier à l'abri des buildings, sous la protection de leurs anges modernes, tous ces Super Héros qui s'étaient multipliés pendant toutes ces années, tous ces Statesman et autres Cogneurs des Bas Fonds.

 

Samantha, elle, ne s'était pas dirigée vers la ville par amour pour ces sauveurs volants. Bien au contraire, elle avait toutes les raisons sinon de les haïr, du moins de les mépriser. Car au cours de ces dix années, tandis que la côte des Super Héros grimpait dans le coeur de la population avec la même force que la chute de la criminalité, mais également arguait-on ça et là de la montée de la Super Criminalité, elle avait vu sa vie de famille payer l'étrange prix de cette gloire.

 

Le mari de Samantha s'appelait Salomon. Un nom peu ordinaire pour un homme qui avait pourtant tout de conventionnel. Leur couple s'était formée peu avant la dévastation du combat de Statesman contre Reichsman, et de leur union étaient nées deux enfant : Alice et Cécile. Deux filles qui étaient tout à leurs yeux. Deux enfants qu'ils s'étaient jurés de chérir par dessus tout. Ils s'étaient installés dans un petit village, Montigny, une centaine d'habitant à tout casser, où ils vivaient du travail de Salomon à Atlas City.

 

Mais comme tout un chacun dans le village, Salomon vouait un culte aux Super Héros. Tous ces personnages haut en couleurs le fascinaient, et il n'était d'ailleurs pas rare qu'ils partent à des réunions de fans pour parler de leurs protecteurs favoris. Ou de leur protectrices favorites. Car c'était bien là la plus grande faiblesse du noble Salomon : parmi tous ces êtres aux pouvoirs extraordinaires qu'il aurait pu choisir comme idole, c'était sur la courageuse mais non moins plantureuse Miss Liberty que c'était porté son choix.

 

Samantha ne disait rien sur cet amour platonique qu'il entretenait envers la belle inconnue, mais elle avait toujours le visage sombre lorsqu'elle le voyait guetter les informations, à l'affût de nouvelles de son égérie, lorsqu'elle sentait son regard perdu vers les rassemblements officiels de Super Héros, se demandant si sa Belle y était. Mais rien ne l'agaçait plus que de le voir raconter le soir avant le coucher les aventures souvent imaginaires de Miss Liberty à ses deux filles, à qui il avait transmis son adulation.

 

Et pourtant, elle l'acceptait, presque de bon coeur. Lorsqu'elle le voyait occupé des heures durant, à retrouver la boucle d'oreilles qu'elle avait perdu la veille, alors même qu'elle lui avait assuré que ces vieilleries étaient bien là où elles étaient, au fond des canalisation de l'évier. Lorsqu'elle le surprenait, levé de bonne heure pour préparer le repas de toute la famille, et même lorsqu'il ne faisait que mettre à jour la comptabilité avec une ferveur presque divine. Et surtout lorsqu'au détours d'une conversation, elle surprenait sur son visage ce regard emplie d'amour qu'il ne réservait qu'à elle. Pas à Miss Liberty, ni à une quelconque autre Super Héroïne, non. A personne d'autre qu'à elle. Dans ces moments-là, elle acceptait de bon coeur son unique véritable travers. Pour lui, elle consentait même à mouler ses formes dans un de ces uniformes aux couleurs en dégradées et à devenir sa Miss Liberty rien qu'à lui. Le temps d'un nuit. Le temps d'un songe. Le temps d'un soupir.

 

Comme elle le regrettait amèrement aujourd'hui. Jamais elle n'oublierait cette nuit tragique où elle avait reçu ce funeste coup de téléphone. Pensant que son mari venait lui annoncer qu'il quitterait en retard sa réunion de fan de Miss Liberty, elle n'avait pas eut la force de réagir en entendant la terrible nouvelle. Une explosion. Des morts par dizaines, par trentaines, par centaines. Un affrontement entre deux gangs rivaux, et le point culminant lorsqu'ils avaient pris comme une provocation cet immeuble au poster à l'effigie de la Super Héroïne.

 

- C'est avec une tristesse immense que j'ai appris la tragédie survenue à Atlas City hier. Avait dit Miss Liberty à la télévision ; Les deux gangs responsables sont d'ores et déjà sous les verroux, et devront répondre de leur crime. Pour ma part, j'adresse mes plus sincères condoléances et mon amour le plus chaleureux aux familles de toutes les victimes.

 

Noyée dans ses larmes, Samantha avait juré à cette annonce. Peu lui importait l'amour de cette femme, elle voulait qu'on lui rende son mari. Puis, allongé dans son lit, étouffant ses râles de douleur dans un oreiller pour ne pas être entendue par ses filles, elle avait réalisé, un peu confuse, qu'entendre un mot de Miss Liberty adressé à sa famille, même indirectement, même mêlée dans la foule, aurait été le plus beaux des rêves pour Salomon.

 

Elle avait pourtant reprit sa vie. Elle s'était accrochée à son quotidien pour l'amour de ses deux filles, ultimes vestiges de ses sentiments pour son défunts mari. Elle n'avait rien dit lorsqu'elle les avait vu réunir la collection de leur père et prendre le relais. Elle étouffait sa rage quand elle les voyait découper des extraits dans des journaux, se persuadant avec difficulté qu'elles cherchaient à faire perdurer leur lien avec leur père à travers ces rituels désormais familiaux. Elle n'avait même pas réagi la première fois où elle avait vu le portrait de Miss Liberty accroché sur la porte de leurs chambres, grandeur nature, et qui la toisait de toute sa hauteur et de toute ses formes aguichantes, comme un rappel éternel de celle qui lui avait pris son mari.

 

Sans le salaire de Salomon, Samantha avait été obligée de retrouver rapidement un emploi. Il était utopique d'espérer en trouver un à Montigny, et elle avait bien été contrainte d'accepter un déménagement à Atlas City, cette ville maudite qui lui avait dérobé son amour, cernée de ces Super Héros qui la narguaient à toute heure et partout, même par la fenêtre de son quarante-troisième étage. Mais elle avait trouvé un emploi de serveuse, et une école pour ses filles. Elle avait un revenu suffisamment pour payer un logement raisonnablement spacieux, aillant reçut la faveur d'un loyer très avantageux de la part de la municipalité, comme un geste après la mort de son époux.

 

Dix années passées comme un claquement de doigts, entre explosions et fous rires. Coups de feux et balançoires. Journalistes alarmés et promenades en famille. Jusqu'au jour où étaient apparus dans le ciel ces disques de tailles variables, de couleur rouge. Disséminés à travers la ville, des disques qui faisaient naître surprise, curiosité et surtout de la peur dans toute la ville, voir même le pays. Mais Samantha n'en avait cure.

 

Samantha, elle, avait ses filles à aller chercher à l'école.

 

***

 

- Eh bien voilà autre chose !

 

La vaisselle était propre et posée dans le réceptacle en plastique posé sur l'évier, encore humide et attendant paisiblement de s'écouler. Un torchon dans les mains, Samantha observait par la fenêtre ces étranges disques de lumière qui étaient apparus au loin. Elle en dénombrait au moins quatre, mais un seul était plus ou moins proche de son immeuble. De couleur rouges, il lui paraissait d'une très grandes tailles, mais il était difficile d'en juger : impossible de savoir à quelle distance ils se trouvaient.

 

- Ils ont vraiment que ça à foutre !

 

Samantha posa négligemment le torchon sur la gazinière, rejoignit l'entrée sans se presser, pour enfin décrocher son manteau. Elle avait juste eu le temps de terminer sa vaisselle avant de partir chercher ses filles, mais le principal était que ça soit fait. Elle passa son manteau, puis sortit de son appartement, dont elle verrouilla la porte d'entrée avant de quitter l'étage.

 

Quelques minutes plus tard, l'ascenseur la déposa au rez-de-chaussée, et c'est chaudement recroquevillée sous son vêtement qu'elle sortit dans la rue, jetant un vague regard à ces mystérieux cercles rouges qui ornaient désormais les cieux.

 

L'école de ses filles n'étaient qu'à peine à dix minutes à pied, mais Samantha mettait toujours un pont d'honneur à aller les chercher elle-même. Dans une ville comme Atlas City, il était particulièrement irresponsable de laisser des enfants seuls dans la rue, même sur une si courte distance. Quant à ces mystérieux cercles rouges, elle n'en avait cure : encore une expérience farfelue des Super Héros qui s'achèverait aussi vite qu'elle avait commencé, sans doute lorsque Miss Liberty ou un de ses camarades en justaucorps déciderait d'intervenir.

 

Les habitants d'Atlas City, cependant, ne semblaient pas partager son indifférence blasée. Il y avait une tension évidente dans les rues, et certains habitants observaient ces cercles avec un regard empreint de frayeur. Il y avait bien quelques habitants qui courraient droit devant eux en implorant le ciel, mais de toute manière, à Atlas City, il y avait TOUJOURS quelqu'un prêts à courir le longs des trottoirs en implorant les Dieux. On aurait pu penser que les Super Héros avaient fait de la ville un lieu de paix, mais Samantha avait plusieurs fois eu l'impression que la réalité était toute autre, à mi-chemin entre la Super Criminalité attirée par les Super Héros comme l'ours par le pot de miel, et la transformation des habitants en pleutres par l'assistanat systématique.

 

Samantha croisa plusieurs personnes effrayées qui hâtaient le pas en rentrant chez elles pendant son trajet, et même les regards des automobilistes, tapis derrière leurs volants, se faisaient anxieux. Lorsqu'elle arriva enfin à l'école de ses filles, elle les trouva assises sur le trottoir, visiblement plus effrayées encore que tous les gens qu'elle avait croisé. Celle-ci eut un pincement au coeur en voyant leur détresse, et songea qu'elles au moins étaient en droit, à leur âge, d'être effrayée par cet évènement inhabituel.

 

- Maman !

 

Alice s'était levée la première, bientôt suivie par sa petite soeur. Du haut de ses treize ans, Alice aurait pu commencer à gagner un peu de ce libre arbitre qui nait avec la puberté, mais il n'en était rien. Au contraire, plus le temps passait et plus elle était collée à sa mère. Samantha ne s'en plaignait pas.

 

- Maman, c'est vrai que c'est la fin du monde ?

 

Cécile, sa seconde fille, trois ans plus jeune que sa soeur, était aussi collée à sa mère, mais c'était déjà plus habituel à cet âge. Samantha redoutait le jour où ses filles auraient grandi plus qu'elle ne voudrait l'admettre, et qu'elles entameraient cette crise d'adolescence qui ferait d'elles des adultes en devenir, qui les séparerait de leur mère. Heureusement, c'était encore loin d'être le cas.

 

- Mais non ma chérie, c'est juste des lumières, comme un feu d'artifice !

 

Ca lui était venu tout seul. Ses filles étaient très friandes des feux d'artifices, et comparer ces disques à ces explosions de couleurs leur donnerait une allure moins effrayante.

 

- Des feux d'artifices de Miss Liberty ?

 

Samantha sentit son estomac se crisper, mais se contenta de répondre d'un acquiescement. Au moins, ses deux filles retrouvaient le sourire.

 

- Des feux d'artifices ?

 

Samantha n'avait pas prêté attention jusqu'alors à la personne qui se tenait aux côtés de ses enfants. Levant les yeux, elle découvrit une jeune femme brune aux cheveux courts, habillée d'un tailleur et d'un petit chemisier blanc. La jeune femme lui souriait, et lui tendit la main.

 

- Bonjour, madame. Je suis Gisèle, l'institutrice d'Alice. Je suis enchantée de vous rencontrer.

 

Samantha serra chaleureusement cette main, rendant à la jeune femme son charmant sourire. Au moins une personne qui ne pensait pas que la sécurité d'autrui était l'apanage des Super Héros.

 

- Je vous remercie d'avoir gardé mes filles.

- Je vous en prie, madame. Vue la situation que nous traversons, il était logique que je ne laisse pas vos enfants seules.

 

Samantha réalisa alors que plus personne ne se trouvait autour d'elles. A dire vrai, elle n'était même pas sûre qu'il y avait eu quelqu'un lorsqu'elle était arrivée. Obnubilée par ses filles, elle n'avait même pas remarqué la présence de l'institutrice auprès d'elles. Rien d'étonnant, dès lors, à ce qu'elle n'ait pas prêté attention à l'absence d'autres enfants ou parents sur le trottoir.

 

- Je n'étais pourtant pas en retard, où sont les autres enfants ?

- La plupart des parents sont arrivés dès l'apparition des cercles. Ils craignaient que ça soit un signe annonciateur d'une nouvelle catastrophe. J'ai été surprise de ne pas vous voir, en réalité.

 

Samantha haussa les épaules en observant le plus proche des disques lumineux, situé cependant à une assez bonne distance de l'école.

 

- Je ne les avais tout simplement pas vu. Je faisais mon ménage, et j'avais éteint la musique, ainsi que la télévision. Je n'ai vu ce spectacle qu'au moment de partir, mais ça ne m'alarme pas plus que ça, je vous l'avoue.

- Même pas après le discours de Miss Liberty ?

 

Samantha détourna les yeux des disques suspendus dans le ciel, et jeta un regard surpris vers Gisèle.

 

- Un discours ?

- Vous ne l'avez pas entendu ? Moi non plus, remarquez : j'étais en train de donner des cours. D'après ce que j'ai cru comprendre, Miss Liberty a demandé à la population de ne pas sortir, en assurant que la Phalange de la Liberté enquêtait sur ce phénomène.

 

Samantha poussa un soupir. Bien entendu, les Super Héros prenaient les choses en main. Ils passaient ainsi pour les sauveurs, alors qu'ils étaient probablement eux-même responsables de cette apparition.

 

- Eh bien je suppose qu'il est temps pour nous de rentrer, dans ce cas.

 

Voilà qui concluait la courte entrevue avec l'institutrice. Ce n'était pas plus mal : après tout, elle avait encore un peu de ménage à faire et, surtout, il lui restait un repas à faire, et ce n'est pas Miss Liberty qui allait l'y aider.

 

***

 

Il ne fallut que quelques minutes pour Samantha et ses deux filles pour rentrer chez elles. L'appartement n'était pas grand, mais c'était bien le seul endroit d'Atlas City où Samantha se sentait en paix. Elle avait aimé la vie à Montigny, sans l'ombre d'un doute. Mais le peu de temps où elle y était restée après le décès de son mari avait été un véritable cauchemar. Chaque pièce, chaque rideau était empreint de la présence de son mari. Quitter son ancienne maison n'avait pas été difficile, et ce petit appartement, avec ses deux chambres, était d'un confort bien suffisant pour elle et ses filles. Encore qu'il arrivait à Alice de se plaindre de ne pas avoir sa propre chambre.

 

- Mon amie Emilie a sa chambre à elle toute seule ! Se plaignait-elle ; Sa soeur ne dort pas avec elle.

- Ton amie Emilie n'a pas la meilleure maman du monde. C'est mieux non ?

 

Alice n'osa pas s'offusquer, et Samantha rit intérieurement de sa flagrante mauvaise foi. Il était évident qu'il faudrait un jour qu'elle ait une conversation avec sa fille, pour lui expliquer à quel point ils manqueraient d'argent si elle devait quitter cet appartement au tarif arrangé, même pour gagner une pièce supplémentaire.

 

Samantha jeta un oeil à l'horloge de son four à micro-onde, qui affichait 18:45. Elle alluma la radio, qui diffusait un flash d'information.

 

- Selon des sources officielles, les cercles lumineux apparus dans le ciel sont des portails interdimensionnels, mais on ignore encore où ils mènent. Quand on se souvient de ce qu'il est advenu la dernière fois qu'un passage de ce type a été ouvert, avec un affrontement entre Statesman et son double maléfique qui ont causé des dégâts dévastateurs, on est en droit de se demander ce qu'attendent les autorités pour agir. Pour traiter de ce sujet, je reçois ce soir Eric Zemmour. Monsieur Zemmour, que penser du silence flagrant des autorités face à ce phénomène.

- Bonjour, Laurent. Ecoutez, savoir ce que pourrait dire ou ne pas dire le gouvernement, c'est un faux débat. Soyons réaliste, la situation est très similaire à celle que nous avons connu il y a 14 ans lorsque la Portail Corp avait développé cette technologie qui a mené aux événements que nous connaissons. La différence, ici, c'est que les portails n'ont pas été ouverts par nous, mais à part ça, la situation est la même : nous sommes dans l'attente de la suite des événements, et ce n'est certainement pas le gouvernement qui a les moyen d'agir. La Phalange, en revanche...

- Attendez, vous êtes bien alarmiste, monsieur Zemmour. Il semble que vous êtes déjà persuadé qu'un nouveau Reichsman va passer l'un de ces portails. Qui vous dit qu'il ne s'agit pas justement d'une situation identique à la nôtre ? Et si ces visiteurs étaient des gens qui découvrent cette technologie, et tentent de visiter notre monde de façon amicale ?

- Ne soyez pas naïf, voyons. Avez-vu le nombre de Portails qui se sont ouverts ? Et en plein ciel ? Quel monde ouvrirait des portails à cette hauteur ? D'ailleurs, malgré son silence, le gouvernement en a conscience, puisqu'il a autorisé me semble-t-il une expédition à pénétrer un de ces portails, pour nous dire ce qui se trouve derrière. Il est évident que la Phalange travaille déjà à rassembler toutes les informations dont elle dispose, et...

 

Samantha avait interrompu le débat en sentant poindre un léger mal de tête. Les Super Héros étaient donc toujours liés plus ou moins à cette affaire, à travers la Portail Corp. Nulle doute que la société soi-disant démantelée n'était pas étrangère à ces nouveaux événements. D'ailleurs, le silence de Statesman était éloquent : aussi brave et vaillant soit-il, il savait que l'opinion allait lui demander des comptes à lui aussi.

 

Elle se dirigea vers le frigo, et chercha dedans le nécessaire pour préparer le repas. Elle avait envie de changer les idées de ses filles, pour les aider à oublier ces fichus disques. Et pour ça, il n'y avait rien de mieux qu'une bonne carbonara. Mais il n'y avait pas de lardons.

 

- Les filles, je vais chercher des lardons pour manger ce soir, vous restez là bien sage, d'accord ?

- Nan maman, nous laisse pas toutes seules !

 

Ses deux filles déboulèrent soudain du séjour. Pas vraiment effrayées, elles n'avaient cependant pas tout à fait l'air dans leurs assiettes. Samantha sentit son coeur se serrer devant leur détresse, et leur sourit.

 

- Bon, on va acheter des lardons dans le petit magasin à côté, vous venez avec moi ?

 

L'idée ne semblait pas les ravir, mais l'idée de passer un temps, aussi court soit-il au vu de la proximité dudit magasin, seules dans cet appartement ne les enchantait pas d'avantage. Elles acquiescèrent sans mot dire.

 

- Bon, alors allez vite chercher votre manteau.

 

Alice se précipita dans sa chambre, mais sa petite soeur resta sur place.

 

- Qu'est-ce qu'il y a, Cécile ?

- C'est pas la fin du monde, hein ?

- Mais non, Cécile. Tu as déjà vu des feux d'artifices faire une fin du monde ?

 

La fillette sembla alors réfléchir intensément, et sembla soudain rassurée. Elle partit à son tour chercher son manteau, et Samantha se demanda si elle avait cherché un éventuel exemple de fin du monde provoqué par un feu d'artifice... ou si elle avait directement cherché à savoir ce qu'était une fin du monde. Elle n'était pas sûre que Cécile sache de quoi il s'agissait, et elle se garderait bien de le lui expliquer.

 

Quelques minutes plus tard, toutes trois arrivèrent au bas de l'immeuble, et se précipitèrent sans courir jusqu'au magasin qui se trouvait à quelques rues seulement de là. Sans courir, certes, mais les jeunes filles semblaient cependant bien pressées.

 

- Ne courrez pas, les filles ! Lança Samantha d'un air blasé, mais cependant ravie de voir les deux filles garder leur énergie malgré la tension palpable qui régnait dans les rues ; Sinon, pas de carbonara.

 

Le trio arriva devant le magasin où elles espéraient acheter les précieux lardons, mais c'est alors que Samantha réalisa son erreur.

 

- Maman ! S'exclama Cécile ; C'est fermé !

 

Bien entendu. C'était folie de sa part que d'imaginer que le magasin était resté ouvert malgré l'appel de Miss Liberty. Après lui avoir prit son mari, Miss Liberty lui prenait maintenant sa carbonara.

 

- Et merde !

- Oh, maman a dit un gros mot !

 

Les deux jeunes filles se mirent à rire, puis leurs regards se figèrent. Observant un point en hauteur derrière leur mère, elles ne bougeaient plus, tandis que leur visage palissait légèrement.

 

Samantha se retourna, et le spectacle qu'elle découvrit lui glaça le sang. Sous un ciel déclinant, une myriade de points noirs émergeaient des cercles les plus proches, s'éparpillant tout autour d'eux et s'infiltrant entre les buildings. Soudain, Samantha regretta amèrement d'être sortie de chez elle, et pire encore d'avoir emmené ses enfants avec elle.

 

Samantha était pétrifiée, et sentait son coeur battre à toute vitesse dans sa poitrine. Pire, elle sentait les pulsations des veines et artères dans sa gorge, et un goût métallique lui envahir la bouche. Elle vit un gigantesque engin métallique sortir du cercle rouge le plus lointain, d'une taille indéfinissable mais qui lui paraissait pour le moins surréaliste.

 

Les points noirs des disques les plus proches commençaient inexorablement à se rapprocher d'elle, et des explosions apparaissaient sous ses yeux ça et là dans la ville. Elle ne voyait pas les assaillants devant elle, mais leur hostilité ne faisait plus désormais le moindre doute. Et soudain, Samantha réalisa qu'elle se trouvait seule avec ses deux enfants, au milieu d'une route, en train de regarder ce point éloigné.

 

- Les filles, à la maison ! Hurla-t-elle instantanément, sentant soudain une énergie soudain et extraordinaires envahir son corps ; Courez !

 

Toutes trois partirent en courant, mais à peine avaient-elle fait une centaine de mètres ou deux qu'une de ses filles l'interpella d'une voix effrayée.

 

- Maman, maman, attend !

 

Samantha se retourna, et vit Alice qui désignait quelque chose sur le côté. Suivant son regard, Samantha découvrit son institutrice, Gisèle, tapis contre un mur, le visage aussi blanc que celui de ses filles, qui regardait au loin.

 

- C'est la maîtresse ! Il faut qu'elle court aussi !

 

Jurant intérieurement, Samantha se précipita vers la jeune femme. Mais lorsqu'elle se retrouva face à elle, elle sentit que quelque chose n'allait pas. La jeune femme avait le regard vide, empreint d'une terreur intense, et elle ne bougeait plus, restant prostrée contre le mur, regard figé sur ce cercle rouge au loin qui déversait sur la ville ses hordes d'envahisseurs. Samantha lui gifla violemment le visage.

 

- Maman ! Protesta Alice, mais Samantha l'ignora.

 

En tout cas, la gifle avait eu l'effet escompté : la jeune femme la dévisageait avec un air de franche indignation, mais au moins elle réagissait. Elle regarda à nouveau au loin les explosions qui se multipliaient dans un brouhaha lointain mais persistant qui se rapprochaient inexorablement, puis reporta son attention sur Samantha.

 

- Que je sois bien claire. Lui dit alors cette dernière ; Je suis avec mes filles, et je ne vais pas attendre que vous vous réveilliez pour fuir. Alors vous bougez votre cul MAINTENANT ou je vous laisse ici, on est d'accord ?

 

Gisèle acquiesça timidement, puis se redressa. Le petit groupe se remit en route, courant à la vitesse des deux fillettes.

 

- Où va-t-on ? Demanda Gisèle ; Ils détruisent tout sur leur passage !

- On va chez moi ! Assura Samantha ; Dans le sous-sol, il y a un abri anti-atomique, on y sera en sécurité.

- Regardez !

 

Gisèle s'était arrêté, et avait pointé son doigt sur le côté, vers les hauteurs où se trouvaient le disques le plus proche. Détournant le regard, tandis que ses filles s'approchaient de leur mère, Samantha vit plusieurs silhouettes vaguement humanoïdes qui fonçaient droit sur elle.

 

- Derrière moi, les filles !

 

Les jeunes filles s'approchèrent de leur mère, et s'agglutinèrent derrière l'institutrice, à nouveau prostrée sur ses mains ouvertes. Et face au petit groupe, deux des envahisseurs les avaient clairement vues, et fonçaient droit sur elles.

 

 

 

À suivre...

 

Thomas

Publié dans : Young Liberty - Genèse
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