Voyage au Japon
Journée 3 : Kyoto, nous voilà ! Euh... nous voilà ?
Vendredi matin. Il est 3h du matin, et j'ouvre les yeux. J'ai mal au cou, et un léger mal à la tête. Ce n'est pas bon signe du tout. En général, quand j'ai un
torticolis, il me déclenche fatalement un mal de tête qui va de plus en plus fort, jusqu'à ce que lui-même me déclenche des nausées. Bon, c'est quand même pas systématique, je décide donc de ne
pas paniquer. J'attrape l'oreiller de secours. Il est plus rigide que le normal, il fera un très bon oreiller ergonomique, ça devrait aider à atténuer le mal au cou.
Je réussis à retrouver le sommeil... mais peu de temps. A 4h, je me réveille à nouveau, la douleur à mon cou bien plus faible. J'essaie de me rendormir, mais je n'y
arrive pas. L'oreille de secours a eut une petite efficacité, mais pas longtemps. Pendant une heure, j'essaie de retrouver le sommeil, en vain. Le pire se produit : la douleur aux cervicales
finit par me provoquer un puissant mal de tête. Désormais, je sais à quoi m'attendre : les nausées ne sauraient tarder.
Il est 5h quand je renonce à dormir. Je me lève, vais me rafraichir dans la salle de bain, et prend notre sac à médicaments. Heureusement, nous avons tout prévu : je
prend donc de quoi soigner mon mal de tête et, prévenant, de quoi anticiper d'éventuelles nausées.
Cathy se réveille à son tour. Elle me demande pourquoi je suis levé, j'explique mon soucis. Inquiète, elle se lève. Elle va aux toilettes, et je me rallonge. J'aurai
dû éviter : la nausée naissante s'intensifie. Je lui demande de quitter la salle de bain en urgence, ce qu'elle fait : je me précipite vers la cuvette des toilettes, et me mets à vomir. Dans ma
précipitation, je vise mal et en mets un peu à côté. Il est moins de 6h, et me voilà obligé de ramasser mon propre vomis. Heureusement, ce vomissement soudain m'a un peu calmé nausée et mal de
tête, je nettoie sans trop de difficulté.
Cathy me demande quoi faire. Elle ne peut pas m'aider, je lui propose d'aller nous acheter de quoi petit-déjeuner. Pour elle d'abord, et pour moi ensuite. Je sais
que ces nausées ne vont pas durer, ce n'est que l'affaire de quelques heures. Au pire, à midi ça ira mieux. Je me recouche et tente de dormir un peu, après avoir reprit les médicaments qui sont
sans-doute ressortis quand j'ai vomis. Je l'avertis qu'il va peut-être falloir annuler Kyoto. Je m'excuse : elle va peut-être devoir restée coincée toute la matinée dans la chambre d'hôtel. Mais
je lui promets que l'après-midi, nous pourrons visiter Shinjuku.
Je revomis deux fois dans l'heure qui suit. Chaque fois, moins fort que la fois précédente. Cathy n'est pas vraiment inquiète, je suis si souvent malade qu'elle ne
s'inquiète plus depuis longtemps. Mais elle compatit, et c'est déjà beaucoup. Moi, malgré ces deux nouveaux vomissements, je sens que les nausées disparaissent doucement. Mon mal à tête tend lui
aussi à disparaître. Mais je reste méfiant : un peu d'agitation de ma part, et tout pourrait repartir. C'est bien là le soucis, en fait : je vais devoir prendre mon temps, ne surtout pas me
dépêcher, sous peine de devoir rester cloué au lit la journée entière.
Arrive 8h. Cathy est descendu à son tour au combini pour acheter de quoi manger. Ce n'est pas cher, c'est industriel, mais c'est génial. Nous sommes bien entendu en
retard sur notre horaire pour aller à Kyoto, mais déjà ce repas-combini en lieu et place d'un petit déjeuner au restaurant nous fait rattraper ce retard. Je décide d'utiliser Neuf Talk pour
appeler Bérénice.
Bien entendu, elle dormait encore. En fait, elle allait se réveiller, donc ce n'est pas grave. En même temps, elle a bien le droit de dormir, je ne suis sensé
arriver à 11h30 minimum. Je lui explique ma situation, elle me demande si je veux annuler. Il y a encore une heure ou deux, j'aurai dit oui. Mais là, je me sens bien mieux, et je reprends des
couleurs. Je lui dis que ça va aller, mais l'avertis que je vais devoir prendre mon temps, et que nous auront sans doute du retard. Peut-être même n'arriverons-nous qu'à 13H. Mais au pire, on se
rattrapera sur l'heure de départ. Elle me propose de m'aider à trouver des infos sur le Shinkansen, et m'avertit que l'un d'entre eux m'est inaccessible. Peu importe, j'aurai toute l'aide dont
j'ai besoin quand j'achèterai mon billet. Elle me demande juste de l'avertir quand je serai arrivé à la gare de Shinjuku, ou dans le train. Lui rappelant que mon forfait me coûte une fortune,
utilisé à l'étranger, elle me conseille d'utiliser une cabine à pièce.
Je raccroche, et me lève. Je suis ma promesse : je vais me préparer, mais lentement. Et mes verres de contacts, ce sera à la fin. Voir même dans le train.
Il est environ 9h quand nous quittons la chambre. Soit une demi heure / une heure plus tard que prévu. Dans le hall (tout comme la veille au soir au combini),
j'espère recroiser ce petit groupe de japonais qui nous a mené jusqu'à l'hôtel afin de leur donner mon email (et me montrer sous un meilleur jour, surtout), mais non. Nous sortons et comme la
veille, une chape de plomb nous tombe dessus. Vu l'heure, nous pensions avoir droit à un peu de fraicheur matinale, mais non.
Nous prenons la route de la station JR. Nous trouvons notre chemin sans mal : entrer dans la gare est bien plus compliqué qu'en sortit !
Nous nous rendons dans un bureau pour obtenir les billets de Shinkansen (lui et les "Express" sont les seuls où nous devons réserver, même si le trajet reste gratuit
avec notre JR Pass), où nous obtenons les infos nécessaires, puis allons jusqu'à la gare adéquate (il me semble que nous avons dû prendre un train avant celui-là). Finalement, vers 10h, nous
voilà à bord du Shinkansen, et celui-ci démarre. Nous devrions donc arriver vers 12h30.
A la gare (juste avant le départ, donc), je cherche à joindre Bérénice, mais impossible d'utiliser les appareils à pièce ! Je n'ai mémorisé que le numéro
internationale (version "depuis la France"), et je n'arrive pas à le convertir en local ! Je tente donc d'appeler depuis mon mobile, depuis le train, mais en vain : l'opérateur japonais me dit
que mon prestataire français ne me permet pas d'acheminer cet appel ! Je tente donc des SMS. Bingo ! Je n'en ai pas la preuve, mais chaque échec (avec un autre numéro que j'ai tenté) me revenait
avec un "impossible d'envoyer ce message", j'en déduis donc que le numéro initial fonctionne, puisque je n'ai pas ce message d'erreur !
Cependant, aucune réponse
de Bérénice. Peut-être a-t-elle oublié son mobile ? Je l'ignore. Je ne peux rien faire de plus, de toute manière. Je patiente, à nouveau. Nous patientons. Vers midi, arrive une employée et son
chariot. Nous décidons de manger dans le train, puisque nous risquons d'arriver trop tard pour ça, ou alors risquons de manger de temps pour visiter. Nous prenons deux bento, une eau et un coca.
Le repas est froid, mais à nouveau délicieux ! C'est toujours une surprise pour moi, mais j'adore la bouffe japonaise !
Nous arrivons finalement à Kyoto. Nous avons croisé environ nombre de montagnes (ou apparentés), et Cathy me fait remarquer à raison que l'environnement (maisons...)
est très différent de Kyoto.
La gare de Kyoto, en revanche, a en commun avec celle de Tokyo d'être immense. En fait, celle de Tokyo a même l'air ridicule à côté, sans doute dû au fait que la
gare de Kyoto est jumelée avec un gigantesque centre commerciale, ajoutant aux routes menant aux voies ferroviaires de nombreux chemins et étages remplis de boutiques et de restaurants.
Arrivé, je reçois un appel sur mon mobile : c'est Bérénice. Nous convenons d'un point de rendez-vous. Nous nous perdons. Elle nous rappelle et nous propose un
nouveau point de rendez-vous. On se reperd. Ca dure dix minutes ainsi, puis enfin je tombe sur un lieu qui, quoi que pas du tout le lieu du rendez-vous, conviendra très bien puisqu'il était celui
prévu la veille, avant que je sois malade : la statue d'Astro le Petit Robot. En fait, un panneau d'information circulaire (un peu comme ceux qui affichent les nouveautés spectacles et cinéma, en
plus petit), surmonté de ladite statue. Il y en a d'ailleurs deux très proches, ainsi que deux autres avec les statues de son chien. Puis, enfin, nous nous rencontrons. Cela fait près de 15 ans
que nous nous connaissions, cette première rencontre n'est donc pas anodine. Un peu plus tard, je lui ferai d'ailleurs part de l'ironie de cette situation : deux français ne se sont jamais
rencontrés, et se rencontre enfin pour la première fois... au Japon !!
Bérénice nous propose de prendre un café pour commencer. En plus, contrairement à nous, elle n'a pas mangé, c'est donc une bonne occasion. Avant, elle nous emmène
jusqu'en haut de cet ensemble commercialo-ferroviaire, sur le toit où son guide touristique affirme qu'il y a une belle vue à montrer.
Là-haut, en plein soleil, nous nous retrouvons dans une sorte de petit parc de verdure aménagé (sans doute de la pelouse artificielle, je n'ai pas vérifié). Par
sécurité, du bord des toits se dressent de grandes baie vitrée qui, sauf pour l'un des quatre murs, permettent d'apercevoir la ville de Kyoto.. La vue est vaste, mais au final ce n'est qu'une
ville comme les autres. Bérénice est déçue, mais nous, on s'en fout un peu, ça reste sympa à voir.
Nous partons ensuite pour le café. A ma demande, Bérénice part en chasse d'un café climatisé où ils soient capables de faire un "vrai café" (un serré, quoi). C'est
surtout la climatisation qui m'intéresse, mais elle trouve les deux ! Cathy, quant à elle, prend un café crème, avec une petite décoration directement dans la crème ! Attablés, nous discutons de
tout et de rien, nous racontons nos vies. Juste avant le café, j'ai repéré une affiche et des prospectus pour le spectacle Disney "La Belle et la Bête". Entièrement en japonais, j'ai initialement
cru à une représentation gratuite, mais non. Je pique dix de ces prospectus pour les ramener à mes contacts fans des Pass Disney, ça leur fera un joli bonus ;)
Après ce café, nous partons en visite de la ville. Il fait toujours cette chaleur oppressante, mais nous commençons à nous y habituer. Nous prenons un bus qui doit
nous emmener voir un temple à l'autre bout de la ville. Bérénice nous avertit que ça va être long, mais peu importe finalement : travers les vitres du bus, nous avons déjà un grand aperçu de la
ville.
Pendant le trajet, on discute. Les japonais sont assez silencieux. Cathy pense que c'est leur façon d'être, moi je pense surtout que la plupart voyage seul, et n'ont
donc personne à qui parler. Deux touristes montent à bord, une large carte à la main. Visiblement, ils sont perdus. De notre côté, on continue de discuter lorsque le type qui vient d'entrer dans
le bus (le touriste) nous interpelle en français en nous demandant de parler moins fort. Je suis sidéré devant cette grossièreté : oui oui, pour moi, la grossièreté, c'est pas de parler dans le
bus, c'est d'engueuler des inconnus !
Je glisse à l'oreille de Bérénice : "Lui, s'il nous engueule à nouveau, tu lui réponds en Japonais, qu'on rigole un peu". Bérénice est surtout amusée. Elle nous
explique que le silence dans ce bus n'est pas la norme, et que les japonais peuvent souvent se révêler assez bruyant. Mais cette réaction du français qui fait la morale aux autres français, c'est
toujours une meilleure réaction que de ne rien en avoir à foutre et faire le bordel. J'approuve, même si cette furieuse envie de tirer la langue à nos compatriotes ne me quitte pas.
Le trajet est long. Bérénice nous avait averti, mais c'est pire encore que prévu, puisque nous voilà prit dans des embouteillages. Pas des gros, pas
d'immobilisations, juste de gros ralentissements. Quand nous arrivons enfin à destination, je demande à Cathy de payer ma place (220yen chacun, ce n'est pas un bus JR donc c'est pas gratuit).
Elle acquiesce tout en cherchant dans ses poches, n'écoutant qu'à moitié, puis nous sortons. L'argent pour la place est déposée dans un gros appareil devant le chauffeur.
A peine sorti, Cathy se tourne vers moi et me lance :
"Je t'ai pas vu payer, tu as mit 220 Yen ?
- Euh, non, tu as dis que tu le ferais !
- Quoi ? Mais non..."
Nous n'avons pas le temps de débattre, puisqu'une jeune femme vient de quitter le bus dont nous venons de descendre pour nous courir après : c'est une autre
passagère, et le chauffeur l'a envoyé nous réclamer les 220 Yen ! Cathy y retourne accompagnée de Bérénice, puis elles reviennent peu après. Bérénice est surtout choqué (mais pas surprise) que le
chauffeur ait envoyé un passager pour récupérer ses sous. Moi, je suis surtout surpris qu'il n'ait pas laissé tomber. Soit, j'aurais involontairement "voyagé gratuitement", mais est-ce que ça
valait la peine de nous courir pour 220 Yen, sachant que deux personnes sur trois avaient payé, et que nous étions visiblement des touristes ?
Cathy est choquée. Elle, sa peur, c'est que le chauffeur signale notre "tentative de resquiller". Le fait d'avoir du donner ses empreintes à la douane japonaise ne
l'a jamais quitté depuis notre arrivée !
Nous arrivons devant le temple, mais un vigile nous explique qu'il ferme dans 15 Minutes, les entrées ne sont désormais plus possible. Entre le temps perdu dans les
bus ET celui perdu à cause de la bévue sur les 220 Yen, nous avons loupé ce pour quoi nous étions venu jusqu'ici ! Bérénice nous propose de reprendre le bus pour retourner à la gare (il y a selon
elle quelques boutiques autour qui peuvent valoir le coup) mais je propose de marcher un peu. Même sous cette chaleur, je pense qu'une bonne marche est une meilleure visite que dans un
bus.
Bien m'en a prit ! Sur le trajet, au détour de nos pas qui nous guident en aveugle, nous croisons
une autre temple, un bouddhiste ! Voilà qui remplacera avantageusement celui que nous venons de râter ! La taille n'a aucune comparaison, mais qu'importe : ce petit temple est un vrai havre de
paix, et ce n'est pas le bruit impressionnant des crickets qui y changera quoi que ce soit - même si c'est vrai que les crickets, au Japon, ça fait un bruit pas possible, et ce même en plein
centre ville !
Après quelques jolies photos souvenirs, nous quittons donc ce temple, et continuons notre balade.
Nous croisons nombre de choses, dont un nouveau temple, mais également ce petit autel (à droite) qui sert aux gens pour venir prier et/ou se reccueillir. Notez le
symbôle apparent sur le socle. J'en avais déjà entendu parler, la photo avant donc d'autant plus d'importance : ce n'est pas une croix gammée que vous voyez là, mais un symbôle bouddhiste qui, si
je ne sais pas son nom (Bérénice non-plus) est cependant un symbôle de paix, bien loin des atrocités véhiculées par le parti Nazi qui se l'est approprié (il y a peu, je vous aurez également dit
que le Parti Nazi avait inversé ce symbôle, mais Bérénice m'a expliqué qu'il est en fait valable dans les deux sens.
Nous éloignons finalement de tout ça, et ne prenons pas toujours des photos : se cacher derrière un appareil, rien de mieux pour ne rien vivre de ce que l'on visite.
Bref, retour au plan initial. La gare étant bien trop loin, nous ne pourrons y aller à pied, nous finissons donc par prendre un bus.
A nouveau, les ralentissements sont une horreur, et un trajet de 15 minutes nous en prend ici une heure ! Une horreur, mais au moins nous le passons en compagnie de
notre amie. C'était le but principal de cette journée, mine de rien.
Lorsque nous arrivons à la gare, je propose de nous acheter de quoi manger. Nous parcourrons quelques magasins, et achetons de quoi manger. Le repas du soir est
annulé : nous n'avons pas faim, et visiter les boutiques avec Bérénice est peut-être plus intéressants qu'un vulgaire repas. Mais l'heure tourne, et il nous faut nous billets, surtout que le
Shinkansen ne nous ramène pas chez nous : nous ne voulons pas rentrer après 23h.
Finalement, nous récupérons les billets et, une demi-heure plus tard, nous quittons Bérénice. La journée a été plus reposante que la veille, mais nous commençons à
endurer salement le décalage horaire : Cathy s'endort à bord du Shinkansen. Elle dormira tout le trajet ! Moi-même, à part deux ou trois gâteaux, je ne mange rien. Ce n'est pas tant de ne pas
avoir faim (sur 3h de trajet, mon estomac finira quand même pas se réveiller) que de devoir manger seul qui me refroidit. Je préfère manger à l'hôtel à l'arrivée.
A notre arrivé à Shinjuku, il fait nuit noire. En même temps, c'est facile : la nuit tombe vers 19h, et là il est entre 22 et 23h. Dans la ville ainsi plongée dans
l'obscurité, les façades s'illuminent pour attirer l'œil, et y arrive très bien. Nous immortalisons cette vue avec notre appareil photo.
Nous arrivons à l'hôtel à nouveau dans un état d'épuisement avancé, mais en meilleure forme que la veille. Je me connecte à nouveau à Internet pour prévenir Bérénice
(sur MSN) de notre arrivée, puis je téléphone à mes parents pour donner de nos nouvelles, avant de manger devant des programmes français (internet est une belle invention !!). Nous finirons par
nous coucher, sans faire sonner le réveil : le lendemain, nous n'avons qu'une seule visite de prévue, nous pourrons donc gouter à une grasse matinée bien méritée !
Avant de me coucher, je fais remarquer à Cathy que, finalement, je n'ai plus eut ni maux de tête ni nausée de la journée. Il ne nous reste plus beaucoup de
médicaments pour d'éventuels futurs douleur à la tête, il faudra donc en acheter ici. Et tandis que le sommeil me gagne sous mes draps confortables, j'adresse une prière à qui veut l'entendre
pour ne pas devoir subir une nouvelle matinée dans la douleur le lendemain, comme l'a été celle de ce jour.
Vous avez dit ça...